26 février 2010 - 19H39  

Trois adolescents mis en examen pour 61 profanations de tombes dans le Nord
La profanation d'une trentaine de tombes dans un cimetière juif de Strasbourg, le jour du 65e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, a provoqué mercredi une vive émotion dans la communauté juive et parmi les élus strasbourgeois.
La profanation d'une trentaine de tombes dans un cimetière juif de Strasbourg, le jour du 65e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, a provoqué mercredi une vive émotion dans la communauté juive et parmi les élus strasbourgeois.

AFP - Trois adolescents de 15 à 16 ans, qui ont reconnu avoir profané 61 tombes dans deux cimetières du Nord, et commis de nombreuses dégradations sur des biens publics et privés depuis novembre, ont été mis en examen jeudi soir, a annoncé vendredi le procureur d'Hazebrouck.

Les trois collégiens sont poursuivis pour profanations de sépultures ou de tombes, dégradations en réunion, et provocation à la discrimination raciale, ainsi que vols en réunion et tentatives, a déclaré lors d'une conférence de presse le procureur Ludovic Duprey.

Ils ont été interpellés jeudi matin par les gendarmes, et n'ont aucun antécédent judiciaire. Les deux plus âgés ont été placés sous contrôle judiciaire.

Dans la nuit du 12 au 13 décembre, 17 tombes du cimetière de Cassel avaient été dégradées. Puis dans la nuit du 18 au 19 février, 44 sépultures, dont trois de soldats du Commonwealth, dans le cimetière d'Oxelaëre avaient connu le même sort.

Des croix gammées, souvent renversées, ainsi que des tags, parfois à connotation raciste, mais aussi un symbole "Peace and Love" ont été retrouvés, de même que la signature "TDAR", qui désigne leur groupe informel, le "Team des araignées ravageuses".

La piste de l'extrême droite, évoquée dans un premier temps, a été écartée. Les collégiens ont expliqué avoir commis ces faits sans motivation idéologique, mais "pour s'occuper, rigoler et faire parler d'eux", a expliqué le magistrat.

Ils agissaient lors d'expéditions nocturnes, après avoir "fait le mur", en se déplaçant à pied sur des chemins vicinaux.

Les adolescents, qui encourent jusqu'à sept ans de prison devant le tribunal pour enfants, n'ont pas vraiment exprimé de regrets. L'un d'eux s'est même dit "content" de la médiatisation des faits d'Oxelaëre, après lesquels ils avaient décidé d'arrêter quelques mois.

Ils ont également reconnu des vols dans des véhicules et des dégradations. Une centaine de victimes ont été recensées, mais le préjudice total n'a pas encore été établi.

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