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Amériques

Sebastian Pinera, le "Berlusconi chilien" à la tête d'un pays à reconstruire

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 12/03/2010

Douze jours après le séisme qui a frappé le Chili, Sebastian Pinera succède à la très populaire Michelle Bachelet. Chantre d'une droite décomplexée, il a la lourde tâche de mener la reconstruction du pays sans renier l'héritage de son prédécesseur.

C’est en entrepreneur rapide et efficace que le nouveau président du Chili, Sebastian Pinera, devrait s’atteler au premier chantier qui l’attend : la reconstruction d’un pays frappé par un puissant tremblement de terre, le 27 février. La "locomotive", comme l’appellent ces compatriotes, n’entend pas perdre une minute. Et l’a déjà fait savoir : les membres de son équipe ont reçu un chronomètre en guise de cadeau de bienvenue.

Celui qui haranguait les foules en se présentant comme le "moteur du changement populaire" et promettait une croissance de 6 %, la création d’un million d’emplois ainsi que la construction de 600 000 logements devra, avant tout, dépenser entre 15 et 30 milliards de dollars pour reconstruire les infrastructures du pays.

Le fossé est grand entre l’ancienne présidente Michelle Bachelet, socialiste, agnostique, mère célibataire et proche de son peuple, et Sebastian Pinera, multimillionnaire, à la tête de la droite chrétienne, marié à une adepte de chirurgie esthétique et qui a défrayé la chronique en arguant que sa famille avait surmonté la crise… en cessant d’acheter du Coca-Cola !

Si Bachelet quitte le pouvoir avec une cote de popularité record de 84 %, Pinera reste optimiste. A 61 ans, cet homme élégant, grand amateur de chemises en soie et de souliers italiens sur mesure, incarne un symbole de réussite pour beaucoup de Chiliens.

Immobilier, compagnie aérienne, club de foot, chaîne de télé...

Economiste formé à Harvard, ancien fonctionnaire de la Banque mondiale et de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), Pinera a fait fortune dans les affaires.

Avec un capital estimé à 1, 2 milliard d’euros par le magazine "Forbes", le nouveau numéro un chilien est l’un des hommes les plus riches du pays. Ses opposants le surnomment le "Berlusconi chilien".

Après avoir introduit, au début des années 1980, les cartes de crédit au Chili, un marché dont il détient toujours 86 % des parts, il a investi dans l’immobilier, les pharmacies et les systèmes privés de santé. Il poursuit sur sa lancée en prenant le contrôle de la compagnie aérienne Lan Chile, du club de football Colo Colo et de la chaîne de télévision Chile Vision.

Un appétit que l’homme d’affaires a dû parfois assouvir au détriment de la loi. En 2007, Sebastian Pinera a payé une amende de 670 000 dollars pour délit d’initié. En juillet 2009, une ancienne ministre de la Justice a avoué l’avoir couvert pour une fraude bancaire de 240 millions de dollars commise dans les années 1980.

Dénonçant une manœuvre politique, Pinera s’emploie à se protéger des controverses. Il a notamment revendu ses actions de la compagnie aérienne Lan Chile, faisant taire l’opposition qui dénonçait un conflit d’intérêts.

Affranchi de l’héritage de la dictature et des lobbies conservateurs, le nouveau chef de l’Etat chilien incarne une droite décomplexée, prête à développer l’économie du pays sans toucher à l’héritage social de Bachelet. Ne lui reste qu’à conquérir le cœur de ses compatriotes, comme l’avait fait son prédécesseur.

 

Première publication : 11/03/2010

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