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FRANCE

Le personnel de Total vote la fin de la grève dans toutes les raffineries sauf Dunkerque

©

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/02/2010

En grève depuis le 17 février, les salariés de Total, satisfaits de l'accord conclu entre syndicats et direction, ont voté la reprise du travail dans toutes les raffineries. Seul le site de Dunkerque, menacé de fermeture, poursuit le mouvement.

AFP - Au lendemain de l'accord conclu entre syndicats et direction, le personnel de Total a voté mercredi la fin de la grève dans toutes les raffineries, sauf à celle de Dunkerque (nord) où les salariés ont laissé éclater leur colère.
   
A l'instar de la CGT, majoritaire au plan national, la reprise du travail a été votée lors d'assemblées générales à Grandpuits (Seine-et-Marne), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône), Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime) et Donges (Loire-Atlantique), effaçant le spectre d'une pénurie de carburant.
   
"C'est une suspension, on ne s'interdit pas de repartir. On va être très vigilants au moment du comité central d'entreprise le 8 mars", a averti Christian Coste au nom de l'intersyndicale CGT-FO-CFDT de la raffinerie de La Mède (Rhône).
   
Les engagements pris par le groupe pétrolier de ne pas fermer ou céder de raffineries en France dans les cinq ans à venir ne concerne pas la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, dont le sort sera arrêté lors de ce comité d'entreprise.
   
Dans la raffinerie nordiste, une centaine de salariés a voté à main levée et à l'unanimité la poursuite de la grève, à l'appel de l'intersyndicale locale Sud (majoritaire), FO et CGT.
   
"Nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conclusions de la négociation de mardi qui ne confirme pas le redémarrage de notre outil de travail", a lancé Patrick Leclaire, délégué FO.
   
Un sentiment d'amertume partagé par la plupart des salariés dont certains menaçaient de mener des "coups d'éclats".
   
"Il y a eu des avancées pour certains, pour les autres raffineries et les dépôts qui ont obtenu des garanties. Mais nous on a été oubliés, on s'est fait enfler", a dénoncé l'un d'eux.
   
La raffinerie de Dunkerque (380 salariés et environ 400 sous-traitants) est à l'arrêt depuis septembre. L'incertitude qui plane depuis des mois sur son sort a déclenché un mouvement de grève chez les salariés de la branche raffinage, qui redoutent plus globalement un désengagement de Total en France.
   
"L'avenir de Dunkerque reste posé, c'est pour cela que nous sommes dans une suspension du mouvement de grève et pas dans une fin de grève, mais tout sera discuté le 8 mars", a déclaré mercredi à l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT.
   
Total s'est engagé à "assurer au sein du groupe la pérennité de l'établissement des Flandres", à participer d'ici fin mars à une table ronde sur le bassin dunkerquois et à garantir un emploi chez Total aux salariés.
   
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a encore haussé le ton mercredi à l'encontre du groupe, accusant sa direction de ne pas avoir été "assez claire". Le site de Dunkerque devra rouvrir s'il n'y a pas "un vrai projet de substitution", a-t-il asséné.
   
Dans un contexte de baisse de la consommation des produits pétroliers en France, qui doit toutefois importer du gazole, la question des capacités de production de Total ne figure pas dans l'accord conclu mardi.
   
Elle le sera forcément lors de la table ronde nationale sur l'énergie, annoncée pour la mi-avril mercredi par Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie et de l'Energie.
   
Total a dit vouloir maintenir "un outil de raffinage adapté, moderne et compétitif".
   
En mars dernier, le groupe pétrolier avait annoncé la suppression de 268 emplois, sans licenciement, à la raffinerie de Gonfreville-L'Orcher et la réduction du volume produit sur ce site.
   
Début février, l'Union française des industries pétrolières a estimé que 10% à 15% des 114 raffineries européennes devrait fermer.
 

Première publication : 24/02/2010

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