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Culture

La journée internationale des droits de la femme fête ses 100 ans

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/03/2010

Ce 8 mars marque le centenaire de la Journée mondiale des Femmes. L'occasion de célébrer les 40 ans du Mouvement de libération des Femmes (MLF), dont les militantes sont restées des figures incontournables du féminisme.

AFP - Les féministes françaises des années 1970, qui n'ont jamais quitté le terrain militant, côtoient désormais une nouvelle génération de femmes qui se présentent comme leurs héritières, mais veulent donner un nouveau souffle au mouvement.

Cette année, la journée du 8 mars marquera les 100 ans de la Journée mondiale des Femmes. Elle sera aussi l'occasion de célébrer les 40 ans du Mouvement de libération des Femmes (MLF), dont les militantes sont restées des figures incontournables du féminisme, à la relève longtemps incertaine.

"Le féminisme en tant que mouvement global a connu un déclin dans les années 80 et au début des années 90", relève Françoise Picq, historienne du féminisme. Selon elle, la tendance s'est inversée à la fin des années 90, des femmes réagissant à une "remontée de l'ordre moral".

Le Collectif droit des femmes, né en 1995, est cependant resté piloté par des militantes des années 70 toujours très actives, à l'image de Maya Surduts et Suzy Rojtman, chevilles ouvrières cette année encore de la manifestation du 8 mars.

"On vient de vivre des années pas très féministes, mais comme tous les vingt ans, je sens monter une nouvelle vague de militantes qui voient que des acquis sont remis en cause", estime la philosophe et historienne Geneviève Fraisse.

Le réseau "Osez le féminisme", né en 2009 de la mobilisation pour défendre les budgets du Planning familial et l'accès à l'avortement et à la contraception, en est l'exemple le plus récent.

Il revendique 200 membres, des sections à Paris et Toulouse, d'autres en création. Contraception, sexualité, violences, inégalités professionnelles: tous les thèmes du féminisme sont abordés par ses membres, à la moyenne d'âge de 25 ans.

"On s'inscrit dans la lignée des féministes des années 70", explique sa fondatrice, Caroline De Haas. "Mais entre elles et nous il n'y a eu personne, et il faut prendre le relais parce que les mécanismes de la domination masculine sont encore là".

"Notre seule vraie différence, c'est Facebook", explique cette trentenaire. Sur le réseau social, leur groupe compte plus de 3.000 membres et les posts remplacent les tracts. Une publication mensuelle mêlant humour et sérieux est diffusée sur leur site internet.

Ni Putes Ni Soumises (NPNS), créé en 2003, utilise aussi volontiers Facebook. "C'est une manière de sortir le féminisme du formol avec un outil qui touche tous les milieux", explique sa présidente Sihem Habchi.

"Sur le droit des femmes à disposer de leur corps, je suis dans la droite lignée des années 70, mais le féminisme s'est arrêté aux portes des quartiers ghettos, où la contraception se fait encore sous le manteau", estime-t-elle.

"Quand on a commencé à parler des mariages forcés, des viols collectifs, des pressions des fondamentalistes, personne ne nous a ouvert la porte", poursuit-elle, fustigeant "le relativisme culturel de certaines féministes qui défendent le port du voile islamique".

Le jeune collectif La Barbe, fondé en 2008, s'est lui spécialisé dans la lutte contre le sexisme dans les lieux de pouvoir. Ses membres s'introduisent régulièrement dans des assemblées d'hommes en portant la barbe, encourageant ironiquement les hommes à persister dans leur sexisme.

"Les nouvelles militantes sont mobilisées contre le retour du sexisme et il y a du travail", juge Françoise Picq, citant l'exemple d'une affiche vue récemment dans une université, annonçant une soirée étudiante. "Il y avait des garçons en chasseurs et des filles en lapins, et un texte +ouverture de la chasse, venez tirer votre coup+, comme si l'image de l'homme prédateur et de la femme-objet ne choquait plus", observe-t-elle.

Première publication : 08/03/2010

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