Dernière modification : 14/03/2010 

- Thaïlande - Thaksin Shinawatra


Les "chemises rouges" se rassemblent à Bangkok et défient le gouvernement

Des dizaines de milliers de partisans de l'ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra s'apprêtent à marcher en direction du camp militaire situé à une vingtaine de kilomètres de Bangkok, où le gouvernement s'est retranché, lundi.

Par Christophe DANSETTE (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP -  Des dizaines de milliers de "chemises rouges" ont lancé un ultimatum au gouvernement thaïlandais en promettant de marcher lundi vers le camp militaire où il s'est retranché, sous les injonctions depuis son exil à l'étranger de l'ex-Premier ministre, Thaksin Shinawatra.

Les organisateurs affirment que plus de 100.000 personnes sont venues du nord et du nord-est du pays, bastion pro-Thaksin, pour réclamer la chute du gouvernement. La police a évoqué pour sa part 86.000 manifestants.

Par Cyril PAYEN, correspondant en Thaïlande

Une foule bigarrée d'ouvriers et surtout de paysans vêtus de rouge a convergé depuis vendredi vers la capitale dans camions, cars et pick-ups. Ils ont aussi été nombreux à descendre de petites embarcations sur les quais du fleuve Chao Phraya, en plein centre-ville.

Leur dernier rassemblement, en avril 2009, avait fait deux morts et une centaine de blessés et les autorités ont multiplié les avertissements en affirmant que tout débordement serait réprimé. Mais aucune tension n'a été réellement perceptible dans la chaleur écrasante de Bangkok, où la manifestation était encadrée par environ 6.300 membres des forces de l'ordre.

Au total, 50.000 soldats, policiers et civils volontaires ont été déployés dans et autour de la capitale pour sécuriser les bâtiments officiels et fouiller les manifestants aux entrées de la ville.

Les "rouges" ont pourtant durci leur discours, en lançant un ultimatum au gouvernement d'Abhisit Vejjajiva, indiquant qu'ils marcheraient lundi à 09h00 (02h00 GMT) vers la base militaire où le gouvernement a installé un quartier général de crise, à environ 20 kilomètres du centre-ville.

"Nous irons écouter la réponse du gouvernement, au 11e régiment d'infanterie où il s'est installé", a indiqué Natthawut Saikuar. "S'ils refusent de répondre à nos revendications, nous annoncerons la prochaine étape".

La manifestation intervient deux semaines après la saisie de plus de la moitié de la fortune de Thaksin, jugé coupable d'abus de pouvoir et de conflit d'intérêts lorsqu'il dirigeait le pays (2001-2006). L'homme d'affaires, seul Premier ministre thaïlandais à avoir jamais été réélu, avait été renversé par un coup d'Etat.

Abhisit Vejjajiva, Premier ministre thaïlandais
"Je veux rassurer les gens sur le fait que le gouvernement n'a aucun projet de répression de la manifestation. Le gouvernement n'en tirerait aucun bénéfice."
 

"Nous voulons justice et égalité", a clamé Thaksin dans un discours à ses partisans par vidéo-conférence depuis un lieu inconnu dimanche soir.

"Rien n'est plus fort que le pouvoir du peuple. Je demande à toutes les +chemises rouges+ de ne pas abandonner. Ce n'est pas le problème d'une personne, nous combattons pour la justice", a-t-il affirmé, se jugeant victime de "tyrans au sein de l'élite".

Les "rouges" considèrent Thaksin comme le seul homme politique à s'être préoccupé de leur sort. Les élites de la capitale, notamment les "chemises jaunes" royalistes, lui reprochent son populisme, son affairisme et la menace qu'il représente selon elles contre la monarchie.

Abhisit, arrivé au pouvoir fin 2008 par le jeu de renversements d'alliances parlementaires et qui conserve aujourd'hui le soutien de l'armée, a réaffirmé sa détermination.

"J'ai le droit de finir mon mandat car j'ai été élu au Parlement comme d'autres précédents Premiers ministres", a-t-il justifié, en ajoutant que le gouvernement n'avait "aucun projet de répression de la manifestation".

Une loi de sécurité exceptionnelle a été adoptée. Mais l'état d'urgence ne sera décrété que "selon certains critères et circonstances", a-t-il ajouté.

Les responsables "rouges" avaient affirmé ces dernières semaines viser le million de personnes, une surenchère purement rhétorique pour un mouvement qui avait rassemblé à son maximum 100.000 personnes l'an passé.

 

Commentaires (3)

rouge democratie jaune dictature

//Je peux donc vous affirmer sans crainte de me tromper que le
Merci Roger pour ton commentaire, entièrement du même avis
by Carlito (non vérifié) - 18/03/2010 - 12:08

***Installé en Thaïlande depuis plusieurs mois***
//soutien au mouvement de l'UDD et des Red Shirts est très minoritaire au sein des provinces et campagnes de Thaïlande// : vous partial je trouve !

Vous ne connaissez absolument pas la Thaïlande et les thaïlandais !

ceux du nord sont le plus gros de l electorat de thaksin et du parti politique puea thai (pro chemise rouge)

A l époque : le parti démocrate plus vieux parti de Thaïlande qui a été créé par les militaires (avec le soutien de la monarchie)(au moment ou l on voulais détruire le trt (le parti de thaksin)on voulait aussi détruire le parti démocrate ! : il fallut une intervention indirect du roi de Thaïlande pour sauver le parti démocrate : le roi de Thaïlande avait dit qu il fallait des partis politique dans une démocratie....on a donc garder le parti qui ne lui faisait pas de l ombre tout au contraire ;-)
a l epoque le parti democrate : maxi 7 millions de membre et celui du trt (thaksin) plus de 15 millions de membres !

thaksin fait de l ombre vous savez a qui ? non ? aller un peu d effort qui est le plus populaire et respecté en Thaïlande ? ;-)

Cyril PAYEN n est pas parfait mais lui il connait au moins la thailande et vous je ne crois pas ?

votre ami e thaïlandaise a la chemise jaune ?

Merci Roger pour ton commentaire, entièrement du même avis

Installé en Thaïlande depuis plusieurs mois dans une petite ville le long de la frontière birmane et vivant quotidiennement les préoccupations des Thaïs des campagnes et des zones urbaines des provinces, je vous demande de bien vouloir revoir sérieusement votre analyse affirmant que le conflit politique actuel en Thaïlande se résume à une lutte entre populations urbaines minoritaires issues de la classe moyenne et l'essentiel de la population, prétenduemment rurale et défavorisée. C'est une interprétation totalement biaisée, simpliste et sans nuance de la situation proposée par des médias occidentaux qui comprennent mal les réalités thaïes. La pauvreté et les laissés-pour-compte du fulgurant développement économique du pays sont certes une réalité, mais la constitution d'une véritable classe moyenne des provinces, parfois richissime, et son influence indéniable sur l'amélioration des niveaux de vie des populations rurales en est également une autre. Je peux donc vous affirmer sans crainte de me tromper que le soutien au mouvement de l'UDD et des Red Shirts est très minoritaire au sein des provinces et campagnes de Thaïlande. La population issue des villes moyennes et des campagnes du Centre (Phitsanoulok, Korat, Petchabun), du Nord (Chiang Mai) et du Nord-Est (Issan) du pays est très largement favorable au gouvernement actuel et ne voit dans les chemises rouges qu'un mouvement d'agitateurs politiques dévoués au clan Shinawatra et à son leader charismatique Thaksin, que d'ailleurs une très large proportion de Thaïs exècre pour son populisme, son côté affairiste et corrompu à souhait et son comportement souvent irrévérencieux envers la famille royale et la sacrosainte institution qu'est la monarchie thaïe. Par conséquent, je vous encourage vivement à mener un vrai travail d'investigation et de compréhension de la société thaïe actuelle et de vous abstenir de diffuser de si grossières contre-vérités à l'aide de reportages parfois "légers", menés par vos correspondants sur place, qui doivent être un peu trop accrochés à l'excitation urbaine, à la vie trépidante et aux folies de Bangkok, si différente du reste du pays, pour en sortir et aller à la rencontre de la majorité des citoyens Thaïs des provinces et des campagnes, afin d'en rapporter des analyses un peu plus précises, circonstanciées et nuancées, offrant un reflet aussi fidèle que possible des réalités sociales et économiques de la société Thaïe qui sous-tendent les présentes tensions politiques. Merci de votre considération et mes chaleureux encouragements pour le remarquable travail d'information et d'investigation que vous réalisez la plupart du temps. D'où mon étonnement quant au peu de sérieux de vos reportages et analyses liés à la présente crise politique en Thaïlande...

red short and lies from the news

en 2009 nous avons eu plus de 400 personnes tuees et brulees par les forces de l'ordre,et non pas deux morts et une centaine de blesses...
Je vous invite a envoyer sur place de vrais reporters qui prennent leurs infos sur le terrain et non dans les salons de massage....
excusez ma colere,mais en ecoutant le journal de midi,j'ai vu rouge,sans jeu de mots...je vis a bangkok depuis de nombreuses annees,je ne fais pas de politique,mais la verite est bonne a dire,......
A part cela merci d'exister j'aime beaucoup votre station ainsi que l'ensemble des journalistes et animateurs ....

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