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AFP - Plus que jamais chef de guerre, François Fillon a fermement rappelé à l'ordre mardi ceux qui dans la majorité veulent imputer à l'exécutif le revers du premier tour des régionales, s'en tenant au message verrouillé à l'Elysée: rien n'est joué, restons solidaires.
"Tous ceux qui veulent, par des critiques qui sont des critiques inutiles, affaiblir la majorité, commettent une faute contre cette majorité", a averti le Premier ministre, qui s'est imposé en chef de campagne pour son camp.
Sa venue inhabituelle au siège de l'UMP rue de la Boétie pour une conférence de presse où il était entouré de l'état-major et des alliés du parti présidentiel marque l'importance du recadrage.
Rappelant ses troupes au devoir de solidarité et de discipline, il a renvoyé les critiques à l'après second tour: il sera toujours temps, alors, "de tirer les enseignements de la manière dont les choses ont été conduites".
Dès dimanche soir, l'état-major de l'UMP convoqué à l'Elysée a reçu la consigne de réfuter sans nuance toute idée d'échec de la majorité et d'imputer l'absention historique à un désaveu de la gestion socialiste des régions.
Une source gouvernementale résume cette stratégie de communication: "on fait bloc et on positive".
Une posture relayée à l'envi par les responsables de la majorité, autant sur les plateaux télé et radio que dans les meetings, en premier chef par le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, qui s'interrogeait ainsi au soir du premier tour: "Il est où, le vote sanction ?".
Mais, comme autant de couacs dans une communication sans asperités, plusieurs voix se sont très vite élevées pour critiquer la stratégie d'union dès le premier tour ou l'ouverture sarkozienne.
Deux anciennes ministres, Rachida Dati et Christine Boutin, ont dès dimanche appelé à un retour aux "fondamentaux" de la droite pour rallier "des électeurs qui se sentent abandonnés" et votent FN. "Il est clair que nous n'avons pas su mobiliser notre électorat", admettait Chantal Jouanno (Ecologie), reconnaisant que l'UMP n'a pas fait une bonne campagne".
Certains ténors n'ont pas caché en privé leur inquiétude. "On sera bien contents si on sauve l'Alsace", reconnaît l'un d'eux. "La situation est telle qu'on a intérêt à être solidaires", lâche une autre.
Sur son blog, l'ancien Premier ministre Alain Juppé n'a pas lésiné sur la critique, pointant "l'affaiblissement de l'UMP qui va devoir méditer la désaffection dont elle est l'objet", ajoutant en direction de l'exécutif qu'une "réflexion s'impose désormais sur le rythme des réformes".
L'ex-ministre chiraquien Dominique Perben s'interroge, lui, sur les faiblesses de la tactique de rassemblement dès le premier tour et s'inquiète de la désaffection d'une partie de l'électorat traditionnel de la droite: "on a un problème avec les classes moyennes".
Plusieurs parlementaires ont été plus virulents encore. Dernier en date, Philippe Dallier, sénateur apparenté UMP de Seine-Saint-Denis, assure qu'"il faut vraiment être sourd" à l'UMP et au gouvernement pour "seriner" qu'il n'y a pas eu de "vote sanction" au premier tour des élections régionales.
"Ras-le-bol des spécialistes en communication et des fameux +éléments de langage+ !", a pesté ce proche de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.







