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FRANCE

L’UMP cherche des voix tous azimuts

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 15/03/2010

L’UMP, qui enregistre un camouflet historique au premier tour des régionales avec un score de 26,18%, cherche des voix du côté des abstentionnistes, des électeurs du FN mais aussi des écologistes qui ne voudraient pas d'alliance avec le PS.

Au sortir des résultats du premier tour des élections régionales - dominées par le Parti socialiste (29,48 % contre 26,18 % pour l’UMP) -, les bons résultats d'Europe Ecologie (12,47 %) et du Front national (11,74%) sont au centre des débats.

La confirmation de la bonne santé du parti écologiste et le retour de l’extrême droite au premier plan suscitent la convoitise des deux grands partis. Et l’un des enjeux du second tour pour les deux mastodontes que sont l’UMP et le PS sera de rallier à leur cause ces "électeurs dissidents".

Avec le soutien de plus d’un Français sur dix, le Front national a su profiter du climat identitaire complexe qui agite l’Hexagone. Mais pour l’UMP, l’exercice consistera avant tout à récupérer les électeurs du clan Le Pen tout en dissociant la politique d’immigration menée par le gouvernement des revendications lepénistes.

Un travail minutieux que le ministre de l’Immigration, Eric Besson, entamait déjà à la publication des premiers résultats. Interrogé par FRANCE 24, il a insisté sur le recul du FN depuis 2004 (en baisse de 3 points) dans des élections qui lui sont "traditionnellement favorables".

Eric Besson, ministre de l'Immigration

Mais au second tour, dimanche, le salut de l’UMP ne pourra être uniquement lié au report des quelques 12 % de votes en faveur du Front national. Outre les abstentionnistes, l’UMP lorgne également sur une autre frange du paysage politique : les électeurs d’Europe Ecologie.

Sur FRANCE 24, Cécile Dumoulin, députée UMP, a estimé que les partisans du mouvement de Cohn-Bendit et Duflot pouvaient constituer une cible de premier choix pour le parti de la majorité présidentielle : "Les électeurs qui se sont mobilisés pour l’écologie, on ne sait absolument pas si ce sont des électeurs de droite ou de gauche."

Cécile Dumoulin, députée UMP des Yvelines

Malgré tout, le pari s’annonce complexe, d’autant que les dirigeants d’Europe Ecologie semblent se diriger vers une alliance nationale avec le PS. Une hypothèse déjà évoquée au soir du scrutin par Eva Joly, députée européenne d’Europe Écologie, interrogée par FRANCE 24 : "Notre rôle est vraiment de revitaliser la gauche en France. […] Tous [nos] projets vont trouver leur place dans les accords que nous allons négocier avec les socialistes."

Eva Joly, députée européenne Europe Ecologie

Le mariage des listes de gauche, s’il est consommé, pourrait bien barrer la route à l’UMP.

Malgré cette situation presque inextricable, l’espoir est toujours de mise dans les rangs de l’UMP, grâce au réservoir de voix que constitue l’abstentionnisme. Une option vers laquelle s’est tournée le Premier ministre François Fillon dès dimanche soir, en appelant à la mobilisation générale. Une position suivie par l’ensemble des chefs de file de l’UMP.

Malgré tout, Georges Tronc, député UMP de l’Essonne et proche de Dominique de Villepin, insiste sur le fait qu’il ne faut pas tomber dans le piège de se dire qu’il ne s’agit que "d’un désengagement et un inintérêt". Pour lui, l’UMP doit avant tout ne pas se cacher derrière l’abstention pour expliquer sa situation et y voir "un message".

Georges Tronc, député UMP de l'Essonne

Mais pour Eric Besson, il ne s'agit pas "d'un vote sanction car l’abstention est très forte. Quand on veut sanctionner, on se déplace". Il reconnaît néanmoins que le vote des Français exprime "le résultat légitime des questions que se posent les Français sur la situation économique et sociale". Une interrogation qu’il justifie essentiellement par "la plus grande crise financière et économique que le monde ait eu à gérer depuis un siècle".

Reste qu’entre la poussée du mouvement écologiste, la bonne tenue du PS et l’effondrement du MoDem, l’UMP peine à comptabiliser ses pions. Un moindre mal pour le ministre de l’Immigration, qui évoque "la grande leçon des précédents scrutins", à savoir "qu’aucun parti, que ce soit l’UMP ou un autre, n’est propriétaire des [voix reportées]". Et d'ajouter : "Il y a un premier tour, et ensuite, c’est une autre partie qui commence." Et pour l’UMP, dimanche, la marge de manœuvre sera plutôt serrée.

Première publication : 15/03/2010

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