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Asie - pacifique

Des Iraniennes récompensées pour bloguer contre vents et marées

Texte par Tony TODD

Dernière modification : 12/03/2010

Un groupe de journalistes iraniennes a été récompensé pour son travail de promotion de la liberté de la presse et du droit des femmes dans un pays qui réprime intensément les médias.

Promouvoir les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et YouTube comme outil incontournable au service des mouvements sociaux : tel est le combat de la blogueuse iranienne Parvin Adalan.

Cette militante et écrivain s'est rendue à Paris, jeudi, pour recevoir un prix Google et Reporters Sans Frontières (RSF) au nom des vingt femmes qui ont fondé le site Internet we-change.org, en 2006.

"La réactivité et l’usage sans précédent des médias sociaux par les Iraniens lors des manifestations qui ont secoué l’Iran après l'élection présidentielle contestée de juin dernier est une très bonne nouvelle", a-t-elle confié à FRANCE 24.

Médias et mouvements sociaux


Face à l’inconstance des médias traditionnels, les réseaux sociaux sont devenus incontournables en Iran… à condition qu'ils se fassent l'écho d'un réel mouvement social, avertit Adalan.

"Les Iraniens ont utilisé tous les types de médias sociaux après les élections. Ça a été très important, mais les raisons mêmes de protester n’ont pas disparu", explique-t-elle.

"Après l'élection, la réaction internationale a été une bonne chose. Mais, petit à petit, les gouvernements étrangers se sont adressés directement à Téhéran, menaçant les autorités iraniennes de sanctions à cause du nucléaire. Du coup, la couverture de la protestation populaire par les médias traditionnels a diminué. Ce dont on a besoin, c’est de mouvements sociaux. On a besoin de développer des mouvements sans frontières."

La censure en ligne


Le groupe d’Adalan a reçu le prix "Net-citoyen" pour son combat pour la liberté d’expression en ligne en Iran.

Lors de la remise du prix à Paris, le vice-président de Google, David Drummond, a rappelé que l’Iran et la Chine, qui poursuivent systématiquement les dissidents du Net, font partie des régimes les plus menaçants à l’égard des libertés individuelles.

Google a récemment annoncé qu’il se retirerait de Chine à cause des mesures de censure prises par Pékin contre Internet et de la surveillance des adresses Gmail de certains dissidents du régime, révélée récemment.

Le prix du Net-citoyen a été décerné à la veille de la Journée mondiale contre la cybercensure. RSF, qui diffuse chaque année une liste des pays accusés d’avoir "un comportement inquiétant à l’égard d’Internet", a ajouté cette année l’Australie, la Corée du Sud, la Turquie et la  Russie à la liste des Etats restreignant la liberté d’expression de leurs citoyens.

Première publication : 12/03/2010

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