15 mars 2010 - 16H58  

Trois agressions dans des trains d'IdF ravivent le débat sur la sécurité
Trois agressions durant le week-end, dont une au couteau contre des contrôleurs qui a entraîné une grève immédiate des cheminots de Paris-Saint-Lazare, ravivent le débat sur la sécurité dans les transports d'Ile-de-France, en particulier sur des lignes réputées difficiles.
Trois agressions durant le week-end, dont une au couteau contre des contrôleurs qui a entraîné une grève immédiate des cheminots de Paris-Saint-Lazare, ravivent le débat sur la sécurité dans les transports d'Ile-de-France, en particulier sur des lignes réputées difficiles.

AFP - Trois agressions durant le week-end, dont une au couteau contre des contrôleurs qui a entraîné une grève immédiate des cheminots de Paris-Saint-Lazare, ravivent le débat sur la sécurité dans les transports d'Ile-de-France, en particulier sur des lignes réputées difficiles.

"Il y a des trains réputés comme dangereux, des horaires plus difficiles", que d'autres, commente Gilles Desfrançois, délégué FO à la SNCF.

Et ce fut le cas pour la première agression du week-end qui s'est déroulée samedi après-midi sur la ligne Mantes-la-Jolie-Paris. C'est l'heure à laquelle "des jeunes des cités se rendent à Paris, le plus souvent sans titres de transport", confie un enquêteur sous couvert d'anonymat.

Il est un peu plus de 14H00 quand quelques dizaines de jeunes montent dans un train à la gare des Mureaux (Yvelines). A l'intérieur des voitures sept contrôleurs tentent de vérifier leurs billets.

Très vite le ton monte et le contrôle dégénère. Bilan: un agent est atteint par un coup de couteau à la main, un autre est roué de coups, et trois autres sont plus légèrement blessés.

Mais alertée la police attend les agresseurs à deux stations de là, à Villennes-sur-Seine (Yvelines). Deux d'entre eux sont interpellés et devaient faire l'objet, lundi après-midi, d'une comparution immédiate au tribunal correctionnel de Versailles.

Dans les heures qui suivent, contrôleurs et conducteurs cessent le travail pour dénoncer l'insécurité et le trafic sera perturbé sur le réseau Paris-Saint-Lazare dimanche.

Pour Philippe Guiter, délégué Sud-Rail, agent de conduite du secteur Saint-Lazare, "si les contrôleurs se déplacent à 7 dans un train, c'est parce qu'à un ou deux le contrôle n'est plus possible, les enquêtes le montrent, la seule solution c'est se réapproprier le terrain, c'est d'avoir des gares ouvertes du premier au dernier train, avec des personnels et pas seulement avec des machines qui vendent des billets".

De son côté, la SNCF a annoncé à l'AFP la présence de deux compagnies de CRS en gare et à bord des trains, pendant plusieurs semaines sur la ligne Paris-Poissy-Mantes.

Autre ligne à problèmes, la ligne D du RER dans la traversée de la Seine-Saint-Denis. Dimanche matin vers 07H00 une rixe a opposé une vingtaine de jeunes. Les premiers, originaires de Seine-Saint-Denis, s'en seraient pris aux membres de l'autre groupe habitant Goussainville (Val-d'Oise).

Les agresseurs, munis de barres de fer et de couteaux, montés au Stade de France, seraient descendus à la gare de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) laissant derrière eux cinq jeunes blessés par armes blanches, dont deux plus gravement touchés, dont le pronostic vital n'est pas engagé, et trois autres plus légèrement atteints.

Enfin pour clore la série c'est un différend "plus banal", selon un policier, qui a eu lieu dimanche sur la ligne Dreux-Paris, "autre ligne sensible", à la hauteur de la gare de Versailles où trois voyageurs se sont affrontés pour le vol d'un baladeur MP3.

L'un a été blessé par arme blanche au ventre, l'autre au visage et le troisième à l'aine. Ils ont été interpellés à leur arrivée à la gare Montparnasse avant d'être conduits à l'hôpital.

Face à ces violences, pour Gilles Desfrançois "il faudrait une présence de contrôleurs dans tous les trains ce qui n'est pas le cas". "La sécurité des personnels c'est aussi celle des voyageurs", ajoute-t-il.

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