10 mars 2010 - 16H27  

Mort de l'imam égyptien Tantaoui, chef de la grande institution sunnite d'Al-Azhar
Cheikh Mohamed Sayed Tantaoui, grand imam d'Al-Azhar (Egypte), la plus haute institution d'enseignement de l'islam sunnite, est décédé mercredi en Arabie saoudite d'une crise cardiaque, ont annoncé les médias officiels égyptiens.
Cheikh Mohamed Sayed Tantaoui, grand imam d'Al-Azhar (Egypte), la plus haute institution d'enseignement de l'islam sunnite, est décédé mercredi en Arabie saoudite d'une crise cardiaque, ont annoncé les médias officiels égyptiens.
Homme d'allure discrète, portant une barbe courte et habitué à parler à voix basse, cheikh Tantaoui avait été nommé en mars 1996 par le président Hosni Moubarak à la tête d'Al-Azhar, prestigieuse institution considérée comme le premier lieu d'enseignement de l'islam sunnite dans le monde.
Homme d'allure discrète, portant une barbe courte et habitué à parler à voix basse, cheikh Tantaoui avait été nommé en mars 1996 par le président Hosni Moubarak à la tête d'Al-Azhar, prestigieuse institution considérée comme le premier lieu d'enseignement de l'islam sunnite dans le monde.

AFP - Cheikh Mohamed Sayed Tantaoui, grand imam d'Al-Azhar en Egypte, la plus haute institution d'enseignement de l'islam sunnite, est décédé mercredi en Arabie saoudite d'une crise cardiaque, ont annoncé les médias officiels égyptiens.

Modéré, proche du pouvoir mais aussi controversé, âgé de 81 ans, il est décédé dans la matinée d'une attaque foudroyante, alors qu'il se trouvait à l'aéroport de Ryad pour regagner Le Caire.

Le religieux était en Arabie saoudite pour assister à la remise du prix international du roi Fayçal mardi soir.

La télévision égyptienne a diffusé des images de la mosquée d'Al-Azhar sur fond de musique solennelle après l'annonce de sa disparition.

Il doit être inhumé à Médine (Arabie saoudite), l'une des grandes villes saintes de l'islam, a indiqué l'un de ses fils.

"Le monde islamique et arabe perdent un homme de savoir et un jurisconsulte qui s'était consacré à tout ce qui pouvait être bon pour l'islam et pour les musulmans", a déclaré la direction d'Al-Azhar dans un communiqué.

Homme d'allure discrète, portant une barbe courte et habitué à parler à voix basse, l'imam Tantaoui avait été nommé en mars 1996 par le président Hosni Moubarak à la tête de la prestigieuse institution, considérée comme le premier lieu d'enseignement de l'islam sunnite dans le monde et un centre important de diffusion de fatwas (décrets religieux) destinées au monde sunnite.

L'université d'Al-Azhar, attachée à la mosquée du même nom dans le vieux Caire islamique, a été fondée au Xe siècle et accueille des étudiants de l'ensemble du monde musulman.

"C'était un homme d'une grande piété, un homme saint, une référence pour l'Egypte comme pour tout le monde sunnite", estime Mohammad Abd el Saleh, un retraité du quartier d'Al-Azhar.

"Je l'aimais énormément, mais certains Egyptiens n'appréciaient pas que Tantaoui s'immisce dans les affaires politiques du pays", relevait en revanche Mohammad el Hizbi, un jeune Indonésien étudiant à cette université.

L'enseignement d'Al-Azhar est censé faire contrepoids à la montée de l'islam radical.

Cheikh Tantaoui a ainsi à plusieurs reprises pris des positions modérées sur des questions religieuses sensibles, dans un pays de plus en plus gagné par un islam rigoriste inspiré par les Frères musulmans et le salafisme.

En octobre, il avait soulevé une vive controverse en affirmant que le niqab, ou voile intégral, qui ne laisse voir que les yeux des femmes, n'était "qu'une tradition", pas une obligation religieuse.

Il a également condamné le terrorisme et estimait que "l'extémisme est l'ennemi de l'islam".

Il s'est par le passé également opposé à l'excision des fillettes, que son prédécesseur, l'ultra-conservateur cheikh Gad al Haq, approuvait.

En 2008, il avait été critiqué pour une poignée de main avec le président israélien Shimon Peres lors d'une conférence à New York. Il avait à l'époque affirmé ne pas savoir à qui il serrait la main.

Son autorité souffrait toutefois aux yeux de nombreux fidèles de sa proximité avec le pouvoir, et de la montée en puissance des Frères musulmans, première force d'opposition du pays.

Diplômé de la Faculté de théologie en 1966, il a écrit un grand nombre de livres sur l'interprétation du Coran.

Il est né en 1928 dans le village de Salim, dans la province de Sohag, à 290 km au sud du Caire.

Le religieux, diabétique, avait déjà souffert de problèmes cardiaques. Il avait dû subir la pose d'un cathéter en 2006, et avait été hospitalisé en 2008 pour une thrombose à une jambe.

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