Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Reportage : le pape François fait sa révolution au Vatican

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

SUR LE NET

La disparition du vol d'AirAsia bouleverse la Toile

En savoir plus

L'ENTRETIEN

RD Congo : enquête au cœur du parc des Virunga

En savoir plus

L’EUROPE DANS TOUS SES ÉTATS

La Suède : un modèle pour tous ? (partie 2)

En savoir plus

SUR LE NET

Des opérateurs indépendants au secours des campagnes françaises

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Il neige en hiver"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Disparition du vol AirAsia : un coup dur pour la compagnie low-cost

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Afghanistan : treize ans d'échecs"

En savoir plus

Economie

Des soupçons de protectionnisme planent sur l'affaire des avions ravitailleurs

Texte par Christophe JOSSET

Dernière modification : 11/03/2010

Après le retrait forcé de la candidature d'EADS pour l'obtention d'un important contrat portant sur des avions militaires américains, les Européens ne décolèrent plus, qui y voient une manœuvre de Washington destinée à favoriser l'avionneur Boeing.

Le retrait forcé d'Airbus de l'appel d'offres, pour 35 milliards d'euros, d'avions militaires ravitailleurs américains au profit exclusif de Boeing, désormais seul en lice, fait naître des accusations de manœuvres de protectionnisme de la part de Washington.

Filiale d'EADS, le constructeur aéronautique européen a perdu, lundi, son allié crucial sur le sol américain pour répondre à ce contrat, Northrop Grumman, qui s'est finalement retiré à moins de 60 jours de l'échéance.

Le patron d'Airbus, Thomas Enders, a dénoncé, dans un entretien accordé mardi au quotidien économique Financial Times Deutschland, un appel d'offres "biaisé en faveur d'un avion plus petit et moins performant de la concurrence". De son côté, le ministre allemand de l'Économie, Rainer Brüderle, s'est indigné le même jour de "la pression politique" qui s'est transformée en "un appel d'offres sur mesure pour Boeing".

"Manquement grave"

"Les changements de critères sur l'appel d'offres entre 2008 et 2010 montrent, conjointement avec l'arrivée de la crise économique, que le climat à Washington a changé", explique à France24.com Nicola Clark, journaliste américaine, spécialiste aéronautique pour le New York Times et International Herald Tribune. "Il y a des craintes, pas vraiment justifiées, de voir un consortium européen faire disparaître des emplois américains."

Protectionnisme américain ? Lors d'un déplacement à Berlin, mercredi, le Premier ministre français, François Fillon, n'a pas mâché ses mots sur l'attitude des États-Unis, qu’il qualifie de "manquement grave aux règles qui sont celles d'une concurrence loyale entre nos économies".

"Il n'est pas inconvenant de parler d'un recentrage protectionniste, confie à France24.com Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique (EGE). Après le changement de conjoncture économique, on assiste à un recentrage de la politique américaine, qui va chercher à favoriser ses propres intérêts industriels."

Des discussions discrètes ?

Du côté d'EADS, le PDG Louis Gallois n'a pas caché son "énorme frustration", jeudi, au micro de RTL. "Ça nous aurait permis d'installer aux Etats-Unis une chaîne d'assemblage". Et, partant, de concurrencer directement Boeing sur son sol.

Ce contrat aéronautique militaire est "un enjeu qui peut avoir des répercussions financières et symboliques très fortes, analyse pour sa part Christian Harbulot. Il n'est pas impossible qu'il y ait eu une négociation de l'administration américaine avec Northrop, des discussions discrètes, surtout sur un secteur aussi stratégique", affirme-t-il. Une version que Nicola Clark ne prend pas au sérieux. "Northrop est très puissant à Washington, avec son propre lobby, explique-t-elle. Une telle manœuvre ne me paraît pas réaliste."

Le contrat avait été gagné par Boeing en 2003 avant d'être annulé pour irrégularités, puis remporté par Airbus et Northrop Grumman en 2008, avant d'être de nouveau résilié.

Ce troisième appel d'offres doit arriver à échéance le 10 mai. Airbus peut-il trouver, en moins de 60 jours, un nouveau partenaire américain ? De l'aveu même de Louis Gallois, cela paraît "très improbable".

Première publication : 11/03/2010

  • AÉRONAUTIQUE

    Paris accuse Washington de favoriser Boeing au détriment d'Airbus

    En savoir plus

  • AÉRONAUTIQUE

    EADS renonce à un super-contrat avec l'US Air Force

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)