AFP - A trois jours du premier tour de régionales qui s'annoncent périlleuses pour la droite, les deux rivaux de l'UMP, Xavier Bertrand et Jean-François Copé, s'affichent ensemble à Bordeaux sur les terres de leur ancien mentor, Alain Juppé, mais en faisant le service minimum.
Le secrétaire général de l'UMP et le patron des députés du parti présidentiel devaient faire estrade commune dans la soirée, pour la deuxième fois en deux jours après le meeting de Marseille.
Mais en cette fin de campagne, si l'UMP joue la carte de l'union de la droite, point trop n'en faut pour ces deux-là, venus soutenir le ministre Xavier Darcos, en situation très délicate face au président sortant de la région Aquitaine Alain Rousset (PS).
Selon le programme diffusé par la section UMP de la 9e circonscription de Gironde, le trio devait en effet visiter des caves viticoles, faire une halte à la Maison du Sauternes et tenir une petite réunion avec des militants UMP au "Cercle des amis" de Langon.
Las, seuls MM. Copé et Darcos ont finalement été de la partie, M. Bertrand ne les rejoignant qu'en soirée pour le meeting au Palais des Congrès de Bordeaux, avec le maire de la ville, Alain Juppé.
"Bertrand a annulé", indique-t-on dans le clan Copé. "Je ne pouvais pas arriver plus tôt en raison de l'enregistrement d'un débat avec Martine Aubry", a expliqué à l'AFP M. Bertrand.
Depuis plusieurs semaines, les deux hommes, dont l'inimitié est notoire -"on ne partirait pas en vacances ensemble", a lancé un jour M. Copé-, y mettent les formes. M. Bertrand a pris l'initiative d'un déjeuner avec M. Copé début février. A Marseille ils se sont affichés ensemble avec plusieurs autres leaders de la majorité.
"Nous sommes ici avec Jean-François ce soir pour vous dire qu'une famille politique qui est rassemblée, qui est unie, elle sait relever tous les défis", a ainsi lancé Xavier Bertrand. "Campagne des régionales ou pas, il est important qu'on travaille de façon vraiment complémentaire", ajoute-t-il à l'AFP.
"Depuis janvier, j'ai enclenché un processus où j'ai tendu la main à tous ceux qui disent du mal de moi. Quand on est dans la difficulté, il est normal que la famille soit rassemblée", déclare pour sa part à l'AFP Jean-François Copé.
Avant d'ajouter: "l'élément important, c'est que je reparle avec Nicolas Sarkozy de façon plus soutenue et plus amicale". Une façon de souligner que lui se situe au niveau du chef de l'Etat.
Quoi qu'il en soit, l'affiche Bertrand-Copé ne fait pas illusion à l'UMP. "On dirait Martine Aubry et Ségolène Royal bras dessus bras dessous au fameux meeting de Rezé, à la veille des européennes. Personne n'y a cru et on a vu le résultat", persifle un baron de l'UMP.
Olivier Besancenot, leader du NPA, était tout aussi ironique mercredi soir en meeting à Paris : "Eux deux, ils ont la dalle. Ils ont les mêmes ambitions: prendre la place de Nicolas Sarkozy. Foncez, les gars !"
De fait, ces quadragénaires croient tous deux en leur destin même s'ils ont adopté des tactiques opposées. L'un, Jean-François Copé, a annoncé ses ambitions élyséennes pour 2017 dès le début du quinquennat et ne rate jamais une occasion de faire entendre sa petite musique. L'autre, Xavier Bertrand, se met toujours dans la roue du président de la République et tait ses visées.
Ce qui ne l'empêche pas de lâcher, en petit comité: "le plus ambitieux n'est pas celui que vous pensez".






