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Economie

L'endettement abyssal de la Grèce fait vaciller l'euro

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/02/2010

Le déficit public de la Grèce ne laisse d'inquiéter les marchés financiers. Et accentue la chute de la monnaie européenne, qui, lundi, s'est écroulée à 1,36 dollar. Son plus bas niveau depuis mai 2009.

Plombé par l’endettement abyssal de la Grèce, l’euro s’est écroulé en début de semaine face au dollar, frôlant son plus bas niveau depuis neuf mois.

La monnaie européenne est tombée lundi à 1,36 dollar, son taux le plus bas depuis mai dernier, obligeant le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à réagir. "Les marchés financiers se trompent lourdement s’ils pensent pouvoir mettre en pièce la Grèce", a-t-il averti, lundi, à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro.

"Personnellement, je crois que les marchés ont tort de continuer à attaquer la Grèce car elle s’est engagée à prendre toutes les mesures qu’elle-même et que nous-mêmes jugeons nécessaires, a poursuivi le Luxembourgeois. Nous, à l’Eurogroupe, sommes convenus que la Grèce devait entreprendre de efforts supplémentaires."

Les ministres des Finances de la zone euro ont donné 30 jours au gouvernement grec pour prouver sa détermination à résorber ses déficits publics. En cas d’échec, ils imposeront des mesures de rigueur à Athènes. Jean-Claude Juncker a affirmé que les pays de la zone euro disposaient de "beaucoup d’instruments" pour venir en aide à la Grèce. Sans pour autant préciser lesquels.

Les Vingt-Sept espèrent que les efforts conjugués des pressions politiques et du plan grec d’austérité permettront d’apaiser les marchés. Mais si la Grèce ne met pas en œuvre les mesures recommandées par Bruxelles, les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) devraient durcir la procédure disciplinaire engagée contre Athènes et lui infliger une amende.

L’intervention de Jean-Claude Juncker n’a toutefois eu que peu d’impact sur les places financières. Sans l’annonce d’actions concrètes, les marchés sont demeurés frileux. Résultat, ce mardi, l’euro ne s’est que timidement repris face au dollar.

"Aucune bonne nouvelle à l'horizon"

"La Grèce se trouve entre le marteau et l’enclume, ce qui nuit considérablement à l’euro. Il ne s’agit pas seulement des flux spéculatifs, qui empêchent un renforcement de l’euro, mais aussi de l’argent réel", explique à FRANCE 24 Neil Mellor, analyste financier à la Bank of New York Mellon Corp.

"Au vu de l’état de l’économie du pays, les marchés financiers restent sceptiques quant à la capacité de la Grèce à atteindre ses objectifs de réduction du déficit, poursuit l’analyste financier. L’incrédulité règne, et on ne voit pas l’ombre d’une bonne nouvelle à l’horizon concernant la Grèce."

La situation financière grecque se trouve au cœur des difficultés que rencontre la monnaie commune. Le pays fait face à un déficit public abyssal. Il devrait entrer d’ici peu dans une période de grande rigueur budgétaire. La semaine dernière, les pays de l’UE s’étaient montrés déterminés à soutenir Athènes, par une action coordonnée. Malgré cela, l’euro avait poursuivi sa chute.

La dette du pays atteint désormais 12,7% du produit intérieur brut (PIB), bien au dessus de la limite des 3 % imposée par Bruxelles. Le pays s’est engagé à réduire sa dette à 8,7 % du PIB cette année en opérant des coupes draconiennes dans les dépenses publiques. Des mesures qui risquent de recevoir un accueil glacial au sein de la population grecque.

"Les marchés attendent aussi de voir de quelle façon les membres de la zone euro vont aborder l’épineuse question de la fiscalité de la Grèce", affirme Andrea Appeddu, analyste à l’agence de notation Moddy’s.

Les inquiétudes du marché sont loin de ne concerner que la Grèce. L’état délicat des finances espagnoles, portugaises et irlandaises pèsent également sur les épaules de la monnaie commune.
 

Première publication : 16/02/2010

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