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Economie

"Je crains une monopolisation du discours sur les OGM"

Texte par Joseph BAMAT

Dernière modification : 03/03/2010

Jean-Marc Petat est le directeur environnement de BASF Agro, la société qui a développé la patate génétiquement modifiée dont Bruxelles vient d'autoriser la culture dans l'UE. France24.com l'a rencontré au salon de l'Agriculture, à Paris.

France24.com : Comprenez-vous que l’autorisation de la culture de votre pomme de terre dans l'Union européenne suscite de tels débats en France ?
Jean-Marc Petat : C’est un dossier passionnel, peut-être à cause d'un manque de clarté des semenciers, mais aussi parce que certaines associations ont identifié ce débat comme un sujet polémique qui permet d’exploiter facilement les peurs des consommateurs. Le grand public n’a pas toute l’information nécessaire pour avoir une vision claire des avantages et des dangers des OGM.

La France attend un avis du Haut conseil des biotechnologies avant de se prononcer sur l'autorisation de la culture de l'Amflora sur son territoire. Comprenez-vous ces réticences ?
Chaque pays est libre d’exprimer sa propre opinion, mais encore faut-il que tout le monde ait accès à une information objective... Or, je crains une monopolisation du discours par certaines associations qui ne donnent pas une vision claire des bénéfices des OGM.
J’aimerais aussi rappeler que l’Amflora est le premier produit à avoir passé toute les étapes du processus d'autorisation européen, qui est le plus strict et le plus rigoureux du monde.
Enfin, il n’est pas question pour l'instant de cultiver l'Amflora en France. Celle-ci est destinée à la Suède, à l’Allemagne, aux Pays-Bas et à la République tchèque.

Selon vous, en quoi l’agriculture française pourrait-elle bénéficier des OGM ?
Je pense que l’agriculture française doit pouvoir bénéficier des dernières innovations. N’oublions pas que la filière agroalimentaire représente 20 % des emplois français et qu’elle pèse plus lourd que l’industrie automobile dans le produit intérieur brut ! Quant aux recherches en biotechnologies végétales, elles sont importantes pour faire face aux défis de demain. Comment, par exemple, la France compte-t-elle contribuer à l’alimentation des trois milliards d’individus qui arriveront sur terre d'ici à 2050 ?

Première publication : 03/03/2010

  • UNION EUROPÉENNE

    En autorisant la culture d'une patate transgénique, Bruxelles relance le débat sur les OGM

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