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Moyen-orient

"Le peuple ira voter et attend des changements"

©

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 06/03/2010

Les Irakiens élisent leurs députés, le 7 mars. Quels défis devront relever les nouveaux élus ? Quels sont les enjeux du scrutin ? Réponses avec Hosham Daoud, spécialiste de l'Irak, auteur de "Tribus et pouvoirs en terre d'Islam" (Armand Colin, 2005).

 

Dossier : Les élections législatives irakiennes

France 24.com : Les élections législatives du 7 mars ne sont pas les premières organisées en Irak depuis la chute de Saddam Hussein, en 2003. Elles ont pourtant une importance cruciale et une haute portée symbolique. Pourquoi ?

Hosham Daoud : Pour la première fois, une élection envisage l'avenir du pays sans les Américains. En 2005, lors des premières législatives, le pays était à la veille d'une guerre civile. Les gens avaient peur, les sunnites boycottaient le scrutin, le gouvernement était discrédité et la politique de george W. Bush [alors président des États-Unis, NDLR] ne fonctionnait pas. Les candidats ne pouvaient même pas afficher ouvertement leur nom pendant la campagne. À l'issue du vote, l’assemblée s'était établie sur une base confessionnelle avec une majorité chiite.

Aujourd’hui en revanche, il y a, pour la première fois, une vraie campagne. Le peuple n’ira pas voter dans la joie, mais il ira, et il attend un changement. Les Irakiens cumulent attentes et frustration.

 

La démocratie ne signifie pas donner le pouvoir à une majorité.

De grandes coalitions ont émergé à la veille des élections, celles notamment du Premier ministre Nouri al-Maliki et d’Iyad Allaoui - plus laïque. On a vu aussi l'avènement du Bloc chiite, qui comprend quelques candidats sunnites. S’agit-il d'alliances de circonstance ?

Il y a une tendance de fond : la population veut dépasser le clivage confessionnel. Les gens ont besoin de réponses générales. Mais en même temps, l’Irak n’a pas d’autres choix que de composer avec ses différents peuples et partis.

Comment gérer la situation ? La démocratie, en Irak, ce n'est pas donner le pouvoir à une majorité. Un tel cas de figure ferait la part belle aux chiites et risquerait de laisser de côté les minorités qui n’ont pas de culture d’opposition. Mais un gouvernement de consensus ne conduirait, lui, qu'à faire retomber l’Irak dans un système de quotas et dans une corruption déguisée. L’art de la gestion politique, c’est unir les minorités plutôt que de les disperser...

Reste qu'un mode de gestion n’apporte pas de culture démocratique. Toute la difficulté est là […]. Il convient donc d'instaurer dans le pays des institutions et une équipe solides, capable de gérer la chose publique. L’Irak manque des deux. Les élections sont censées répondre à ce problème.

 

Quels sont les principaux défis que devra affronter le futur Parlement ?

Ils sont nombreux : accomplir la transition pour préparer le retrait des Américains [prévu dans sa totalité pour la fin de 2011, NDLR], établir une pleine souveraineté sur le territoire irakien, reconstruire une armée, combattre la corruption rampante, régler le problème de Kirkouk [la souveraineté sur la province, où se trouvent les plus importantes réserves pétrolières du pays, fait l'objet d'une dispute entre Arabes, Kurdes et Turkmènes, NDLR], établir une réelle unité...

Il existe, en Irak, un décalage entre les attentes des gens et la réalité. Les Irakiens attendent que le Parlement réponde à des défis cruciaux. Le pays a fait quelques pas en avant, mais il n’est pas à l’abri d’une rechute. Si les élections n’apportent pas de réponse, un retour à l'enfer est possible ou, au moins, à l'immobilisme. Il faut commencer par remettre le pays sur les rails.

 

Les États-Unis prévoient de considérablement diminuer le nombre de leurs soldats en Irak d'ici à la fin août et ne comptent pas modifier leur agenda, quels que soient les résultats des élections législatives. L'Irak peut-il, aujourd'hui, supporter une telle transition ?

Les Américains souhaiteraient se retirer sur une note globalement positive.

Depuis quatre ans, un énorme pas en avant a été franchi. Les Américains ont changé de stratégie. Le plan "Surge" du général Petraeus a stabilisé la sécurité dans l’ouest du pays et à Bagdad. Alors qu’on comptait entre 2 500 et 3 000 morts par mois en 2004, il n'y en a plus que 200 à 300 - c'est encore trop, certes - aujourd’hui. On peut dire que "Surge" a inversé la tendance et que les Américains ont apaisé les tensions. Mais je pense que si les Américains quittent l'Irak demain, ils partiront beaucoup trop tôt. Les Américains souhaiteraient se retirer sur une note globalement positive. Il n’y va pas seulement de l’autorité de Barack Obama : celle des États-Unis est également en cause.

Reste que ce serait effectivement un suicide politique pour un candidat irakien de proposer que les Américains restent quelques années supplémentaires dans le pays. Il est normal qu’il y ait une volonté de souveraineté politique dans le pays. Mais l’Irak est-il capable de garder ses frontières ? Quel mode de gouvernance adopter ? Les défis sont nombreux.

 

Vous avez évoqué la question de Kirkouk. Comment le futur Parlement pourra-t-il apaiser les tensions dans cette province qui reste une véritable poudrière ?

Plusieurs solutions sont évoquées à ce propos. Parmi les moins modérées, il y a la position kurde, qui prône un rattachement de Kirkouk au Kurdistan. Il y en a une autre qui prend en compte la multiplicité ethnique et religieuse de la province et suggère de la rattacher au gouvernement central. Mais ces différentes positions sont toutes les deux assez radicales.
Une autre solution consisterait à faire de Kirkouk une province autonome. Cette possibilité intéresse les diplomates de l’ONU et les États-Unis notamment. Mais Kirkouk est l’enjeu d’une surenchère nationaliste. Il convient donc d'attendre de voir le résultat qui sortira des urnes.

 

 

Première publication : 05/03/2010

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