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24 février 2010 - 14H55  

L'huile de palme ne veut plus être le mouton noir de l'environnement
Identifié à la déforestation et à l'extinction des orang-outans, l'huile de palme souffre d'une piètre réputation, mais les producteurs contre-attaquent en vantant les qualités de cette culture "stratégique" pour plusieurs pays du sud.
Identifié à la déforestation et à l'extinction des orang-outans, l'huile de palme souffre d'une piètre réputation, mais les producteurs contre-attaquent en vantant les qualités de cette culture "stratégique" pour plusieurs pays du sud.
En Occident, et en Europe en particulier, le palmier à huile symbolise en revanche un désastre écologique qui contribue au réchauffement climatique.
En Occident, et en Europe en particulier, le palmier à huile symbolise en revanche un désastre écologique qui contribue au réchauffement climatique.

AFP - Identifié à la déforestation et à l'extinction des orang-outans, l'huile de palme souffre d'une piètre réputation, mais les producteurs contre-attaquent en vantant les qualités de cette culture "stratégique" pour plusieurs pays du sud.

"Cessez de diaboliser l'huile de palme", a lancé Gatot Irianto, directeur de la recherche au ministère de l'Agriculture indonésien lors d'une conférence internationale "palmiers et environnement" ayant réuni cette semaine producteurs, scientifiques et ONG à Bali.

En Indonésie, premier producteur mondial, cet oléagineux est considéré comme "un bienfait de la nature" qui fait travailler trois millions de personnes et "contribue à éradiquer la pauvreté", a-t-il rappelé.

En Occident, et en Europe en particulier, le palmier à huile symbolise en revanche un désastre écologique qui contribue au réchauffement climatique.

"Cette mauvaise réputation n'est pas usurpée en raison de ce qui a été fait dans un passé proche", où des millions d'hectares de forêt primaire ont été rasés en Indonésie ou en Malaisie, qui produisent à eux seuls 80% de l'huile de palme mondial, estime Nazir Foead, responsable de l'ONG WWF.

"Mais la situation évolue", affirme-t-il. "Certains acteurs ont compris que leur activité ne pouvait plus être liée à la déforestation".

Au risque, sinon, de le payer sur le plan économique, comme l'a récemment expérimenté Smart, l'un des principaux producteurs indonésiens.

En décembre, Unilever, le géant agro-alimentaire anglo-néerlandais, annonçait qu'il mettait fin à ses relations commerciales avec ce groupe à cause d'un rapport de Greenpeace l'accusant "de déboiser des forêts tropicales".

Tout en jugeant cette mise en cause "en partie infondée", Smart "a pris au sérieux" la décision d'Unilever, selon son directeur, Daud Dharsono. Il a ainsi annoncé en février une série d'engagements, notamment de "ne pas convertir en plantation des terres présentant de fortes capacités de stockage de carbone, comme les tourbières et les forêts primaires".

"Nous sommes satisfaits de ces engagements, mais nous attendons désormais les actes", a réagi Bustar Maitar, responsable "forêts" à Greenpeace Indonésie.

Pour la plupart des experts, il n'est de toutes façons pas possible de revenir en arrière à l'heure où la Chine et l'Inde réclament toujours plus de cette huile, premier fournisseur de corps gras végétal de la planète, aux multiples usages (margarine, savons, cosmétiques, résines...).

"La croissance rapide de la demande va continuer à entraîner une augmentation des surfaces cultivées", souligne Moray McLeish, du World Ressources Institute.

Pour éviter la déforestation, "la solution est d'augmenter les rendements et de cultiver davantage de terres dégradées" qui, sous forme notamment de savane, "sont évaluées entre 10 et 50 millions d'hectares en Indonésie", selon lui.

"L'huile de palme est devenue une culture stratégique et extrêmement rentable pour plusieurs pays d'Asie ou d'Afrique", précise Jean-Charles Jacquemart, ingénieur au Cirad, centre français de recherche agronomique.

"C'est une plante qui présente pour eux de nombreux avantages. Notamment celui de produire le plus d'huile à l'hectare, de trois à six fois plus que le colza ou le tournesol. Sa culture utilise relativement peu d'engrais, de l'ordre de huit kilos par arbre par an", souligne-t-il.

En Indonésie, 40% de la production est assurée par de petits producteurs qui, en cultivant de dix à vingt hectares, "sont capables de vivre décemment et d'envoyer leurs enfants à l'université", ajoute le chercheur.

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