11 mars 2010 - 14H57  

Discrimination: la droite face à une nouvelle polémique à la veille d'élections
Déjà embarrassée ces derniers mois par plusieurs polémiques sur l'immigration, la droite française était confrontée jeudi au dérapage d'un de ses dirigeants, Gérard Longuet, pour qui une personnalité d'origine algérienne ne devrait pas diriger l'autorité de lutte contre les discriminations.
Déjà embarrassée ces derniers mois par plusieurs polémiques sur l'immigration, la droite française était confrontée jeudi au dérapage d'un de ses dirigeants, Gérard Longuet, pour qui une personnalité d'origine algérienne ne devrait pas diriger l'autorité de lutte contre les discriminations.
En septembre 2009, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux déclarait à propos d'un jeune militant UMP d'origine algérienne: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".
En septembre 2009, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux déclarait à propos d'un jeune militant UMP d'origine algérienne: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".

AFP - Déjà embarrassée ces derniers mois par plusieurs polémiques sur l'immigration, la droite française était confrontée jeudi au dérapage d'un de ses dirigeants, Gérard Longuet, pour qui une personnalité d'origine algérienne ne devrait pas diriger l'autorité de lutte contre les discriminations.

Gérard Longuet, président du groupe UMP des sénateurs, a dit mercredi préférer voir nommer quelqu'un du "corps français traditionnel" plutôt que Malek Boutih, un socialiste d'origine algérienne à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), où il est pressenti pour remplacer Louis Schweitzer.

"La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait! Un vieux protestant, parfait! La vieille bourgeoisie protestante, parfait!", a-t-il affirmé lors d'une émission commune à la Chaîne parlementaire, à la radio France Info et à l'AFP.

"Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. (...) Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a insisté M. Longuet.

Une déclaration jugée "malheureuse" à droite, qui a immédiatement soulevé l'indignation de la gauche et des associations anti-racistes.

Et qui tombe particulièrement mal pour la majorité à la veille d'élections régionales où le camp du président Sarkozy est promis à une cuisante défaite selon les sondages.

Dès mercredi, le numéro 2 du parti socialiste (PS) Harlem Désir a dénoncé les "relents racistes" de propos qui "sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale".

Dans la foulée, le porte-parole du PS Benoît Hamon a jugé que "le rapport de la droite à l?immigration est consternant", en référence à de précédents dérapages verbaux et à un débat controversé sur l'identité nationale jugé "stigmatisant" pour les 5 à 6 millions de musulmans de France.

Ainsi en septembre 2009, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux déclarait à propos d'un jeune militant UMP d'origine algérienne: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".

Deux mois plus tard, sa collègue en charge de la Famille, Nadine Morano exigeait d'un "jeune musulman" qu'il se sente français, trouve du travail et cesse de mettre sa casquette à l'envers.

Dernier scandale: mi-février, des élus UMP de la région parisienne accusent à tort Ali Soumaré, d'origine malienne et candidat socialiste aux régionales, d'être un "multi-récidiviste chevronné".

Jeudi matin, la gauche estimait qu'un nouveau cap inacceptable avait été franchi, rappelant le passé de militant d'extrême droite du sénateur Longuet.

De fait, pour ajouter à l'embarras de la majorité, c'est Jean-Marie Le Pen lui-même, le président du Front national (extrême droite), qui lui apportait son soutien sur le fond, se disant "d'accord avec (sa) déclaration", et l'accusant de venir braconner sur ses terres à la veille du scrutin.

Visiblement gênée par ce nouveau dérapage, la majorité a tenté de le minimiser: le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a jugé les déclarations de M. Longuet "plutôt regrettables" et "pas très compréhensibles", tandis que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo se disait "rassuré" par les nouvelles déclarations du sénateur qui s'est dit "désolé d'avoir choqué", sans pour autant retirer ses propos.

Peu convaincu, le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault réclame désormais une intervention du chef du gouvernement qui, selon lui, doit "condamner très fermement" les propos "d'un haut responsable de l'UMP qui défigurent la République".

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