Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

CAP AMÉRIQUES

Uruguay : la vie après Guantanamo

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Turquie : les Alévis, des musulmans à part

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Tunisie : vieux président pour jeune démocratie

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Comédies musicales, friandises, illuminations : les réjouissances de fin d'année !

En savoir plus

SUR LE NET

L'Unicef invite les enfants de Gaza à dessiner leur futur

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Gabon : un vent de contestation

En savoir plus

DÉBAT

Gabon : l'opposition demande le départ du président Ali Bongo

En savoir plus

DÉBAT

Trois attaques en France en 48 heures : un effet de mimétisme ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Le Père Noël habite en Chine"

En savoir plus

Nos grands reporters et nos correspondants aux quatre coins du globe vous proposent des reportages long format. Ils viennent ensuite les décrypter en plateau. Le samedi, à 20h40.

REPORTERS

REPORTERS

Dernière modification : 17/03/2010

Les "oubliés" du Katanga

Comme de nombreux enfants métis au Congo, ils sont nés d’un père japonais venu travailler au sud-est du pays, dans les mines du Katanga. Aujourd’hui, ils accusent leurs pères d’avoir voulu les tuer pour ne pas laisser de traces avant leur retour au Japon. Nos reporters ont rencontré ces hommes et ces femmes en quête d’une reconnaissance qu’on leur refuse.

Par dizaines, des femmes congolaises affirment que leurs enfants métis ont été tués systématiquement par leurs pères japonais, venus travailler dans la Province du Katanga, pendant les années soixante-dix. Leurs démarches juridiques et politiques sont restées lettre morte.

Des centaines de travailleurs japonais s’étaient installés dans la région minière de Kasumbalesa (frontière avec la Zambie, sud-est du Congo), entre 1972 et 1983 afin de faire tourner la principale mine de cuivre du Congo.

Avec une production de 5000 tonnes de cuivre brut par jour, il s’agissait du fleuron de l’industrie minière congolaise, alors première productrice de cuivre du monde.

Cependant, pour Yvonne Kaymba et ses voisines, cette présence rappelle de mauvais souvenirs. Au cimetière du village, elles nous montrent les tombes des enfants qu’elles ont eus avec ces travailleurs japonais de passage. Selon elles, les enfants ont été tués systématiquement sur demande de leurs pères japonais avant qu’ils ne retournent au Japon.

"Le docteur japonais a osculté mon enfant d’un an. Le lendemain, l’enfant est mort", explique Yvonne Kaymba.

Une dizaine de femmes nous ont livré des témoignages semblables. La plupart ont eu d’autres enfants depuis mais seuls leurs enfants métisses de père japonais sont décédés, affirment-elles.

Pour leur part, les quelques enfants métisses congolo-japonais nés à cette époque que nous avons rencontrés se présentent comme des "rescapés".

Nhanha Kamisawa, qui aujourd’hui monnaye ses charmes auprès des camionneurs de la région, a grandi cachée. "Nos grands-parents nous disaient « si vous allez en ville, on va vous tuer », c’est ainsi que nous avons grandi au village", explique-t-elle.

Tous les enfants métisses rencontrés affirment avoir grandi cachés et avoir survécu grâce à cela.

Kowe Karube tient une petite pharmacie. "Nos grands-parents évitaient de nous emmener à l’hôpital, c’est comme cela que nous avons pu nous en sortir et être rescapés", indique-t-il.

Des médecins japonais avaient alors pris en charge l’hôpital de la mine. Selon Sébastien Kahozi Muyumba, infirmier à la retraite, devenu aveugle aujourd’hui, le taux de mortalité était particulièrement élevé chez les enfants métisses de père japonais qui venaient s’y faire soigner. "On voyait que le taux de mortalité était élevé et on se demandait pourquoi. Il y en a qui disaient que les Japonais ne veulent pas laisser leurs enfants métisses ici chez nous. Alors, il y avait des soupçons qu’on les empoisonnait ", a-t-il indiqué.

Le règlement de l’usine était stricte. Les travailleurs japonais n’avaient pas le droit de fréquenter les filles des environs, indique un responsable de l’usine, aujourd’hui quasiment à l’arrêt.

Cependant, selon Martin Majende, Secrétaire Général de la SODIMICO (Société de Développement Industriel et Minier du Congo), les travailleurs japonais "ont trouvé parmi les Congolaises des belles filles et ont estimé qu’ils pouvaient partager un lit et un toit ensemble (…) C’est par contre chez eux où l’on ne pouvait pas rapatrier la progéniture".

A en croire de nombreux témoins, et le député Moïse Chokwe, qui milite pour une enquête parlementaire, les infanticides furent systématiques.

L’ambassade du Japon en République Démocratique du Congo a refusé de réagir à ces allégations. Une note verbale envoyée par le vice-ministre congolais des Affaires étrangères à l’Ambassade du Japon à Kinshasa le 6 octobre 2007 est restée sans réponse.

Idem pour les questions de FRANCE 24 auxquelles l’ambassade du Japon a refusé de réagir.

Par Marlène RABAUD , Arnaud ZAJTMAN

COMMENTAIRE(S)

Les archives

19/12/2014 Argentine

Argentine : le bilan Kirchner

La présidente argentine est adulée ou détestée. Celle qu’on surnomme "la nouvelle Eva Perón" ne laisse pas indifférent. En 2007, Cristina Kirchner succédait à son mari à la...

En savoir plus

10/02/2014 Cameroun

Centrafrique, le convoi de l’espoir

En Centrafrique, malgré la présence des militaires français venus en appui de la mission des Nations unies, sous la houlette de l'Union africaine, la situation reste tendue. Des...

En savoir plus

12/12/2014 Chine

Chine : "Africatown" à Canton

Avec 12 millions d’habitants, Canton, dans le sud de la Chine est la troisième ville la plus peuplée du pays, après Shanghai et Pékin. Depuis l'ouverture économique, il y a de...

En savoir plus

05/12/2014 Juifs

Les juifs français ont-ils raison d’avoir peur ?

"Pour la première fois depuis 70 ans, la France est devenue un pays d’émigration juive." Tel est le constat amer que dresse Joël Mergui, président du Consistoire central...

En savoir plus

28/11/2014 Liban

Liban : Chebaa au cœur de la poudrière

Chebaa, petit village sunnite du Sud-Liban, est situé au cœur du fief du Hezbollah, mais aussi au carrefour entre Israël et la Syrie. À l’heure où la guerre fait rage dans cette...

En savoir plus