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AFP - Loin du trio des dames, Jean-Luc Mélenchon, un oeil vers 2012, finissait jeudi son tour de France de campagne des régionales à Limoges pour soutenir, au côté d'Alain Krivine, la liste "Limousin, terre de gauche" alliant PCF, PG et NPA, qui se maintient au deuxième tour.
Pendant que Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (Verts) et Marie-George Buffet (PCF) se félicitaient, dans un café branché parisien, de l'accord PS-Europe Ecologie-Front de gauche pour les régionales, le président du Parti de gauche (PG) a préféré fuir le "folklore" du point-presse des patronnes de partis auquel il n'était d'ailleurs pas invité.
"Je suis plus à l'aise aujourd'hui à soutenir les miens, que de prendre un café avec le parti qui les ostracise", confie l'ex-sénateur PS à l'AFP dans le train le menant à Limoges. "Une bonne partie des gens qui ont voté pour nous, n'ont pas voté pour ça", "ça m'étonnerait que les communistes trouvent ça délicieux".
Le Limousin est en effet la seule région où le Front de gauche ne s'est pas allié au PS pour le deuxième tour, les socialistes ayant refusé d'intégrer le NPA. Associée au parti d'Olivier Besancenot, l'alliance a obtenu ici 13,13% des voix au premier tour, derrière la liste PS, emmenée par le président sortant de la région, Jean-Paul Denanot (38,05%) et la liste UMP, conduite par Raymond Archer (24,16%).
M. Denanot a expliqué qu'il n'avait "pas pu faire la clarté sur la position du NPA" tandis que Stéphane Lajaumont, porte-parole du NPA local, estimait avoir été "conduit à se maintenir, par la faute entière et exclusive de la fédération PS de Haute-Vienne". Le FG-NPA emmené par Christian Audouin (PCF) s'est donc maintenu, fort du "miracle de la fraternité militante" au niveau local, selon M. Mélenchon.
Ce partisan d'un Die Linke à la française (La Gauche en Allemagne) qui parle de "cas chimiquement pur" de l'alliance en Limousin, définit ainsi son rôle : "au deuxième tour, je reste avec les miens pour mener la bataille pour les droits à l'existence et le respect de l'union" face "aux vieux marchands de tapis de la Haute-Vienne".
Après un détour par Brive (Corrèze) pour un sit-in de défense des services publics, M. Mélenchon devait rejoindre le Parc des expositions de Limoges en fin de journée pour un meeting aux côtés d'Alain Krivine (NPA) et Patrice Bessac (PCF).
Sur les routes depuis deux mois pour une vingtaine de réunions publiques le menant de Montpellier à Amiens et de Rodez à Nantes, sa campagne a pris quelques allures de pré-présidentielle. Un "petit côté marathon", reconnaît l'eurodéputé qui "vit mal" au Parlement européen et "ne rêve que de rentrer" en France où les communistes voient pourtant d'un mauvais oeil son éventuelle candidature à l'Elysée.
En attendant, il se méfie de la nouvelle "gauche plurielle" annoncée depuis le rassemblement du deuxième tour des régionales. "Ce qui peut être dangereux, c'est de lui faire dire plus que ce qu'il veut dire", note l'ex-ministre de Lionel Jospin, soulignant le "risque de renforcer l'abstention" dimanche.
Raillant les "conversions miraculeuses" après la chute du MoDem de François Bayrou au premier tour, il prévient que "rien ne dispensera le PS d'un débat honnête sur le fond" d'ici 2012.
"Si ce rassemblement signifie qu'ils ont renoncé à la stratégie d'alliance avec le centre, il faut que ce soit acté", demande-t-il, très méfiant sur les intentions de son ancien parti.





