Dernière modification : 11/02/2010 

- Commémoration - Iran - Mahmoud Ahmadinejad - Manifestations


Anniversaire sous haute tension pour la Révolution islamique

Célébré en grande pompe par Téhéran, l'anniversaire de la Révolution islamique doit être l'occasion pour le régime de démontrer qu'il bénéficie d'un large soutien populaire. Mais les opposants entendent jouer les trouble-fête.

Par Karina CHABOUR / Rebecca BOWRING (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Les célébrations du 11 février en Iran ont toujours été une opportunité pour les autorités de démontrer qu’elles bénéficient d’un soutien populaire. Mais, cette année, les opposants à Mahmoud Ahmadinejad, reconduit à la présidence en juin 2009 au terme d’un scrutin contesté, comptent bien jouer les trouble-fête.

Les leaders de l’opposition, Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, qui ont lancé le "mouvement vert" de protestation, appellent régulièrement leurs sympathisants à manifester. Les forces de sécurité redoutent ainsi que les célébrations de l’anniversaire de la Révolution islamique servent de prétexte aux opposants pour défiler à nouveau dans la rue.

Le 27 décembre 2009, jour sacré de l’Achoura pour les chiites, huit personnes ont été tuées et des centaines d’autres arrêtées lors de rassemblements. Les autorités accusent régulièrement les manifestants d’être à la solde de puissances étrangères et de vouloir renverser le régime.

Internet défaillant

Les dirigeants voudraient que la fête de jeudi démontre l’unité du peuple iranien. Ce jour doit porter un coup à l’"arrogance" de certains pays étrangers, selon l’ayatollah Ali Khamenei. Le leader suprême iranien soutient le président Mahmoud Ahmadinejad et rejette les accusations de fraude au cours de l’élection de juin 2009.

À l’approche des commémorations, les connexions internet et les réseaux de messages électroniques connaissent des défaillances. Des perturbations que le pouvoir met sur le compte de problèmes techniques.

L’opposition a pris l’habitude d’utiliser Internet et les SMS pour organier ses rassemblements et diffuser des photos prises au cours des manifestations. Les médias étrangers ont reçu, eux, l’interdiction de couvrir ces défilés.

Iran 2009-2010 : l'autre révolution
12 juin 2009 : L’élection présidentielle reconduit au pouvoir Mahmoud Ahmadinejad, élu à plus de 62 % des voix contre 34% pour le candidat réformiste Mir Hossein Moussavi. Les résultats sont rapidement contestés. (AFP)
13–30 juin 2009 : Des manifestants envahissent les rues de Téhéran pour dénoncer des fraudes. Des affrontements violents éclatent entre les partisans de Moussavi et les forces de l'ordre. (AFP)
L'ayatollah Ali Khamenei confirme le 19 juin l'élection de Mahmoud Ahmadinejad. Mais la détermination des manifestants ne faiblit pas. Le lendemain, Neda Agha-Soltan, tuée par balle, devient le symbole de la contestation.(AFP)

1er juillet 2009 : La Française Clotilde Reiss est arrêtée pour avoir "rassemblé des informations et encouragé les émeutiers". Elle comparaît le 8 août, est libérée le 16 sous caution et hébergée à l’ambassade de France en attendant son jugement.(AFP)





9 juillet 2009 : Les opposants contestent toujours la légitimité du président élu. Plus de 3000 personnes bravent l’interdiction de manifester pour marquer l’anniversaire des révoltes étudiantes de 1999. (AFP)
1er août 2009 : Début des procès collectifs des manifestants. Mir Hossein Moussavi dénonce dès le lendemain la mascarade judiciaire, affirmant sur son site Internet que les "aveux" obtenus "rappellent des tortures moyenâgeuses".(AFP)

5 août 2009 : Investiture de Mahmoud Ahmadinejad. Dès le lendemain, les opposants défient le "président illégitime" et organisent une manifestation devant le Parlement. Un millier de personnes sont dispersées par les forces de l'ordre.(AFP)
16 août 2009 : Mir Hossein Moussavi créé le "Chemin vert de l'espoir", un mouvement voué à poursuivre la contestation.(AFP)


4 novembre 2009 : La police iranienne disperse des partisans de l’opposition à Téhéran en marge d’un rassemblement officiel pour le 30e anniversaire de la prise de l’ambassade des Etats-Unis.(AFP)

21 décembre 2009 : Affrontements lors des funérailles, à Qom, de Hossein Ali Montazeri, ancien dauphin de l’imam Khomeiny, devenu très critique envers le régime. La voiture de Moussavi est attaquée. Les heurts se poursuivent à Ispahan et Najafabad.(AFP)
27 décembre 2009 : Reprise des manifestations à l’occasion du jeûne de l’Achoura. La répression, condamnée par plusieurs pays occidentaux, fait au moins huit morts et des centaines de blessés. Le neveu de Mir Hossein Moussavi est tué pendant les manifestations.(AFP)
30 décembre 2009 : Ahmadinejad appelle ses partisans à manifester. De nouvelles vagues d’arrestations sévissent. La sœur du Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, est arrêtée et Mehdi Karoubi, candidat opposé à Ahmadinejad, est assigné à résidence.(AFP)
28 janvier 2010 : Deux opposants sont pendus pour avoir "planifié des projets d'assassinat de responsables" iraniens dans le cadre des manifestations. Au total, 12 personnes ont été condamnées à mort pour leur implication dans les soulèvements de l'opposition.(AFP)

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    Éléments d'histoire

    En février 1979, après 15 années d’exil, l’ayatollah Khomeiny profitait du renversement du shah par le peuple pour prendre le pouvoir. Il remplace alors la monarchie par une théocratie reposant sur des principes énoncés par des juristes islamistes. Khomeiny restera le leader suprême iranien jusqu’à sa mort en 1989.

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