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FRANCE

Sarkozy dévoile les grandes lignes du plan de relance industrielle

Vidéo par Clément MASSE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/03/2010

Le président Nicolas Sarkozy a dévoilé la série de mesures destinée à endiguer la désindustrialisation qui menace l'Hexagone. Une annonce qui vient ponctuer trois mois d'états généraux sur le "made in France".

AFP - Nicolas Sarkozy a décrété jeudi la mobilisation générale pour enrayer le déclin de l'industrie française, menacée par la crise, en détaillant à Marignane une série de mesures renforçant les prérogatives de l'Etat notamment dans les entreprises publiques.

En conclusion des états généraux de l'industrie, le chef de l'Etat a brossé, chiffres à l'appui, un portrait sans fard des difficultés qui ont fragilisé, avant même la crise, les industries "made in France" et proclamé sa volonté de tout faire pour que "la France garde ses usines".

"Vous démontrez qu'on peut être compétitifs et produire en France", a-t-il lancé à des ouvriers du fabricant d'hélicoptères Eurocopter, une filiale du groupe européen EADS, "la France doit garder ses usines, la France doit garder son appareil de production".

Au premier rang des accusés de cette "désindustrialisation", Nicolas Sarkozy a sévèrement étrillé les 35 heures, qui ont selon lui "tué l'industrie française". Il a également mis en cause "les charges sociales françaises" et le manque d'innovation ou d'investissement des entreprises.

Pour inverser la tendance, le gouvernement s'est donc fixé l'objectif ambitieux d'augmenter la production industrielle du pays en volume de 25% (hors secteur de l'énergie) et de "pérenniser" les effectifs industriels, qui ont reculé de plus d'un demi-million d'emplois depuis 2000.

Tel que décrite par Nicolas Sarkozy, cette nouvelle politique industrielle sera financée par l'Etat dans le cadre du grand emprunt. En plus des 5,5 milliards d'euros déjà alloués aux entreprises innovantes, aux transports et à l'espace, 500 millions d'euros de prêts bonifiés "verts" seront versés aux entreprises qui investissent pour produire propre, a-t-il confirmé.

En outre, 300 millions d'euros financeront la "structuration des filières" industrielles et 200 autres millions une "prime à la relocalisation" des entreprises en France, a ajouté le chef de l'Etat.

Une "conférence nationale de l'industrie" sera par ailleurs créée et chargée, en premier lieu, de proposer en septembre des "mesures concrètes d'allègement et de simplification" de la réglementation.

Mais surtout, l'Etat va renforcer son rôle dans la définition de la stratégie des entreprises publiques en y nommant des administrateurs supplémentaires issus du ministère de l'Industrie.

Dans le collimateur de Nicolas Sarkozy, le groupe Renault et son projet controversé de délocaliser la production de sa future Clio en Turquie.

"Je n'accepte pas que le grand groupe privé automobile PSA ait les deux tiers de ses effectifs en France et que l'autre constructeur automobile ait seulement un tiers de ses effectifs en France, alors que l'Etat en est propriétaire à 15%", a-t-il dit sans citer Renault.

"Qu'on aille créer des usines à l'extérieur, ça me va très bien pour gagner des parts de marché. Mais qu'on aille fabriquer des voitures à l'extérieur pour les ramener en France (...) je ne l'accepte pas", a insisté le président.

En matière de financement, Nicolas Sarkozy a par ailleurs promis qu'un nouveau produit d'épargne spécifique serait proposé "d'ici septembre", après concertation avec les partenaires sociaux, pour "attirer des capitaux pour nos entreprises". Il a notamment évoqué le "livret d'épargne industrie" proposé par la CGT lors des états généraux de l'industrie.

Dans son catalogue de mesures, le chef de l'Etat a également annoncé la nomination avant la fin mars d'un "médiateur de la sous-traitance", un allègement de la fiscalité des brevets et exhorté Bruxelles à "prendre des initiatives pour une véritable politique industrielle européenne".
 

Première publication : 04/03/2010

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