03 mars 2010 - 16H20  

L'opposition ne digère pas la réunion autour de Sarkozy sur la campagne de Pécresse
Le président du Modem, François Bayrou, s'est déclaré mercredi "très choqué" par la réunion qui s'est tenue mardi à l'Elysée autour du président de la République et de Valérie Pécresse, la tête de liste de l'UMP aux élections régionales en Ile de France.
Le président du Modem, François Bayrou, s'est déclaré mercredi "très choqué" par la réunion qui s'est tenue mardi à l'Elysée autour du président de la République et de Valérie Pécresse, la tête de liste de l'UMP aux élections régionales en Ile de France.
Pour la patronne du PS Martine Aubry, le président de la République s'est comporté mardi comme un chef de parti.
Pour la patronne du PS Martine Aubry, le président de la République s'est comporté mardi comme un chef de parti.

AFP - "Incroyable", selon Martine Aubry (PS), "choquante" pour François Bayrou (MoDem) : plusieurs leaders de l'opposition ont vivement critiqué mercredi la réunion tenue la veille autour de Nicolas Sarkozy pour remettre dans l'ordre dans la campagne de Valérie Pécresse (UMP).

La chef de file du parti présidentiel pour les élections régionales en Ile-de-France s'est elle-même de nouveau justifiée sur ce petit-déjeuner de mardi, au cours duquel le chef de l'Etat a appelé l'UMP francilienne à faire bloc derrière elle après quelques couacs récents.

"Avoir le soutien du président de la République c'était important pour moi dans cette logique de renouvellement, dans ces difficultés", a déclaré Valérie Pécresse sur Europe 1.

Elle a admis que "le renouvellement" dans le choix de ses têtes de liste avait créé "des déceptions, des aigreurs", tout en réfutant les "fausses rumeurs colportées" faisant état de mésententes dans son équipe. Celle-ci est "soudée et motivée", a assuré la ministre de l'Enseignement supérieur.

Le rendez-vous élyséen continuait toutefois de susciter de l'indignation chez les adversaires de l'UMP, alors que Nicolas Sarkozy avait indiqué le 25 janvier sur TF1 qu'il ne participerait pas à la campagne des régionales.

"Non, le rôle du président de la République n'est pas de faire campagne pour les présidents de région", avait-il insisté, ajoutant: "M'engager dans la campagne au sens partisan, ce n'est pas le rôle du président de la République".

Le président du Modem, François Bayrou, s'est empressé de souligner que les faits apportaient "un démenti absolu, cinglant à tous ceux qui avaient eu la bêtise de croire" ces déclarations.

"J'ai été, comme beaucoup de Français, très choqué", a-t-il ajouté lors d'un déplacement de campagne dans un quartier défavorisé d'Evreux.

Pour la patronne du PS Martine Aubry, le président de la République s'est comporté mardi comme un chef de parti.

"Là il est les deux", a-t-elle déclaré sur RMC et BFM-TV, en qualifiant d'"incroyable" cette réunion, signe selon elle que la droite francilienne est "bien perdue" à une dizaine de jours du premier tour des régionales.

Le chef de file du MoDem pour l'IdF Alain Dolium, interrogé par l'AFP, considère qu'il y a eu "un nouvel abus de pouvoir du chef de l'Etat".

"Cela illustre la concentration des pouvoirs entre les mains de Nicolas Sarkozy et le terrible mépris de l'UMP pour la démocratie locale, le vote des citoyens et leurs préoccupations quotidiennes", a-t-il poursuivi.

Le président sortant de l'Ile-de-France, Jean Paul Huchon (PS), a jugé "pas conforme à la morale et à l'éthique républicaine de voir un président de la République s'impliquer auprès de têtes de liste dans une élection locale".

Nicolas Sarkozy n'avait pas à s'ériger en "directeur de campagne" de Valérie Pécresse, ont dit d'une même voix sur des antennes différentes Anne Hidalgo (PS, Paris) et l'ex Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

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