AFP - Un journaliste israélien arrêté dimanche soir en Egypte à la frontière avec Israël est interrogé par le Parquet militaire et risque d'être jugé par un tribunal militaire, a indiqué mardi à l'AFP un responsable des services de sécurité égyptiens.
Yotam Feldman est interrogé par le Parquet militaire à Al-Arich, dans le Nord-Sinaï, car "les autorités égyptiennes ne sont pas convaincues par les raisons qu'il a avancées pendant son (premier) interrogatoire pour sa présence dans la zone", a affirmé ce responsable.
Le Parquet militaire va décider du sort du journaliste, envoyé en Egypte par la chaîne de télévision israélienne privée 10 pour réaliser un reportage sur les migrants africains tentant de se rendre en Israël, a-t-il ajouté.
Il pourrait être déféré devant un tribunal militaire sous l'accusation d'"infiltration" et risque un an de prison avec sursis, selon la même source.
Le jeune homme avait été arrêté dimanche soir à la frontière en compagnie d'un migrant ghanéen. Il avait déclaré être entré de manière légale en Egypte par Taba dans le but de réaliser un reportage, ce qu'a confirmé sa chaîne à l'AFP.
Yotam Feldman a été "envoyé en Egypte pour effectuer un reportage sur les infiltrations de migrants en Israël (...). Nous sommes en contact avec les autorités égyptiennes et israéliennes pour obtenir sa libération", a affirmé lundi une porte-parole de la chaîne.
L'armée israélienne a également dit lundi qu'elle "s'efforçait d'obtenir sa libération".
Le journaliste, qui présentait des blessures aux mains après avoir vraisemblablement tenté de percer la clôture frontalière entre les deux pays, a d'abord été soigné à l'hôpital de Rafah avant d'être interrogé au poste de police de la même ville.
Il a ensuite été envoyé à Al-Arich mardi en compagnie du migrant ghanéen.
La frontière longue de 250 km entre les deux pays est devenue une zone de transit importante pour les migrants, les demandeurs d'asile ou les trafiquants de drogue contre lesquels Israël a demandé à l'Egypte de sévir.
Le gouvernement israélien a approuvé dimanche la construction d'une barrière de sécurité le long de cette frontière, qui n'est actuellement délimitée que par une clôture rudimentaire et poreuse, pour empêcher l'infiltration d'immigrants illégaux.
La police égyptienne ouvre régulièrement le feu sur ces migrants. Dix-neuf d'entre eux ont été abattus en 2009, et neuf depuis le début de l'année.
L'Egypte est très critiquée par des associations de défense des droits de l'Homme pour la dureté de sa politique envers ces migrants, qui disent vouloir se rendre en Israël pour échapper à la pauvreté et au racisme.






