10 mars 2010 - 16H17  

Mexique : Pachico a "inventé" un nouveau tourisme en caressant une baleine
Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme.
Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme.
Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques. Leur population augmente même de 3% par an, selon eux.
Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques. Leur population augmente même de 3% par an, selon eux.
Les 200 familles de la lagune de San Ignacio, qui ne vivaient que de la pêche, accueillent aujourd'hui près de 3.000 touristes pendant la saison, sur près de 20.000 qui viennent "aux baleines" sur cette côte de la péninsule.
Les 200 familles de la lagune de San Ignacio, qui ne vivaient que de la pêche, accueillent aujourd'hui près de 3.000 touristes pendant la saison, sur près de 20.000 qui viennent "aux baleines" sur cette côte de la péninsule.
Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme. Langue fr Durée 00:01:24 Produits PRWINT CodeName MMV110823 FileName MMV110823_TFR Pachico Mayoral, pêcheur Serge Dedina, Directeur de l'ONG Wild Coast Parmi les pêcheurs, Pachico est une légende locale.. Le premier homme de la région à avoir osé toucher une baleine !! C?était il y a presque 40 ans, a l?époque tout le monde, ici dans cette région de basse Californie au Mexique, on craignait les grands cétacés.. ((ITW PACHICO : personne ne voulait me croire quand je disais que j avais touché une baleine.. Les baleines on cherchait plutôt à les éloigner, on faisait du bruit avec nos bateaux pour qu?elles s en aillent? Et maintenant, vous avez toujours peur ? Oh non c est le contraire, j aimerais aller nager avec elles »)) Le geste de Pachico a signé le début d?une nouvelle forme de tourisme.. Depuis il emmène les visiteurs à bord de sa barque au plus prés des animaux, des baleines grises qui viennent chaque hiver du canada et d?Alaska pour se reproduire dans des eaux plus clémentes de cette lagune. Et tous les pêcheurs des alentours font de même, redonnant un peu de souffle à l?économie locale. ((ITW DEDINA : cette activité permet a de nombreuses familles de vivre. Elles sont encouragées à préserver l?éco-système et aussi les baleines.)) Le safari baleines tel qu?il se pratique ici devrait rester dans le domaine de l?éco-tourisme. Le nombre d embarcations autorisées est très limité. La zone est classée au patrimoine de l Unesco, et la baleine grise est une espèce qu?il faut protéger. Dans les années 90, un tiers d?entre elles ont disparu des suites du changement climatique. ------------------------------ Images tournées dans la lagune de San Ignacio en mas 2010. Credit AFPTV. ------------------------------ Dépêche de contexte Mexique-environnement-animaux,PREV Mexique: Pachico a "inventé" un nouveau tourisme en caressant une baleine (MAGAZINE) Par Gérard VANDENBERGHE =(PHOTO+VIDEO)= LAGUNE DE SAN IGNACIO (Mexique), 9 mars 2010 (AFP) - ¥Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme. "C'était en 1972, raconte Pachico, 69 ans, en pilotant sa barque dans la lagune de San Ignacio (nord-ouest). J'étais pêcheur, et nous avions peur des baleines grises, qui s'installent ici entre décembre et mars pour mettre leurs bébés au monde. Un jour, l'une s'est approchée et a sorti la tête de l'eau, juste devant moi. Elle ne semblait pas agressive, et je l'ai touchée, puis caressée"... "Au début, je n'ai pas trop osé en parler, car on me prenait pour un menteur ou un fou. Mais des collègues m'ont vu recommencer, et tout a commencé comme cela", sourit-il, les yeux plissés dans un visage sculpté par le soleil et les embruns salés. Ce qui a commencé, c'est un tourisme exclusif, basé sur la migration des baleines grises. Elles viennent chaque année d'Alaska et du Canada, où elles prennent des forces en se gavant de krill, accumulation de milliards de minuscules crevettes, pour s'accoupler et donner naissance à leurs baleineaux. La zone est maintenant une réserve protégée, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et le tourisme y est résolument écologique. Dans le camp que Pachico gère avec son fils Jesus et toute la famille, les clients dorment dans cinq cabanes de bois, sur la plage. Six camps similaires jalonnent la lagune: douches et toilettes collectives, une grande tente sert de salle à manger, des panneaux solaires et des éoliennes fournissent l'électricité. "Nous voulons du développement durable, pas d'extension hôtelière à la manière des stations balnéaires", explique Pachico. Les quelque 200 familles de la lagune de San Ignacio, qui ne vivaient jusqu'alors que de la pêche, accueillent maintenant près de 3.000 touristes pendant la saison, sur près de 20.000 qui viennent "aux baleines" sur cette côte de la péninsule. Ecotourisme de règle sur l'océan également: 26 barques au total pour la lagune, et pas plus de 16 à la fois sur l'eau. Cette maîtrise du développement fait des frustrés, des pêcheurs qui voudraient eux aussi se reconvertir, mais ils doivent s'incliner devant la majorité. "Pour compenser, nous leurs achetons leur poisson à un prix majoré", explique Raul, un des "turisteros". Il souligne aussi qu'en fin de saison, tous redeviendront pêcheurs jusqu'à la saison suivante, au retour des baleines. Des organisations écologistes ont aidé les habitants de la lagune à faire interdire en 2000 l'interdiction d'un projet d'extension d'un immense complexe de marais salants du groupe japonais Mitsubishi. "Cette lagune est un modèle unique au monde de développement durable. Il ne s'agissait pas seulement de protéger les baleines, mais tout un écosystème maritime et terrestre", explique le Dr Serge Dedina, directeur de l'association environnementale américano-mexicaine Wildcoast-Costasalvaje (côte sauvage). Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques: leur population augmente même de 3% par an, selon eux. "J'aimerais aller nager avec elles, mais c'est interdit", murmure Pachico sur sa barque, alors qu'une baleine d'une trentaine de tonnes s'approche, avec son baleineau qui folâtre. Elle vient vers lui, la tête à fleur d'eau. Il la caresse, puis dresse ses deux pouces en l'air avant de fermer le poing sur sa poitrine, les yeux fermés. - "Pachico, il y a longtemps que vous aviez touché une baleine? - "Ca fait deux jours"...
Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme. Langue fr Durée 00:01:24 Produits PRWINT CodeName MMV110823 FileName MMV110823_TFR Pachico Mayoral, pêcheur Serge Dedina, Directeur de l'ONG Wild Coast Parmi les pêcheurs, Pachico est une légende locale.. Le premier homme de la région à avoir osé toucher une baleine !! C?était il y a presque 40 ans, a l?époque tout le monde, ici dans cette région de basse Californie au Mexique, on craignait les grands cétacés.. ((ITW PACHICO : personne ne voulait me croire quand je disais que j avais touché une baleine.. Les baleines on cherchait plutôt à les éloigner, on faisait du bruit avec nos bateaux pour qu?elles s en aillent? Et maintenant, vous avez toujours peur ? Oh non c est le contraire, j aimerais aller nager avec elles »)) Le geste de Pachico a signé le début d?une nouvelle forme de tourisme.. Depuis il emmène les visiteurs à bord de sa barque au plus prés des animaux, des baleines grises qui viennent chaque hiver du canada et d?Alaska pour se reproduire dans des eaux plus clémentes de cette lagune. Et tous les pêcheurs des alentours font de même, redonnant un peu de souffle à l?économie locale. ((ITW DEDINA : cette activité permet a de nombreuses familles de vivre. Elles sont encouragées à préserver l?éco-système et aussi les baleines.)) Le safari baleines tel qu?il se pratique ici devrait rester dans le domaine de l?éco-tourisme. Le nombre d embarcations autorisées est très limité. La zone est classée au patrimoine de l Unesco, et la baleine grise est une espèce qu?il faut protéger. Dans les années 90, un tiers d?entre elles ont disparu des suites du changement climatique. ------------------------------ Images tournées dans la lagune de San Ignacio en mas 2010. Credit AFPTV. ------------------------------ Dépêche de contexte Mexique-environnement-animaux,PREV Mexique: Pachico a "inventé" un nouveau tourisme en caressant une baleine (MAGAZINE) Par Gérard VANDENBERGHE =(PHOTO+VIDEO)= LAGUNE DE SAN IGNACIO (Mexique), 9 mars 2010 (AFP) - ¥Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme. "C'était en 1972, raconte Pachico, 69 ans, en pilotant sa barque dans la lagune de San Ignacio (nord-ouest). J'étais pêcheur, et nous avions peur des baleines grises, qui s'installent ici entre décembre et mars pour mettre leurs bébés au monde. Un jour, l'une s'est approchée et a sorti la tête de l'eau, juste devant moi. Elle ne semblait pas agressive, et je l'ai touchée, puis caressée"... "Au début, je n'ai pas trop osé en parler, car on me prenait pour un menteur ou un fou. Mais des collègues m'ont vu recommencer, et tout a commencé comme cela", sourit-il, les yeux plissés dans un visage sculpté par le soleil et les embruns salés. Ce qui a commencé, c'est un tourisme exclusif, basé sur la migration des baleines grises. Elles viennent chaque année d'Alaska et du Canada, où elles prennent des forces en se gavant de krill, accumulation de milliards de minuscules crevettes, pour s'accoupler et donner naissance à leurs baleineaux. La zone est maintenant une réserve protégée, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et le tourisme y est résolument écologique. Dans le camp que Pachico gère avec son fils Jesus et toute la famille, les clients dorment dans cinq cabanes de bois, sur la plage. Six camps similaires jalonnent la lagune: douches et toilettes collectives, une grande tente sert de salle à manger, des panneaux solaires et des éoliennes fournissent l'électricité. "Nous voulons du développement durable, pas d'extension hôtelière à la manière des stations balnéaires", explique Pachico. Les quelque 200 familles de la lagune de San Ignacio, qui ne vivaient jusqu'alors que de la pêche, accueillent maintenant près de 3.000 touristes pendant la saison, sur près de 20.000 qui viennent "aux baleines" sur cette côte de la péninsule. Ecotourisme de règle sur l'océan également: 26 barques au total pour la lagune, et pas plus de 16 à la fois sur l'eau. Cette maîtrise du développement fait des frustrés, des pêcheurs qui voudraient eux aussi se reconvertir, mais ils doivent s'incliner devant la majorité. "Pour compenser, nous leurs achetons leur poisson à un prix majoré", explique Raul, un des "turisteros". Il souligne aussi qu'en fin de saison, tous redeviendront pêcheurs jusqu'à la saison suivante, au retour des baleines. Des organisations écologistes ont aidé les habitants de la lagune à faire interdire en 2000 l'interdiction d'un projet d'extension d'un immense complexe de marais salants du groupe japonais Mitsubishi. "Cette lagune est un modèle unique au monde de développement durable. Il ne s'agissait pas seulement de protéger les baleines, mais tout un écosystème maritime et terrestre", explique le Dr Serge Dedina, directeur de l'association environnementale américano-mexicaine Wildcoast-Costasalvaje (côte sauvage). Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques: leur population augmente même de 3% par an, selon eux. "J'aimerais aller nager avec elles, mais c'est interdit", murmure Pachico sur sa barque, alors qu'une baleine d'une trentaine de tonnes s'approche, avec son baleineau qui folâtre. Elle vient vers lui, la tête à fleur d'eau. Il la caresse, puis dresse ses deux pouces en l'air avant de fermer le poing sur sa poitrine, les yeux fermés. - "Pachico, il y a longtemps que vous aviez touché une baleine? - "Ca fait deux jours"...

AFP - Dans la péninsule mexicaine de Basse Californie, sur le Pacifique, Pachico Mayoral est une légende vivante, celle du premier homme à avoir osé caresser une baleine, geste fondateur d'une nouvelle forme de tourisme.

"C'était en 1972", raconte Pachico, 69 ans, en guidant sa barque dans la lagune de San Ignacio (nord-ouest).

"J'étais pêcheur, et nous avions peur des baleines grises, qui s'installent ici entre décembre et mars pour mettre leurs bébés au monde. Un jour, l'une s'est approchée et a sorti la tête de l'eau, juste devant moi. Elle ne semblait pas agressive, et je l'ai touchée, puis caressée"...

"Au début, je n'ai pas trop osé en parler, car on me prenait pour un menteur ou un fou. Mais des collègues m'ont vu refaire le geste, et tout a commencé comme cela", sourit-il, les yeux plissés dans un visage sculpté par le soleil et les embruns salés.

Ce qui a commencé, c'est un tourisme exclusif, basé sur la migration des baleines grises. Elles viennent chaque année d'Alaska et du Canada, où elles prennent des forces en se gavant de krill, accumulation de milliards de minuscules crevettes, pour s'accoupler et donner naissance à leurs baleineaux.

La zone est maintenant une réserve protégée, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et le tourisme y est résolument écologique.

Dans le camp que Pachico gère avec son fils Jesus et toute la famille, les clients dorment dans cinq cabanes en bois, sur la plage. Six camps similaires jalonnent la lagune: douches et toilettes collectives, une grande tente pour salle à manger, des panneaux solaires et des éoliennes fournissant l'électricité.

"Nous voulons du développement durable, pas d'extension hôtelière comme les stations balnéaires", explique Pachico.

Les 200 familles de la lagune de San Ignacio, qui ne vivaient que de la pêche, accueillent aujourd'hui près de 3.000 touristes pendant la saison, sur près de 20.000 qui viennent "aux baleines" sur cette côte de la péninsule.

Ecotourisme sur l'océan également: 26 barques au total pour la lagune, mais pas plus de 16 à la fois sur l'eau.

Cette maîtrise du développement fait des frustrés, des pêcheurs qui voudraient eux aussi se reconvertir, mais ils doivent s'incliner devant la majorité.

"Pour compenser, nous leurs achetons leur poisson à un prix majoré", explique Raul, un des "turisteros". Il souligne qu'en fin de saison, tous redeviendront pêcheurs jusqu'à l'année suivante, au retour des baleines.

Des organisations écologistes ont aidé les habitants de la lagune à faire interdire en 2000 un projet d'extension d'un immense complexe de marais salants du groupe japonais Mitsubishi.

"Cette lagune est un modèle unique au monde de développement durable. Il ne s'agissait pas seulement de protéger les baleines, mais tout un écosystème maritime et terrestre", explique Serge Dedina, directeur de l'association environnementale américano-mexicaine Wildcoast-Costasalvaje (côte sauvage).

Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques. Leur population augmente même de 3% par an, selon eux.

"J'aimerais aller nager avec elles, mais c'est interdit", murmure Pachico sur sa barque, alors qu'une baleine d'une trentaine de tonnes s'approche, avec son baleineau qui folâtre.

Elle vient vers lui, la tête à fleur d'eau. Il la caresse, puis dresse ses deux pouces en l'air avant de fermer le poing sur sa poitrine, les yeux fermés.

- Pachico, il y a longtemps que vous n'aviez pas touché une baleine?

- Ca fait deux jours...

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