AFP - Représentants de la diversité et de l'ascenseur social, Azouz Begag et Alain Dolium, têtes de listes MoDem aux régionales en Rhône-Alpes et Ile-de-France, se sont rendus lundi aux "4.000" de La Courneuve, symbole des cités ghetto que Nicolas Sarkozy entendait "nettoyer" au "Kärcher".
"Sur 22 régions, il n'y a que deux listes conduites par des Auvergnats", s'amuse Azouz Begag, estimant que le MoDem est le seul parti a avoir misé ainsi sur la diversité.
Candidat en Rhône-Alpes, l'ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité du gouvernement Villepin, a fait le voyage à la Courneuve pour faire passer ce message au côté d'Alain Dolium, chef d'entreprise issue des banlieues.
"C'est une page de l'histoire de France qu'on ouvre. Petit à petit, les Français vont s'habituer à voir des gueules comme les nôtres faire de la politique et pas uniquement du football", dit Begag.
Et quel meilleur symbole que la cité des 4.000 où se concentre une population pauvre majoritairement d'origine étrangère pour faire passer un message sur la défense de la diversité et la promotion de l'ascenseur social.
Entourés de caméras et micros, Alain Dolium - chemise noire sur un costume et manteau gris- et d'Azouz Begag - costume et cravate bleus - ne passent pas inaperçus à leur arrivée au centre commercial de la Tour.
Centre névralgique du quartier, le lieu concentre des commerces de proximité et infrastructures publiques : Poste, service jeunesse, école de la deuxième chance...
En arrière plan, comme un vestige du passé, l'une des dernières barres d'immeuble HLM des 4.000 non-détruite se dresse, impressionnante, avec ses balcons hérissés d'antennes paraboliques.
"Tous ceux qui sont au chômage, on les met ici. Les politiques, ils servent à quoi? Moi, je ne pense plus voter", lance Annie Atlan, 63 ans, habitante des 4.000 depuis 38 ans, à l'adresse d'Alain Dolium, lors de la visite d'une pharmacie.
"Je n'étais pas obligé de faire de la politique mais j'ai décidé de m'engager pour agir", plaide le candidat MoDem.
Parlant sécurité, il regrette ensuite devant la pharmacienne la disparition de la police de proximité. Dans la boulangerie, il explique au patron qu'il est au coeur de ses priorités : "vous pouvez engager des apprentis, vous fabriquez du lien social".
Chez le boucher, Begag fait mine en souriant de poser devant l'inscription "boucherie halal" écrite en arabe.
Au commerçant, il explique se battre "contre ces gens qui veulent faire croire que le problème en France, se sont les minarets, la burqa, les burgers halal et pas l'emploi", et évoque la visite en 2005 de Nicolas Sarkozy aux 4.000.
"C'était le ministre..." commence le boucher. "Qui voulait vous karcheriser et parlait des moutons dans les baignoires", finit Begag.
Dans le local d'une association d'alphabétisation, un ancien des 4.000, Khaled Teffal, se remémore le temps lointain où la cité abritait encore des médecins et avocats. "C'est devenu très communautaire aujourd'hui", déplore-t-il.
La visite prend fin dans le petit appartement de 35 m2 abritant une famille de trois personnes. Du balcon, au 19e étage la tour Eiffel semble si proche et lointaine à la fois.







