URGENT
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23 février 2010 - 18H02  

Une nouvelle grève des marins menace la Corse de paralysie
La Corse est de nouveau victime depuis mardi de l'interruption des liaisons maritimes avec le continent en raison d'une grève illimitée des marins CGT des compagnies SNCM et CMN, qui dénoncent le démantèlement du service public sur fond de guerre commerciale pour la desserte de l'île.
La Corse est de nouveau victime depuis mardi de l'interruption des liaisons maritimes avec le continent en raison d'une grève illimitée des marins CGT des compagnies SNCM et CMN, qui dénoncent le démantèlement du service public sur fond de guerre commerciale pour la desserte de l'île.

AFP - La Corse est de nouveau victime depuis mardi de l'interruption des liaisons maritimes avec le continent en raison d'une grève illimitée des marins CGT des compagnies SNCM et CMN, qui dénoncent le démantèlement du service public sur fond de guerre commerciale pour la desserte de l'île.

Les six ports de Corse ont été bloqués en début de matinée en application d'un préavis déposé le 27 janvier par la CGT et le Syndicat autonome des marins. A Ajaccio et Bastia, des piquets de grève ont été mis en place sur les quais où sont restés amarrés les navires de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN).

Un car-ferry de la compagnie privée Corsica Ferries - qui bat pavillon italien - arrivant de Toulon a été empêché d'accoster à Ajaccio. Il a été dérouté sur Calvi (Haute-Corse) où les passagers ont pu débarquer après environ cinq heures d'attente à bord.

Les sept traversées de la SNCM et de la CMN prévues mardi entre Marseille et la Corse ont été annulées, ont indiqué les directions des compagnies.

La CGT accuse la SNCM et la CMN, privatisées en 2006, de vouloir, en accord avec la Collectivité territoriale de Corse (CTC), démanteler le contrat et les missions de service public qui leurs sont attribuées au titre de la continuité territoriale.

La CTC a réduit fin 2009 de 10% le budget de la desserte de service public entre Marseille et la Corse, entraînant la suppression de 108 traversées sur environ 400 par an.

Les syndicats de marins, qui devaient être reçus mardi par le préfet de la région Corse, dénoncent aussi l'attribution d'une aide de la CTC de 15 millions d'euros à Corsica Ferries sans que celle-ci ait les mêmes obligations, ni les mêmes charges sociales.

Lancée en 1996 sur les lignes de Corse, Corsica Ferries dessert Nice, Toulon et des ports italiens à des tarifs plus bas que ceux des compagnies françaises. La concurrence sera encore renforcée par l'ouverture à partir d'avril d'une liaison régulière Toulon-Bastia par une compagnie privée italienne, Moby Lines.

Ce nouveau conflit se déroule à une période chargée de l'année en raison des vacances scolaires, une cinquantaine de traversées de la SNCM, de la CMN et de Corsica Ferries étant prévues jusqu'à la fin février.

A quelques semaines des élections territoriales, les présidents sortants de l'Assemblée et du Conseil exécutif de Corse et têtes de liste UMP, Camille de Rocca Serra et Ange Santini, ont regretté qu'une proposition de service minimum en cas de grève ait été rejetée par les autres groupes de l'Assemblée.

Excédés par ce nouveau conflit, les transporteurs routiers qui estiment, selon le président de leur syndicat, Jean-Marie Maurizi, être "pris en otages par un conflit qui ne (les) concerne pas", bloqueront mercredi tout départ de fret au départ des ports français et d'Italie en signe de protestation.

Pour tenter de désamorcer le conflit en cours et qui en annonce d'autres en raison de l'âpreté de la concurrence autour de la Corse, le gouvernement a chargé mardi le sénateur UMP de Seine-Maritime, Charles Revet, d'une mission d'étude de la desserte maritime de l'île.

M. Revet doit notamment examiner la question de l'attribution d'aides publiques et des "conditions dans lesquelles la concurrence entre les opérateurs s'exerce" afin que celle-ci soit "équitable", a indiqué le secrétariat d'Etat aux Transports.

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