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EUROPE

L'Europe offre son soutien à la Grèce mais sans faire part d'engagements concrets

©

Vidéo par Caroline DE CAMARET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/02/2010

Pour calmer les marchés qui spéculent sur une incapacité de la Grèce à rembourser ses gigantesques dettes, les chefs d'État de l'UE affichent leur solidarité avec Athènes. Un soutien de principe sans actions concrètes pour le moment.

AFP - Les dirigeants européens ont assuré jeudi la Grèce de leur solidarité pour empêcher tout risque de faillite du pays surendetté et défendre la zone euro dans son ensemble, mais sans annoncer aucune aide financière concrète et en restant avares de détails.

"Les Etats de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées si nécessaire pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble", ébranlée par les attaques spéculatives dont est victime la Grèce en raison de l'ampleur de ses déficits, ont annoncé dans une déclaration les chefs d'Etat ou de gouvernement de l'UE.

Il s'agit pour l'heure seulement d'un soutien de principe à Athènes, dans l'espoir de mettre fin à l'agitation sur les marchés, qui spéculent sur une incapacité de la Grèce à rembourser ses dettes énormes, et d'éviter une contagion au reste de la zone euro.

Il y a "un engagement politique de solidarité au cas où cela serait nécessaire", a insisté le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.

Mais pour autant dans l'immédiat, la question "ne se pose pas", a-t-il assuré, pour justifier l'absence de mesures urgentes.

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a également écarté le risque d'une faillite, une hypothèse "qui ne doit pas être envisagée".

Il n'empêche que les pays de la zone euro se sont déjà mis d'accord sur les modalités d'une éventuelle aide au cas où la situation empirerait, a-t-il ajouté. Parmi elles, des prêts coordonnés en faveur de la Grèce sont envisagés, a-t-il dit.

Parmi les autres options à l'étude figurent des garanties sur des émissions obligataires ou des achats d'emprunts d'Etat émis par Athènes, selon des sources diplomatiques. Mais tous les détails ne sont pas encore affinés.

Cette question sera à l'ordre du jour d'une réunion lundi des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

Selon une source diplomatique, il y a des "réticences allemandes" sur certains points, même si la chancelière Angela Merkel a assuré que l'Europe n'allait pas "laisser tomber la Grèce".

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou
L'idée d'un sauvetage financier de la Grèce, un pays reconnu coupable d'avoir truqué à plusieurs reprises les chiffres de ses déficits pour les minimiser, n'est pas facile à faire passer aux yeux de l'opinion publique allemande.

"Les réserves allemandes sont sur le principe. Le partenaire (libéral) de coalition de (la chancelière Angela) Merkel n'est pas du tout d'accord", a également indiqué une autre source diplomatique.

L'absence de détails du plan d'aide a laissé les marchés sur leur faim. Les Bourses européennes ont reculé et l'euro a baissé, avant de rester très volatil.

En échange de leur soutien, les pays européens ont exigé de la Grèce qu'elle respecte scrupuleusement son engagement à réduire son déficit de quatre points cette année par rapport à 2009.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou s'est dit prêt à faire des économies budgétaires "supplémentaires" si nécessaire, tout en se félicitant du soutien apporté par l'Europe qui constitue une "mise en garde" aux "spéculateurs".

Athènes fera l'objet d'une surveillance mensuelle. Un premier point sera fait en mars. Placé sous tutelle budgétaire, Athènes sera contrôlé non seulement par Bruxelles, mais aussi par la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

En revanche, l'option d'un appel aux prêts du FMI pour la Grèce a été dans écartée car elle serait vécue comme une humiliation politique pour la zone euro.

 

Première publication : 11/02/2010

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