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L'ONU place le Giec sous surveillance

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/03/2010

L'ONU a demandé à une organisation scientifique de renom basée aux Pays-Bas de superviser les travaux du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), dont les récentes erreurs ont ravivé les critiques des climato-sceptiques.

AFP - L'ONU a chargé mercredi une organisation scientifique internationale de renom de superviser les travaux de son organe spécialisé sur l'évolution du climat, récemment critiqué pour des erreurs, tout en réaffirmant la réalité du réchauffement climatique.
   
Le secrétaire général, Ban Ki-moon, a annoncé avoir demandé au Conseil inter-académique (InterAcademy Council, IAC), basé aux Pays-Bas, d'effectuer une étude "sur les procédures et méthodes" suivies par le Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec).
   
Celui-ci, lauréat du prix Nobel de la Paix et dont les recherches servent de base à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC), a été attaqué par les sceptiques du réchauffement climatique après avoir reconnu avoir commis une "regrettable erreur" en affirmant dans un rapport en 2007, que les glaciers de l'Himalaya "pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant".
   
Son directeur, l'Indien Rajendra Pachauri qui préside par ailleurs une société de conseil, a aussi été accusé d'être en position de conflit d'intérêt, ce qu'il dément.
   
"Que ce soit bien clair: la menace posée par le changement climatique est réelle. Rien de ce qui a été affirmé ou révélé dans les médias récemment ne modifie le consensus scientifique de fond sur le changement climatique", a affirmé M. Ban à la presse.
   
"Et cela ne diminue pas non plus l'importance du travail du Giec", a-t-il ajouté.
   
Reconnaissant l'existence "d'un petit nombre d'erreurs" dans le rapport de 2007, M. Ban a affirmé n'avoir vu "aucune preuve crédible qui permette de remettre en cause ses conclusions". Ce rapport affirmait que les activités humaines étaient pour une large part responsables du réchauffement.
   
"Nous devons agir sur la base des meilleures données scientifiques possible. Nous devons assurer une totale transparence, exactitude et objectivité et minimiser le potentiel d'erreur", a cependant dit M. Ban pour expliquer sa décision.
   
A ses côtés, M. Pachauri a indiqué que le Giec travaillait à son 5e rapport, qui devra "satisfaire à des critères scientifiques objectifs, crédibles et solides".
   
Affirmant que son groupe était "réceptif et sensible" aux récentes critiques, il a salué la décision de M. Ban qui permettra au Giec de "renforcer le processus de préparation de ses rapports".
   
Il a lui aussi réaffirmé cependant que les erreurs commises ne remettaient pas en cause les conclusions passées des travaux du Giec.
   
L'ONU avait annoncé le 26 février à Nusa Dua (Bali, Indonésie) son intention de "solidifier" les recherches sur lesquelles se base l'UNFCCC, pour tenter de calmer la polémique sur les travaux du Giec, surtout présente aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
   
L'IAC, dont le secrétariat est à Amsterdam, produit des rapports sur les grandes questions scientifiques, technologiques et sanitaires de notre temps à l'intention des gouvernements et des organisations internationales.
   
Son conseil de direction se compose notamment des présidents de 15 académies des sciences de différents pays.
   
Son co-directeur, Robbert Dijkgraaf, a déclaré à la presse que la tâche de l'IAC sera d'assurer qu'à l'avenir, les Etats recevront du Giec "des conseils scientifiques bien fondés".
   
Soulignant que l'IAC se bornerait à recommander des améliorations des procédures du Giec, il a fixé à fin août la date de remise de son rapport.

 

Première publication : 10/03/2010

  • ENVIRONNEMENT

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