Dernière modification : 02/03/2010 

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Michèle Alliot-Marie lance la réforme de la justice

Michèle Alliot-Marie lance la réforme de la justice

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, présente le texte de la future réforme de la procédure pénale et lance une période de concertations. Au cœur des débats : la fin du juge d’instruction et la garde à vue.

Par FRANCE 24 (texte)
 

Avocats, magistrats et policiers doivent découvrir, ce mardi, le document de 225 pages qui présente le détail de l’avant-projet de réforme de la procédure pénale. La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a insisté dans un entretien au Parisien, publié ce mardi, être "ouverte aux propositions" pour le modifier à la marge, mais campe fermement sur le point le plus controversé de cette réforme : la disparition du juge d’instruction et le renforcement des prérogatives du parquet.

Disparition du juge d’instruction : MAM a tenté plusieurs fois de minimiser cette mesure car, selon elle, seules 5% des enquêtes sont menées par un juge d’instruction. Ce à quoi les syndicats des magistrats rétorquent qu’il s’agit souvent des affaires les plus sensibles. Magistrat indépendant, le juge d’instruction ne disparaîtra pas du jour au lendemain. En vertu de l’avant-projet de réforme, il devrait continuer à exister dans le nouveau système pendant trois à quatre ans, histoire de finaliser les dossiers en cours. Autre victime de cette réforme : le juge des libertés et de la détention (JLD), un magistrat qui, pour l’essentiel, décidait ou non de placer une personne en garde à vue.

Renforcement des pouvoirs du parquet : Le procureur – un magistrat du parquet – devra, selon l’avant-projet, mener à charge et à décharge les enquêtes. En d’autres termes, c’est lui qui hérite des prérogatives du juge d’instruction. Seul problème pour les opposants de cette réforme : contrairement au juge d’instruction, le procureur n’est pas indépendant, puisqu’il reçoit des consignes directement du ministre de la Justice. Ce qui risque de poser problème en cas d’enquêtes sensibles à dimension politique.

Création du juge des libertés : Pour faire taire les critiques d’une reprise en main de la justice par le pouvoir politique (suscitées notamment par les nouvelles prérogatives du procureur), l’avant-projet de réforme prévoit la création d’un juge des libertés. Magistrat "expérimenté", il serait chargé de vérifier que l’enquête menée par le procureur est équilibrée et régulière.

Création d’une "partie citoyenne" : N’importe qui, s’il prouve qu’il a un intérêt légitime à agir, pourrait saisir la justice même s’il n’est pas victime directe dans l’affaire. Cette mesure vise les cas d’infractions sans victime et ceux où la collectivité a subi un préjudice.

Moins de gardes à vue : Devant l’explosion en 2009 des gardes à vue (800 000 contre 577 000 en 2008), la réforme veut instituer un système d’"audition libre". Dans les cas de délits punis par une peine de prison de 5 ans ou moins, la police pourrait dorénavant entendre "librement" au commissariat la personne interpellée au lieu de la placer en garde à vue. Une audition qui ne doit pas excéder 4 heures.
 

Une plus grande présence des avocats de la défense : Jusqu’à présent, lors des gardes à vue, l’avocat de la défense avait droit à un premier entretien avec son client lors des quatre premières heures. L’avant-projet de réforme introduit un deuxième entretien à la 12e heures. En outre, si la garde à vue dépasse 24 heures, l’avocat de la défense pourra assister à toutes les auditions de son client.

Commentaires (5)

Une réforme pour pallier le manque de budget

Il faut rappeler que cette réforme vient en remplacer une. A la base,et après l'affaire d'Outreau, la réforme devait porter le nombre de juges d'instruction pour une instruction à 3 afin qu'ils puissent se contrôler mutuellement. Mais restriction budgétaire oblige, on l'a carrément supprimé pour ne pas révéler qu'on n'avait pas les moyens.
Pour moi la réel problème de cette réforme c'est la remise en cause de l'impartialité des magistrats quant à leur relation. Ils sont beaucoup trop en relation les uns les autres. Les procureurs et les magistrats du siège bossent dans les mêmes bureaux. Ils échangent de casquette à chaque affaire donc ils sont conscient et ressentent une compassion amical les uns les autres, ce qui est humain et normal. Mais cela pose problème quant à la partialité puisque imaginez un procureur qui instruit à charge et à décharge et qui est contrôler par un juge du siège qu'il fréquente au quotidien. Que ce même juge du siège était procureur précédemment, il va compatir avec la situation du procureur connaissant sa situation et les relations humaines font qu'il ne va pas le contrôler comme il le devrait, d'où la nécessité d'une séparation de la magistrature.

Démocratie à la française

Ce qui était auparavent un modèle et une référence universelle en matière de droits de l homme est en train de s effondrer encore un peu plus.La France en supprimant le dernier magistrat indépendant ( puisque nommé et promu par le gouvernement )risque de s éloigner un peu plus de son idéal initial et multiplie les risques de " classement sans suite " des enquètes à charge ( affaire ELf avec Eva Joly affaire du sang contaminé etc...).Il faut conserver ce système de juge impartial et indépendant du parquet.

Le ridicule ne tue pas.

Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu'il a la rage.
C'est le cas des juges d'instruction. A cause de certaines erreurs voire fautes commises par un petit nombre d'entre eux, le pouvoir politique veut leur faire payer l'addition qu'il présentait depuis longtemps. Ce pouvoir n'a jamais admis qu'il puisse être la cible de certains juges d'instruction. Certes il s'agit d'un petit nombre d'affaires politico-financières mais les faits sont têtus.
Notre société a évolué et la charge de travail tant pour les juges que les enquêteurs est devenue trop lourde. Dans les années 80, l'infraction "chèque sans provision"a été supprimée sauf s'il était prouvé que le chèque avait été fait sciemment.D'un seul coup, des centaines de milliers de dossiers ont été classés. Aujourd'hui les services d'enquêteurs sont surchargés de petits dossiers dont un grand nombre pourraient être traités dans d'autres structures. Toutes les fins de semaines, débuts de congés, fins de congés, les commissariats et gendarmeries enregistrent des plaintes de non représentation d'enfants, de non paiements de pensions alimentaires etc...Cela prend un temps énorme pour un résultat pénal souvent minime. Des structures sociales juridiques pourraient les traiter.
Quant à la garde à vue, le bon peuple humaniste refuse ce principe mais quand il est au pouvoir il exige. Alors il devrait réfléchir un peu plus avant d'hurler avec les loups. Le boomerang peut revenir et alors bonjour les dégâts.

Les affaires politico-judiciaires, de la poudre aux yeux

Les affaires politco-judiciaires n'est juste qu'un os sur lequel les journalistes se font les dents.
Sur environ 100000 affaires, une dizaine sont tintée de politique donc déjà elles représentent une minorité par rapport au quotidien juridique. De plus, ces affaires sont souvent déjà étouffés par les magistrats du siège. Donc la question des affaires politco-judiciaires n'est qu'un coup médiatique qui cache le véritable problème.
Le problème vient du fait qu'il n'y aura plus d'impartialité car le parquet (qui représente l'intérêt de l'Etat, qui attaque et qui est donc partie au procès), s'occupera de l'enquête (et donc du relevé de preuve. Ainsi, vu que son rôle est "d'attaquer" et de prouver la culpabilité, lors de l'enquête il ne sera pas garantie qu'il soit impartial et qu'il recueille autant de preuve à charge qu'à décharge.
La réforme prévoit donc la mise en place d'un juge DE l'instruction. Ce juge contrôlera le parquet. Le problème qui se pose est que le juge de l'instruction comme le procureur (parquet) sont des magistrats et que les magistrats tournent (ils sont juge du siège puis procureurs), ils travaillent ensemble et se côtoient au quotidien alors comment, même avec ce juge DE l'instruction garantir l'impartialité du procureur sachant qu'ils sont comme "cul et chemise" ?
Je pense que le débat qui doit être lancé est celui de la séparation en 2 corps de la magistrature. Il faudrait séparer les magistrats du siège qui resteraient des juge du siège et les procureurs qui resteraient procureurs afin qu'ils ne se côtoient plus et que donc ils soient impartiaux entre eux.

Réformes

Bravo,

Suivant que vous serez riches ou misérables ...

Et au sujet du délai de prescription pour les affaires politico-financières, il faut en penser quoi ?

Pareil !

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