AFP - Quelque 87% de la population mondiale ont un accès à l'eau potable mais 39% sont toujours dépourvus d'installations sanitaires de base, indique un rapport conjoint de l'Organisation mondiale de la santé et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) publié lundi.
En 2008, 5,9 milliards de personnes avaient accès à de l'eau potable, soit 1,8 milliard de plus qu'en 1990, souligne le nouveau document du Programme conjoint OMS/Unicef de suivi de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement.
Sur cette base, l'objectif du Millénaire pour le développement (OMD) prévoyant de réduire de moitié le nombre de personnes qui n'ont pas accès à de l'eau potable entre 1990 et 2015, devrait être atteint, voire dépassé, relève-t-il.
Selon le rapport qui fait état de grandes disparités régionales ainsi qu'entre villes et campagne, ces progrès ont été soutenus par des améliorations significatives en Chine et en Inde alors que plus d'un tiers des 884 millions de personnes qui n'ont toujours pas accès à de l'eau potable vivent en Afrique subsaharienne.
Concernant l'assainissement, les nouvelles sont moins bonnes, relèvent les auteurs du rapport. Selon eux, l'objectif du Millénaire prévoyant de réduire de moitié le nombre de personnes qui n'ont pas accès à ces services entre 1990 et 2015 ne devrait pas être atteint.
"Plus de 2,6 milliards de personnes sont toujours dépourvues d'accès à un système d'assainissement amélioré", soulignent-ils. Et "si la tendance actuelle se poursuit, la communauté internationale manquera" cet objectif "de près d'un milliard d'habitants", préviennent-ils.
La situation est d'autant plus inquiétante, selon eux, que l'eau et l'assainissement ont des conséquences cruciales pour la santé.
Ils "sont un des principaux facteurs de développement des deux grands tueurs d'enfants, la pneumonie et la diarrhée", a expliqué la responsable de l'eau et de l'assainissement environnemental à l'Unicef, Clarissa Brocklehurst, lors d'une téléconférence.
"On estime qu'1,5 million d'enfants en dessous de cinq ans meurent chaque année d'une maladie liée à la diarrhée. Et 88% (de ces décès) sont dus à des mauvaises installations sanitaires", a-t-elle ajouté, insistant: "l'hygiène a un rôle clé pour réduire le nombre de ces décès".
De fait, le problème de la défécation à ciel ouvert, faute de toilettes, n'est toujours pas résolu.
Cette "pratique, la plus antihygiénique de toutes", est certes passée de 25% dans le monde en 1990 à 17% en 2008, mais elle reste encore très répandue en Asie du Sud, où l'on estime que 44% de la population continue à déféquer à ciel ouvert, souligne le rapport.






