AFP - A six jours du premier tour des régionales, Daniel Cohn-Bendit a appelé les électeurs à voter "utile et stratégique" pour une recomposition de la gauche d'ici 2012, espérant que l'Alsace qui hésite entre UMP, PS et Verts, montre la voie en menant au pouvoir les écologistes.
"C'est en Alsace que nos espoirs de voir les écologistes mener le combat contre la majorité présidentielle et l'emporter, sont les plus forts", a estimé le chef de file d'Europe Ecologie (EE), peu avant le meeting de soutien à la liste de Jacques Fernique (Verts) qui se tient au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg lundi soir.
Pour le co-président des Verts au Parlement européen, "c'est en Alsace que peut prendre racine une nouvelle espérance, un jalon important sur la route vers un monde plus juste, dans une Europe solidaire et une vie politique française renouvelée".
Depuis des mois, les écologistes rêvent en effet de remporter cette région, bastion traditionnel de la droite. Début février, EE (21%) devançait nettement la liste PS de Jacques Bigot (18%) selon l'Ifop et l'emportait (44%) au second tour, devançant d'un point la liste UMP sortante dans une triangulaire avec le FN.
Mais dans l'enquête OpinionWay-Fiducial publiée lundi dans Le Figaro, une semaine après un sondage CSA donnant la gauche gagnante, PS en tête, la tendance est inversée. Si au premier tour, socialistes (19%) et écologistes (18%) sont au coude à coude, l'UMP et le sénateur Philippe Richert sont donnés gagnants dans tous les cas de figures au second.
Les "écolos" continuent malgré tout d'y croire. Il faut dire qu'en Alsace, EE a réussi l'unité des écologistes en s'alliant à Antoine Waechter (qui a quitté les Verts en 1994 les jugeant trop à gauche) et au mouvement Cap21 de Corinne Lepage.
La vice-présidente du MoDem, qui doit être présente à Strasbourg, s'est d'ailleurs vu reprocher "des gestes pas loyaux" par François Bayrou alors qu'une liste MoDem est menée dans la région par Yann Wehrling, ancien numéro un des Verts (5% des intentions de vote). "Ce soir, vont se perdre des voix au MoDem", a ironisé Cohn-Bendit.
Fort du rassemblement, "Dany" a donc lancé un appel au "vote double, utile et stratégique" : "au niveau des territoires pour des régions écologistes et solidaires" et "au niveau national pour changer les vieilles logiques politiques" et "préparer les échéances de 2012, tout en cassant les logiques obsessionnelles d'un présidentialisme et d'un jacobinisme dont s'accommode trop bien le PS dès qu'il est au pouvoir".
Car si le pari pour EE de devenir la "troisième force" politique à l'issue des régionales, semble en passe d'être gagné, l'objectif est aussi de modifier les rapports de force à gauche.
Reste la question des alliances au 2e tour des régionales, avec ou sans MoDem. "Dany", partisan d'un "accord national entre PS et Europe Ecologie", estime que "si on veut gagner et si on a besoin des électeurs du MoDem, il ne faut pas les insulter".
La direction des Verts, elle, assure qu'il n'y aura pas de négociation avec le parti centriste, ni au niveau régional ni au niveau national, même si "la porte n'est pas fermée si tout le monde est d'accord, y compris le Front de gauche" pourtant farouchement anti-Bayrou, explique Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts.
Mais, argue Cohn-Bendit, en Alsace, "il n'y a pas de Front de gauche (crédité de 1%, ndlr), et Jean-Luc Mélenchon ne ramène rien". "Ce genre de problèmes se posera région par région", juge-t-il.






