08 février 2010 - 15H28  

L'UE doit s'accorder sur la voiture électrique pour ne pas rater le virage
Si les pays de l'UE n'agissent pas de manière concertée pour le développement de la voiture électrique, cette industrie se développera ailleurs, notamment en Asie, a averti la ministre espagnole des Sciences Cristina Garmendia.
Si les pays de l'UE n'agissent pas de manière concertée pour le développement de la voiture électrique, cette industrie se développera ailleurs, notamment en Asie, a averti la ministre espagnole des Sciences Cristina Garmendia.
Plusieurs organisations environnementales ont souligné, dans un rapport publié lundi, que les voitures électriques pouvaient contribuer à la réduction des émissions de CO2, mais à condition d'utiliser une électricité "verte".
Plusieurs organisations environnementales ont souligné, dans un rapport publié lundi, que les voitures électriques pouvaient contribuer à la réduction des émissions de CO2, mais à condition d'utiliser une électricité "verte".

AFP - Si les pays de l'UE n'agissent pas de manière concertée pour le développement de la voiture électrique, cette industrie se développera ailleurs, notamment en Asie, a mis en garde lundi la ministre espagnole des Sciences Cristina Garmendia.

"Ne pas prendre position, c'est décider que la voiture électrique peut se développer sans le savoir européen. Sommes-nous prêts à cela?", a-t-elle déclaré devant la presse en marge d'une réunion informelle des ministres européens en charge de la Compétitivité à Saint-Sébastien (nord).

"Le savoir existe, partout dans le monde, et en particulier, nous le savons, il est en train de se développer sur l'axe asiatique", a-t-elle affirmé lors d'une réunion convoquée dans le cadre de la présidence espagnole de l'UE avec les responsables en charge des Sciences lundi et de l'Industrie mardi.

"Nous devons décider comment nous nous concentrons sur les programmes en cours et les engagements que les Etats membres pourraient prendre pour participer à des développements concrets, comme par exemple les batteries", a ajouté Mme Garmendia.

La présidence espagnole de l'UE doit présenter mardi à Saint-Sébastien un "plan" européen sur la voiture électrique, alors que, jusqu'à présent, les Etats membres travaillent en ordre dispersé à son développement.

"Nous devons miser, tous ensemble, sur la voiture électrique pour réduire notre dépendance énergétique, lutter contre le réchauffement climatique et contribuer à l'innovation technologique", avait plaidé José Luis Rodriguez Zapatero, le 20 janvier devant le Parlement européen.

"Si nos marchés n'ont pas un cadre réglementaire pour apporter des soutiens financiers et que nous n'avons pas des normes communes sur les technologies, alors il sera difficile pour l'Europe de prendre un rôle de leader", avait argumenté le chef du gouvernement espagnol, relevant que Chine et Japon sont en train de développer des modèles électriques avec des batteries plus efficaces.

De leur côté, plusieurs organisations environnementales ont souligné, dans un rapport publié lundi, que les voitures électriques pouvaient contribuer à la réduction des émissions de CO2, mais à condition d'utiliser une électricité "verte".

"Dans les conditions actuelles, une augmentation des voitures électriques en circulation va probablement entraîner une plus grande production d'électricité dans les centrales nucléaires, à gaz et au charbon, sans forcément réduire la demande d'essence pour les voitures classiques", souligne ce rapport commandé par Greenpeace, les Amis de la terre et Transport et environnement.

Dans un rapport rédigé en 2009, Eurelectric, l'association des producteurs d'électricité de l'UE, soulignait que "le remplacement complet du parc automobile par des véhicules électriques entraînerait une augmentation de 15% de la consommation d'électricité dans l'UE".

"Cette nouvelle demande va signifier une plus grande demande de charbon et de nucléaire", qui sont actuellement les deux principales sources de la production d'électricité dans l'UE, estime Transport et environnement.

"Les voitures électriques peuvent changer nos modes de déplacement, à condition qu'elles ne roulent qu'à l'électricité renouvelable", prévient Sonja Meister, des Amis de la Terre.

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