AFP - Le procès des transferts douteux du Paris SG entre 1998 et 2003 s'ouvre lundi au tribunal correctionnel de Paris, jusqu'au 14 avril, avec notamment les ex-présidents Laurent Perpère et Francis Graille dans le box, mais sans le moindre joueur ni actionnaire de l'époque.
Initiée en 2003 par des dénonciations de l'ex-défenseur Francis Llacer recueillies par la police judiciaire (PJ) de Versailles, l'instruction a finalement requalifié les accusations "d'abus de biens sociaux" en "travail dissimulé" et "faux et usages de faux", la justice n'ayant pas "caractérisé des faits d'enrichissement personnel".
Les faits antérieurs à 1998 étant prescrits, l'enquête, éclairée par les ex-financiers du PSG Pierre Frelot et Rodolphe Albert, porte sur les conditions des transferts de certains joueurs et les contrats individuels de droit à l'image passés avec Nike, le sponsor du PSG.
Pour l'accusation, le PSG et Nike, tous deux prévenus en compagnie de nombreux agents sportifs, ont cherché, via des montages financiers, à verser des compléments de salaires aux joueurs en leur faisant signer des faux contrats avec l'équipementier.
"Nike achetait le droit à l'image des joueurs, explique à l'AFP Olivier Metzner, l'avocat de la marque américaine. La justice prétend que c'était en fait des sur-salaires. Mais il y avait une contre-partie en échange du paiement. Au départ, la justice a eu le sentiment d'être tombée sur une plus grosse affaire que ça et elle est peut-être déçue du résultat".
De nombreux faits imputés aux prévenus, qui ont depuis bénéficié de non-lieux partiels, ont ainsi déjà été abandonnés.
Les ex-dirigeants du club, d'abord M. Perpère jusqu'en 2003 puis M. Graille qui en a hérité, sont également poursuivis pour avoir mis frauduleusement en place avec Nike un système d'amendes forfaitaires à destination des joueurs qui ne bénéficiaient pas d'un contrat individuel avec Nike et portaient des équipements de marques différentes.
"M. Perpère assume les opérations qui lui sont reprochées mais il conteste leur caractère frauduleux", estime ainsi son avocat.
L'autre versant du procès concerne les relations entre les dirigeants du club et les agents qui, selon le parquet, bénéficiaient de conventions et autres mandats de recherche de joueurs reposant sur de faux documents.
Certains joueurs figurant au dossier mais qui n'ont finalement jamais portés les couleurs du PSG sont ainsi accusés d'avoir servis de monnaie d'échange pour attirer ou prolonger d'autres professionnels.
Les cas les plus flagrants "d'irrégularités" et reconnues comme telles par la défense tournent autour du Nigérian Okocha, de l'Argentin Heinze et du Serbe Boskovic.
Le nom du fantasque Brésilien Ronaldinho, recruté grâce à un ingénieux montage financier, ne figure en revanche pas au programme du procès.
Pas plus que ceux des joueurs cités dont la "responsabilité pénale" n'a pas été retenue par le juge Van Ruymbeke, grand amateur de football.
Alors que de nombreux prévenus s'interrogent sur son degré de connaissance des cas étudiés, plutôt élevé selon eux, l'ex-actionnaire et propriétaire du club Canal+, qui a revendu le club en 2006 à Colony Capital en échange d'une garantie de passif pour toutes les sanctions judiciaires visant le PSG à l'issue du procès, ne figure pas non plus au rang des accusés.
Si le club comparaîtra, Canal+ s'est porté partie civile, tout comme la fédération et l'Urssaf qui, de sources concordantes, n'a cependant pu évaluer avec précision le préjudice.
Les prévenus encourent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, 225.000 euros d'amende pour les personnes morales.






