Dernière modification : 04/03/2010 

- Cambodge - Drogues - Unicef


Le scandale des centres de désintoxication au Cambodge

Un rapport de Human Rights Watch dénonce les méthodes musclées utilisées par les autorités cambodgiennes contre les jeunes drogués dans les centres de désintoxication qui s'apparentent à des prisons. Enquête exclusive de notre correspondant, Cyril Payen.

Par Cyril PAYEN

Il n’est pas rare, la nuit dans les rues de Phnom Penh, la capitale cambodgienne, de croiser les jeunes laissés pour compte de la société. Le pays compte quelque cinq-cents mille toxicomanes.

Les méthodes utilisées par le gouvernement pour "désintoxiquer " les drogués sont au cœur d’une enquête réalisée par l’organisation humanitaire Human Rights Watch et rendue publique le 25 janvier 2010. L’ONG dénonce le recours à la torture, au viol et un florilège de sévices dans certains centres de désintoxication.

Nous avons été à la rencontre de ces drogués et leurs témoignages sont accablants. Toute cette communauté d’exclus vit dans la peur d’être de nouveau envoyée dans un centre où l’on est traité comme des animaux.

Au lieu d’être sevrés, les enfants drogués que la police ramasse dans les rues subissent des abus physiques, parfois sexuels, et doivent travailler de longues heures sans aucune rémunération.

De son côté, les autorités cambodgiennes réfutent en bloc toutes ces accusations et se reposent sur le grand nombre d’organisations internationales qui financent directement ou indirectement ces centres, dans un pays dont la moitié du budget de l’État dépend de l’aide internationale.

L’un des centres de la périphérie de Phnom Penh épinglé par Human Rights Watch accueille des enfants âgés de quatre à onze ans. Tous des enfants des rues qui se droguent avec de la colle et qui atterrissent ici après avoir été raflés par la police. Ironie du sort : ce centre bien connu des organisations de défense des droits de l’homme est financé par l’UNICEF, l’Agence des Nations unies pour la protection des enfants.

Depuis la parution du rapport de HRW et les accusations portées contre l’organisation internationale, aucune enquête n’aurait été diligentée par l’UNICEF et aucun changement notable n’a été observé dans le fonctionnement des centres de désintoxications cambodgiens.


Commentaires (6)

Bravo pour l'enquête

Il est scandaleux de continuer à financer le centre de "torture" incriminé. L'Unicef perd toute crédibilité
à s'entêter dans une position "tiède" face à un état
corrompu.

Etonnant

C'est étonnant, cette "enquête exclusive" est déjà parue dans l'hebdomadaire Cambodge Soir Hebdo il y a quelques semaines. CoIncidence ou ... ? En tout cas France 24 n'est pas diffusée au Cambodge.

scandaleux,tous simplement

scandaleux,tous simplement

Désintoxication

Lamentable !
Les intérêts financiers sont ailleurs...
Pauvres associations.

UNICEF/Cambodge

Comme toutes les organisations de fonctionnaires huma

Le scandale des centres de désintoxication au Cambodge

Bonjour,

Comme d’habitude, rien n’est NOIR, rien n’est BLANC ! Et nous ne prenons partie ni pour les médias, ni pour le gouvernement cambodgien.
Notre credo est l’aide DIRECTE aux enfants et uniquement cela !

Pour ce qui concerne le Centre de rééducation de Chom Chau, c’est un Centre où nous avons la CHANCE de pouvoir accèder à toute heure, à l’improviste, comme sur rendez vous, jamais aucune difficulté ne nous a été faite pour visiter et aider directement les enfants comme le prouvent les nombreux articles que vous pouvez voir sur notre blog
http://actionsaidescambodge.unblog.fr/tag/centre-de-reeducation-chom-chau/

Nous ne pouvons pas, bien entendu, donner notre avis sur les autres centres au Cambodge.

Ce que nous avons pu constater, c’est que les enfants sont occupés à des activités qui meublent leurs journées comme faire du jardinage, cultiver des légumes pour leur propre consommation, jouer au volley, au foot, etc… Bien sûr, c’est un centre de rééducation de jeunes drogués, petit délinquants (pique pocket, petits vols à l’étalage, etc…), bien sûr, il manque de tout, bien sûr, nous ne pouvons les laisser sans aucune aide !
L’Unicef leur procure, entre autres, le matériel pour apprendre le métier de coiffeur et finance le salaire du professeur.

Je rejoins en partie, le témoignage de Richard Bridle, représentant de l’Unicef au Cambodge.
Il n’est pas souhaitable de FERMER ces centres qui sont réservés aux ENFANTS, le vrai risque, étant qu’ils soient emprisonnés dans un milieu carcéral encore plus cruel et violent, mêlés à des adultes prisonniers de droit commun, voire encore pire (criminels ou autres).

Effectivement, rien n’est NOIR, rien n’est BLANC !

Compte tenu des moyens qui sont ceux, du Cambodge d’aujourd’hui, ces centres qui ne sont, sûrement pas la panacée, ont quand même une utilité pour ces gamins, les protéger d’eux-mêmes dans une certaine mesure, les protéger également contre d’autres types de prédateurs qui sévissent de plus en plus dans mon pauvre pays.
Eh oui, tout est à reconstruire, la guerre et la misère amènent leurs lots de problèmes en tous genres.

Human Right Watch, BRAVO pour vos dénonciations, mais la réalité sur le terrain est parfois différente. S'il y a des solutions aux problèmes d'une jeunesse désespérée en dés-errance, drogués, merci de donner le mode d'emploi.
Les sociétés occidentales n'ont pas trouvé la solution pour l'instant !

Cordialement
Aline Honorine Fitte
présidente de l’association l’Eléphant Blanc
http://www.elephantblanc.org/

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