Dernière modification : 08/03/2010 

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Le septième art à la rescousse des travailleurs sans papiers

Le septième art à la rescousse des travailleurs sans papiers

À quelques jours des élections régionales françaises, un collectif de cinéastes renommés fait campagne à sa manière. Il lance un court-métrage demandant la régularisation des travailleurs sans papiers.

Par Priscille LAFITTE (texte)
 

Ils sont allés sur les piquets de grève. Ont filmé en plans fixes des travailleurs sans papiers qui expliquent leur situation, montrent leur fiche de paie, dévoilent le nom de leurs employeurs - Matignon, Bouygues, Assemblée nationale, Naf Naf... Ils en ont tiré trois minutes choc.

Laurent Cantet
P. Lafitte
Photo : AFP

Ces cinéastes regroupés au sein d'un collectif portent des noms illustres : Arnaud Desplechin, Costa Gavras, Patrice Chéreau, Abdellatif Kechiche, Cédric Klapisch...  - impossible malheureusement de savoir qui était derrière la caméra, ou qui a monté quoi. Mais ils ont donné la parole à certains des 6 000 anonymes qui sont en grève depuis le 12 octobre pour obtenir des papiers. Le court-métrage a été tourné et monté en trois semaines. Factuel, direct, en coup de poing.

Laurent Cantet, le réalisateur du film "Entre les murs", Palme d'or à Cannes en 2008, a souhaité "donner la parole à ces milliers de personnes qui font grève dans une espèce d'indifférence. On sait vaguement faire des films. Profitons-en pour créer une caisse de résonance à ce mouvement", explique celui-ci. 

 

"Vous voyez cette belle tour Axa, c'est nous qui avons construit ça." "J'ai travaillé à l'hôtel Matignon comme plongeur." "On livre à Carrefour, Monoprix, Franprix, Cora..." : les hommes et femmes qui racontent leur quotidien sont employés dans des entreprises réputées, des établissements qui structurent l'économie et la société françaises. Ils ont tous les papiers nécessaires - qui la fiche d'impôt, qui le papier à entête de l'Assemblée nationale, qui la fiche de paie montrant les cotisations Urssaf et CSG... -, sauf le sésame : la carte de séjour.

Témoignage d'un sans-papiers
Priscille Lafitte

Leurs témoignages montrent la perversité du système par lequel ils sont happés. "Quand tu as de bons papiers, ils [les employeurs, ndlr] ne te prennent jamais. Si tu as de faux papiers, ils te donnent du boulot, mais te paient comme ils veulent." C'est "kafkaïen", comme l'exprime Matthieu Amalric, acteur fétiche du cinéma français, venu à la soirée de présentation du film dans un amphithéâtre de la Cinémathèque française, lundi soir. "Et ces gens sont accusés de ne pas s'intégrer... !"

"J'ai servi la quasi-totalité du gouvernement..."

Lors de la présentation du film, un sans-papiers raconte son histoire, ubuesque s'il en est. "J'ai travaillé à Matignon, et aussi à Radio France en tant que serveur. J'ai servi la quasi-totalité du gouvernement : Christine Lagarde, Brice Hortefeux... Quand j'ai raconté ça à mes camarades, ils m'ont demandé pourquoi je n'ai pas demandé ma régularisation. J'ai rétorqué que j'avais peur, et que je n'étais pas là pour ça ! Je suis resté professionnel jusqu'au bout."

Plusieurs artistes du 7e art avaient déjà apporté leur voix au débat sur la régularisation des sans-papiers en 2007 avec le film "Laissez-les grandir ici", diffusé quelques semaines avant la présidentielle. Depuis, le court-métrage a été "vu par 2,5 millions de personnes", selon Laurent Cantet. Sa sortie coïncidait avec la naissance du Réseau éducation sans frontières (RESF). "Les idées que défend le film - défendre les enfants sans papiers scolarisés - sont presque devenues une évidence pour tout le monde. On espère qu'il en sera de même pour les travailleurs sans papiers."

Le film de trois minutes, intitulé "On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici!", est disponible sur Internet à partir d'aujourd'hui. Il sera distribué à partir du 10 mars dans 500 cinémas d'art et d'essai français.

 

(crédit photo : © Rondeau.Lanvin)

 

 

Commentaires (5)

faux papiers et faux impots

il faudrait que ces gens du show biz fasse une enquête sur chaque cas et non écouter des mensonges s'ils ont des bulletins de salaire c'est qu'ils ont présentés de faux papiers et de faux n° de sécurité sociale Comment font-ils pour payer des impots avec disent-ils des salaires de misère et des femmes et des enfants à charge ? certains travailleurs dans des domaines comme le batiment et la restauration ne sont pas complètement déclarés et eux le seraient complètement alors qu'ils sont sans papier arrêtons l'hypocrisie vous pouvez acheter un kit de papiers pour les présenter aux employeurs et au préfet pour régularisation dans la plupart des quartiers de Paris Que la CGT et les artistes moralisateurs s'occupent plutot des personnes qui travaillent dur , ne sont pas complètement déclarées et pendant des heures au smig , c'est bizarre mais ces personnes ne sont jamais contactées par les syndicats

svp, moins d'hypocrasie

on ne rend pas service a ses gens, cela n'est qu'une campaigne pour augmenter le nombre de salarié, au salaire déscroisante biensure. Cela arrange bien la bourse, mais a long terme sa finira tres mal. Faite les calculs, la demographie etc... Pour le 7ieme arts, soyons moins hypocrite svp.

TRAVAILLEURS SANS PAPIER

ilfo les aidè, ce gens la son des etre humain.pitiè s'il vous plait M.le ministre brice hortefeux et son excellence M. le president de la republique nicolas sarkozy.

Travailleurs sans papiers

c'est decevant de participant au developpement d'un pays sans avoir droit comme tout le monde, et pour dire que l'afrique a aussi versé du sang de nos grands perents pour la france.
Merci La france

LES MALHONNETES ...

Ils ne sont pas sans papiers [désinformations]ils ont de faux papiers sinon comment pourraient-ils payer des impots etc.

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