AFP - De 1.500 à 2.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, ont manifesté mercredi à Paris pour défendre le régime spécial des mineurs, protestant notamment contre la suppression de certains avantages en matière de frais de santé, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les manifestants, avec de nombreuses personnes âgées dans leurs rangs, se sont rassemblés devant la caisse nationale des mines (la CANSMM, XVe arrondissement) à l'appel d'une intersyndicale de mineurs (CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE/CGC), avant de défiler jusqu'au ministère de la Santé quelques centaines de mètres plus loin.
Devant le ministère, où une délégation a été reçue, ils ont entonné une Marseillaise, puis "Petit Papa Noël", et agité leurs banderoles ("Touche pas au régime minier", "Régime minier, promesses bafouées").
Leur principale revendication est l'annulation d'un décret du 31 décembre 2009, qui met fin à la prise en charge par leur régime de certaines dépenses comme les transports en ambulance vers un professionnel de santé, non pris en charge pour le commun des assurés.
Ce texte met fin également à la prise en charge de frais de déplacement et d'hébergement liés aux cures. Sont aussi visées des dépenses en médicaments en dehors des 63 pharmacies minières, pour lesquelles les affiliés du régime (180.000 en assurance-maladie) ne bénéficieront plus systématiquement de la gratuité.
La gratuité des soins, ou plus exactement l'absence de ticket modérateur, pour les assurés du régime, demeure pour tous les soins proprement dits, souligne de son côté la caisse nationale des mines.
"Mais les avantages qu'on avait en plus, c'était pour compenser la dureté du travail dans la mine, on ne les avait pas volés", a estimé Michel Pylip, 63 ans.
Les manifestants ont aussi demandé une revalorisation des retraites minières, qui fait l'objet de négociations avec le gouvernement. Ils ont aussi demandé que les personnels du régime minier, qui sont pratiquement les derniers actifs au sein du régime, ne perdent pas leur garantie d'emploi.
La vice-présidente du Front national Marine Le Pen a apporté "son soutien" aux mineurs qui manifestaient et demandé au gouvernement "de supprimer (l') ignoble décret qui fait honte à la République" touchant à leurs droits.
Marine Le Pen, tête de liste en Nord-Pas-de-Calais aux élections régionales, demande "au gouvernement de supprimer cet ignoble décret qui fait honte à la République, touchant aux droits des mineurs, dont la moyenne d'âge tourne aujourd'hui autour de 75 ans".
"S'attaquer aux plus faibles est particulièrement odieux", ajoute la députée européenne, soulignant que ces avantages avaient été accordés au mineurs "parce qu'ils avaient relevé la France après la guerre et parce que leur travail était l'un des plus pénibles".
"Cette nouvelle trahison de Nicolas Sarkozy envers les anciens mineurs intervient alors que leur pouvoir d'achat ne cesse de diminuer, contrairement aux promesses de campagne du président de la République", ajoute un communiqué.







