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FRANCE

La polémique s'envenime après les propos de la ministre française de l'Outre-mer

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/02/2010

En marge de la visite de Sarkozy en Martinique, Marie-Luce Penchard tente d'éteindre la polémique qui a suivi ses propos. La Guadeloupéenne, ministre de l'Outre-mer, avait déclaré n'avoir "envie de servir" que la population de son île.

AFP - Jugée "dérisoire" par François Fillon, la polémique sur les propos de Marie-Luce Penchard en faveur de la Guadeloupe s'est malgré tout envenimée mercredi, lui valant une volée de critiques jusque dans les rangs de la majorité après l'appel à la démission lancé par le PS.

Interrogé à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a volé au secours de la ministre de l'Outre-mer jugeant la polémique "dérisoire" et "contraire à l'esprit de la démocratie".

Lors d'un meeting samedi aux Abymes, en Guadeloupe, où elle est numéro deux sur la liste UMP pour les régionales, Mme Penchard, Guadeloupéenne, a déclaré qu'elle n'avait "envie de servir qu'une population, la population guadeloupéenne".

A propos d'une enveloppe financière de 500 millions d'euros destinée à l'outre-mer, elle a indiqué que "ça (lui) ferait mal" de voir cette manne "quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique".

Renseignement pris auprès de son cabinet, la somme correspond à "des projets identifiés pour d'autres territoires que la Guadeloupe".

Mais pour François Fillon, "extraire d'un discours une phrase pour tenter de jeter le discrédit sur la politique du gouvernement outre-mer, c'est, a-t-il dit, contraire à l'esprit que je me fais de la démocratie".

"La vérité, c'est que Mme Penchard est la ministre de tous les outre-mer et elle y est d'ailleurs accueillie comme telle à chaque fois qu'elle s'y rend", a poursuivi M. Fillon, sous les protestations de l'opposition.

Le patron de l'UMP Xavier Bertrand et l'ancien ministre des Dom-Tom Dominique Perben ont également apporté leur soutien à la ministre.

Les propos de Mme Penchard, première ministre de l'Outre-mer d'origine ultramarine, ont déclenché un grand émoi outre-mer, alors que Nicolas Sarkozy s'est envolé mardi en sa compagnie pour Haïti, la Martinique et la Guyane.

Axel Urgin (PS) a jugé ses propos "aussi affligeants qu'inadmissibles dans la bouche d'une ministre censée être en charge de tout l'outre-mer". Ils "disqualifient définitivement l'intéressée", a-t-il ajouté pour justifier l'appel à la démission "immédiate".

Mme Penchard a dénoncé mercredi, à Fort-de-France (Martinique) où elle accompagne le président Sarkozy, une "polémique (qui) ne tombe pas à n'importe quel moment" et "des méthodes d'un autre temps". "Ce n'est pas digne de la démocratie", a-t-elle dit.

"On a sorti mes propos du contexte politique", a-t-elle plaidé, assurant que son "bilan" ministériel était "là pour prouver qu'(elle) a toujours mené (son) action dans le sens de l'intérêt général et en toute impartialité".

"Pathétique", avait jugé plus tôt un responsable PS après des précisions semblables de Mme Penchard apportées dans un communiqué, tandis qu'un dirigeant du Nouveau centre, formation alliée à l'UMP, et Patrick Balkany, député UMP proche du président Sarkozy, relayaient l'appel à la démission.

Toutes les collectivités d'outre-mer "ont besoin de se sentir dans la République", a dit Arnaud Montebourg (PS). "L'intérêt général ne se divise pas", a renchéri Brigitte Girardin, présidente du Club Villepin

"On doit penser la République une, indivisible sur tous les territoires de la République. Pour autant ne l'accablons pas", a relativisé la villepiniste, Marie-Anne Montchamp.

A gauche, Patrick Lebreton, Jean-Claude Fruteau (PS, la Réunion) et Louis-Joseph Manscour (PS, Martinique) ont parlé d'"authentique dérapage", prouvant que les "craintes d'un traitement préférentiel" de la Guadeloupe sont "totalement confirmées".
 

Première publication : 18/02/2010

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