12 mars 2010 - 15H57  

Robert Badinter envoie sa "vieille ennemie", la guillotine, au musée
La "vieille ennemie" de Robert Badinter, la guillotine, ouvre l'exposition "Crime et châtiment" au musée d'Orsay à partir du 16 mars. Pour l'ancien garde des Sceaux, la transformation en "objet de musée" de la Veuve est un "symbole éclatant" de l'abolition de la peine de mort.
La "vieille ennemie" de Robert Badinter, la guillotine, ouvre l'exposition "Crime et châtiment" au musée d'Orsay à partir du 16 mars. Pour l'ancien garde des Sceaux, la transformation en "objet de musée" de la Veuve est un "symbole éclatant" de l'abolition de la peine de mort.
Défenseur de Roger Bontems, l'avocat a accompagné à la guillotine cet homme de 27 ans le 28 novembre 1972 à la prison de la Santé. "Jusque-là, j'avais été un partisan de l'abolition. Dorénavant, j'étais un adversaire irréductible de la peine de mort", a-t-il raconté dans son livre "L'abolition" (Fayard).
Défenseur de Roger Bontems, l'avocat a accompagné à la guillotine cet homme de 27 ans le 28 novembre 1972 à la prison de la Santé. "Jusque-là, j'avais été un partisan de l'abolition. Dorénavant, j'étais un adversaire irréductible de la peine de mort", a-t-il raconté dans son livre "L'abolition" (Fayard).
"Il est apparu que la guillotine obsède la période couverte par l'exposition (1789 à 1939). Elle est partout, dans les romans, les oeuvres littéraires, chez les peintres et les feuilletonnistes", dit Robert Badinter.
"Il est apparu que la guillotine obsède la période couverte par l'exposition (1789 à 1939). Elle est partout, dans les romans, les oeuvres littéraires, chez les peintres et les feuilletonnistes", dit Robert Badinter.

AFP - La "vieille ennemie" de Robert Badinter, la guillotine, ouvrira l'exposition "Crime et châtiment" au musée d'Orsay à partir de mardi. Pour l'ancien garde des Sceaux, la transformation en "objet de musée" de la Veuve est un "symbole éclatant" de l'abolition de la peine de mort.

Robert Badinter, qui a fait voter l'abolition de la peine capitale en septembre 1981, présente avec l'académicien Jean Clair une passionnante exposition consacrée à la vision du crime par les artistes.

"Ma vieille ennemie sera là", déclare l'ancien ministre socialiste dans un entretien à l'AFP. "La guillotine, transformée en objet de musée! On ne peut pas rêver un symbole plus éclatant de l'abolition de la peine de mort", souligne le sénateur des Hauts-de-Seine.

Défenseur de Roger Bontems, l'avocat a accompagné à la guillotine cet homme de 27 ans le 28 novembre 1972 à la prison de la Santé. "Jusque-là, j'avais été un partisan de l'abolition. Dorénavant, j'étais un adversaire irréductible de la peine de mort", a-t-il raconté dans son livre "L'abolition" (Fayard).

"C'est cette guillotine-là que je voulais retrouver" pour l'exposition, explique M. Badinter.

Le visiteur découvrira l'engin de mort, qui a été utilisé jusqu'en 1977, dès la première salle. "Mais elle sera recouverte d'un voile noir, comme pendant la Terreur, où on la laissait sur la place de la Révolution, la place de la Concorde actuelle", indique M. Badinter.

"Nous avons débattu sur l'opportunité de l'exposer. Il est apparu que la guillotine obsède la période couverte par l'exposition (1789 à 1939). Elle est partout, dans les romans, les oeuvres littéraires, chez les peintres et les feuilletonnistes", dit-il. La direction du musée d'Orsay s'est laissée convaincre par Robert Badinter et Jean Clair.

Les deux hommes avaient dû auparavant jouer les limiers pour retrouver la Veuve, surnom donné à la guillotine.

"Après l'abolition de la peine de mort, en 1981, je ne voulais pas que la guillotine se perde. Elle appartient à l'histoire de la justice", souligne M. Badinter.

"J'ai écrit à Jacques Chirac, alors maire de Paris, pour lui dire que je souhaitais que la guillotine soit conservée dans un musée parisien. J'ai ajouté qu'elle ne devait pas être montrée avant 25 ans, le temps que les passions s'apaisent", raconte-t-il.

"Les 25 ans sont écoulés et avec Jean Clair, nous avons eu beaucoup de mal à la retrouver", dit en souriant l'ancien ministre.

"Le musée Carnavalet n'en avait pas voulu car il s'agissait d'une guillotine contemporaine et qu'il ne prenait que les guillotines révolutionnaires".

"La direction des musées l'avait alors donnée au musée des Arts et traditions populaires. Elle était démontée, dans des caisses conservées dans la cave. Puis il s'est avéré que le musée était amianté. Il a fallu le fermer et ses collections ont été dispersées. On ne savait plus où était la guillotine", relate M. Badinter.

"L'administration pénitentiaire m'a appelé un jour pour me dire qu'on l'avait retrouvée au musée pénitentiaire de Fontainebleau. Nous y sommes allés avec Jean Clair mais c'était celle du bagne de Cayenne et celle de la Réunion", dit-il.

"Celle que je connaissais avait été envoyée au musée de la Renaissance d'Ecouen qui, à juste titre, n'en avait pas voulu. L'armée, obligeante, l'a alors mise dans une casemate au Fort d'Ecouen", raconte-t-il.

"Quand je l'avais vue à la prison de la Santé en 1972, j'avais été surpris par sa dimension, par ses grands bras maigres dressés. Elle était comme une de ces vieilles idoles devant lesquelles on procède à des sacrifices humains", poursuit-il.

"Mais tout cela, c'est de l'histoire", conclut l'ancien ministre.

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