08 mars 2010 - 11H44  

Opéra de Paris: Nicolas Joel confirme sa vision d'un théâtre de répertoire
L'Opéra national de Paris a révélé lundi la programmation de sa saison 2010-2011, la deuxième de Nicolas Joel, qui enfonce le clou : le directeur joue la carte du répertoire servi par des chanteurs stars et préfère les productions sans risques aux mises en scènes audacieuses.
L'Opéra national de Paris a révélé lundi la programmation de sa saison 2010-2011, la deuxième de Nicolas Joel, qui enfonce le clou : le directeur joue la carte du répertoire servi par des chanteurs stars et préfère les productions sans risques aux mises en scènes audacieuses.
Un événement, au printemps : la création mondiale du deuxième opéra de Bruno Mantovani, figure de la jeune génération de compositeurs français.
Un événement, au printemps : la création mondiale du deuxième opéra de Bruno Mantovani, figure de la jeune génération de compositeurs français.

AFP - L'Opéra national de Paris a révélé lundi la programmation de sa saison 2010-2011, la deuxième de Nicolas Joel, qui enfonce le clou : le directeur joue la carte du répertoire servi par des chanteurs stars et préfère les productions sans risques aux mises en scènes audacieuses.

Quel changement dans "la grande boutique", comme l'appelait Verdi ! Après le quinquennat du Belge Gérard Mortier, marqué par des choix esthétiques novateurs dans une ambiance parfois festivalière, son successeur français a annoncé la couleur : pour lui, l'Opéra de Paris doit être "une maison de répertoire".

"Que voulez-vous qu'il soit d'autre ? Ici on ne fait pas de coups, on mène un travail de fond", explique à l'AFP Nicolas Joel.

Sa saison 2010-2011 en porte la marque, avec 12 reprises parmi 19 productions lyriques. Un événement, au printemps : la création mondiale du deuxième opéra de Bruno Mantovani, figure de la jeune génération de compositeurs français.

Son "Akhmatova", inspirée des souffrances de la poétesse russe éponyme sous Staline, sera mise en scène par Nicolas Joel lui-même. Un choix qui ne manquera pas d'irriter ceux qui pensent que le patron d'une aussi grande institution (800.000 spectateurs par saison, 1.600 salariés, 180 millions d'euros de budget annuel) ne devrait pas se disperser en signant des mises en scène.

La maison fera entrer à son répertoire "Mathis le peintre", le chef-d'oeuvre d'Hindemith (mise en scène d'Olivier Py, débuts du chef allemand Christoph Eschenbach à l'Opéra de Paris) et la "Francesca da Rimini" de Zandonai. Cet ouvrage de la "jeune école italienne" du début du XXe siècle marquera le retour à l'Opéra Bastille du ténor vedette Roberto Alagna.

"L'Opéra de Paris, c'est le rendez-vous des meilleurs chanteurs", souligne Nicolas Joel. Ainsi, l'américaine Vivica Genaux se produira dans "L'Italienne à Alger" de Rossini et sa compatriote, Renée Fleming, dans l'"Otello" de Verdi, l'argentin Marcelo Alvarez sera dans la "Luisa Miller" du même compositeur, Natalie Dessay chantera sa première Cléopâtre dans un nouveau "Jules César" de Haendel, mis en scène par Laurent Pelly.

"Le Triptyque" ("Il Tabarro", "Suor Angelica", "Gianni Schicchi") de Puccini sera monté par l'Italien Luca Ronconi sous la baguette du directeur musical de l'Opéra, le Suisse Philippe Jordan, qui montera en puissance par rapport à la saison en cours.

"Il fera les fondamentaux d'un directeur musical : Wagner, Strauss et Mozart", résume Nicolas Joel. Le jeune chef terminera son "Ring" avec "Siegfried" et "Le Crépuscule des dieux". Il veillera sur les débuts à l'Opéra de Paris de la soprano allemande Diana Damrau ("Ariane à Naxos"), sans oublier une reprise de "Cosi fan tutte" (celui de l'Italien Ezio Toffolutti, pas de Patrice Chéreau) et la résurrection des mythiques "Noces de Figaro" de Giorgio Strehler.

Parfois contesté par la critique cette saison pour des spectacles de facture traditionnelle ("Mireille" par lui-même, l'"André Chénier" de l'Italien Giancarlo del Monaco), Nicolas Joel persiste.

"C'est une question de goûts. J'ai les miens, certains en ont d'autres. Et puis la mise en scène ne fait pas tout : il faut aussi se préoccuper de ce que l'on entend", fait valoir le directeur. Il se retranche derrière le succès public, chiffres à l'appui : 91% de remplissage cette saison (et même 96% si l'on exclut les places à visibilité nulle ou réduite du Palais Garnier), et un nombre d'abonnés individuels en hausse de 20% par rapport à 2008-2009.

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