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Afrique

La police parvient à éviter un affontement entre pro et anti-Gnassingbé

Vidéo par Emmanuelle SODJI , Damien COQUET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/03/2010

Adversaires et partisans de Faure Gnassingbé, réélu à la présidence du Togo le 4 mars, ont défilé ce samedi dans les rues de Lomé, la capitale togolaise. La police a réussi à empêcher des affrontements entre les deux cortèges.

AFP - Le parti au pouvoir de Faure Gnassingbé, officiellement vainqueur de la présidentielle du 4 mars au Togo, et l'opposition, qui conteste les résultats, ont manifesté séparément samedi à Lomé avant de se retrouver face à face dans le centre de la capitale.

Les uns fêtaient leur "victoire", les autres dénonçaient "le vol de leur vote".

Initialement, les deux cortèges devaient se dérouler dans deux zones bien séparées de Lomé. Mais en fin de matinée, ils ont débouché sur la place centrale de la ville, et les forces de l'ordre ont immédiatement mis en place une zone de séparation, dans une ambiance tendue.

"Venez, vous allez voir!", criaient les uns. "On vous attend!", ripostaient les autres.

Du côté du RPT (Rassemblement du peuple togolais, au pouvoir), la manifestation avait commencé dans une ambiance festive, avec des milliers de personnes chantant, dansant et criant "Vive Faure!".

Ils étaient tous vêtus de t-shirts blancs à l'effigie de Faure Gnassingbé, surnommé "le jeune" en référence à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui régna sans partage sur le Togo pendant 38 ans.

"Nous sommes sortis pour soutenir le jeune parce qu'il a gagné. Il faut qu'on le laisse terminer son deuxième mandat parce qu'il a fait beaucoup de choses pour ce pays", a déclaré à l'AFP Ali Alazou, un responsable associatif.

M. Gnassingbé arrivé au pouvoir en 2005, à la mort de son père, a été élu président lors d'une élection très contestée qui avait été suivie de violences meurtrières (400 à 500 morts selon l'ONU).

Il a été officiellement réélu avec 60,92% de voix à la présidentielle du 4 mars, qui s'est déroulée dans le calme.

Comme pour répondre aux accusations de l'opposition, qui dénonce des résultats "frauduleux", une grande pancarte brandie par les manifestants RPT affichait : "le chien aboie, la caravane passe".

A quelques encablures, dans le quartier populaire de Bè, fief de l'opposition, le cortège avait débuté dans une ambiance plus tendue. L'Union des Forces de changement (UFC) de Jean-Pierre Fabre avait aussi mobilisé des milliers de gens, dont beaucoup de jeunes, surexcités. Certains ont pris à partie des journalistes, dont celui de l'AFP, les accusant de "créer des problèmes" et de propager des "mensonges".

"Où est mon vote, je le veux!", criaient les manifestants habillés en jaune, la couleur de l'UFC, en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "vainquons ou mourons, mais dans la dignité".

"A chaque fois, ils (le parti au pouvoir, ndlr) nous volent, mais cette fois ci nous allons leur montrer que nous sommes vigilants, nous ne lâcherons pas", expliquait à l'AFP un conducteur de taxi moto, Yves Messan.

Une précédente manifestation de l'opposition mardi à Lomé, interdite par le gouvernement, n'avait rassemblé que quelques centaines de personnes, et avait été rapidement dispersée par les forces de l'ordre.

Le candidat de l'UFC, Jean-Pierre Fabre, présent dans la manifestation de samedi, revendique la victoire à l'élection. Crédité par la Commission électorale nationale indépendante de 33,94% des suffrages, il affirme que ces résultats sont "frauduleux".

Selon les observateurs de la Cédéao (Communauté des Etats d'Afrique de l'ouest), le scrutin a été "libre" mais il y a eu des "insuffisances" concernant l'authentification des bulletins de vote.

M. Fabre a dénoncé dans un entretien vendredi au journal français Le Journal du Dimanche en ligne la "complaisance de la communauté internationale vis à vis du pouvoir" au Togo.

L'Union Africaine (UA) a entériné la victoire de Faure Gnassingbé. La France s'est pour le moment abstenue, attendant la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle.
 

Première publication : 13/03/2010

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