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FRANCE

Polémique après le placement en garde à vue de trois collégiennes de 14 ans

©

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/02/2010

Les parents de trois collégiennes de 14 ans placées en garde à vue à la suite d'une bagarre à la sortie d'un collège du XXe arrondissement de Paris dénoncent une réaction disproportionnée de la police par rapports aux faits commis.

AFP - Les parents de trois collégiennes de 14 ans ont dénoncé mardi les gardes à vue imposées à leurs enfants par la police parisienne après une bagarre, alors que la préfecture de police justifie la légalité de la procédure.

"Je comprends très bien qu'on demande des explications après une bagarre, qu'il y ait une convocation au commissariat, mais je trouve le dispositif d'interpellation au domicile suivi d'une garde à vue complètement disproportionné", a confié à l'AFP Chantal, la mère d'Anne, qui n'a pas souhaité communiquer son nom.

L'affaire commence en début de soirée le 2 février, à la sortie du collège Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris, lorsqu'une collégienne de 16 ans est agressée et notamment blessée au nez par un jeune garçon.

Selon les parents des collégiennes, les trois adolescentes interviennent pour séparer les protagonistes. La police, citant un témoin, a confirmé "l'échange de coups réciproques", affirmant que les collégiennes "participent" alors "à l'agression".

Le garçon de 14 ans est interpellé le soir même par la police qui est saisie "suite à une réquisition du principal du collège", selon la préfecture de police de Paris.

Le 3 février au matin, deux des collégiennes sont interpellées au collège avec l'accord du proviseur. La troisième, Anne, souffrante selon sa mère, est interpellée à son domicile à 10h30 alors que ses parents sont au travail. Elle part en jogging, la tenue dans laquelle elle dormait, avec les policiers.

Les collégiennes sont placées en cellule, leurs lacets ayant été confisqués.

"Lors d'un transfert chez le médecin dans le XVIIIe arrondissement, j'ai été menottée dans le fourgon de police", a déclaré Anne à l'AFP.

Une affirmation démentie par préfecture dans un communiqué: "La mise en cause n'a pas été menottée, ne présentant pas de risque de prendre la fuite".

"C'est faux", réplique Chantal qui poursuit: "lorsque nous, les parents, sommes venus les rechercher à 20H00 au commissariat, elles nous ont toutes parlé des menottes alors qu'elles n'avaient pas pu se concerter entre elles".

Pour l'avocat de la jeune Anne, Me Jean-Yves Halimi, les conditions de l'utilisation des menottes sont très encadrées et limitées "à une dangerosité pour soi-même ou pour autrui et un risque de fuite". "S'agissant des enfants, la circulaire 803 de code de procédure pénal dit que le caractère d'exception conféré par la loi au port des menottes et des entraves doit être plus marqué", fait valoir l'avocat.

Le Directeur de la Sécurité de Proximité de l'Agglomération parisienne (DSPAP), Alain Gardère, a affirmé au cours d'un point presse que "la jeune fille n'a pas été menottée compte tenu de son physique et de son jeune âge et emmenée dans une voiture banalisée".

Les trois adolescentes ont été remises en liberté au bout de douze heures pour deux d'entres elles, dix pour Anne. Le garçon passera lui 25 heures en garde à vue. Ils sont tous convoqués chez le délégué du procureur, avec "une lettre d'excuses". Anne est convoquée le 16 mars, selon son avocat.

La préfecture de police a annoncé que le préfet de police avait demandé à l'Inspection générale des services (IGS, "police des polices") une enquête administrative pour savoir si une faute avait été commise par la police.

Selon la loi, un enfant de 13 à 16 ans peut être placé en garde à vue pendant 24 heures, si des indices laissent penser qu'il a commis ou tenté de commettre une infraction.

Selon un enquêtrice, "le collège est connu pour des phénomènes de violence et trafic de drogue mais les quatre personnes impliquées dans cette affaire n'étaient pas connues de la police".
 

Première publication : 09/02/2010

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