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AFP - "J'aime l'idée de m'introduire chez les gens avec quelque chose de doux", explique Arthur H, à propos du double-album "Mystic Rumba", où il revisite son répertoire seul au piano, à la manière d'un tailleur "qui ressort ses plus beaux costumes de l'arrière-boutique".
Cela fait déjà 20 ans qu'Arthur H fait résonner sa voix grave et son univers singulier dans la chanson française.
Pour son treizième album studio, publié lundi, le musicien de 43 ans a choisi de s'installer seul au piano et de reprendre 21 titres de son répertoire, auxquels s'ajoutent trois inédits.
"Au départ, j'avais juste envie de faire une tournée pour me changer les idées après celle de +L'homme du monde+ (son précédent album paru en 2008, ndlr), qui était très électro-rock. J'avais besoin de ramasser toute cette énergie très explosive, de la concentrer dans son noyau", dit-il lors d'un entretien avec l'AFP.
"Et puis, je me suis dit pourquoi pas faire un disque ? La scène c'est magnifique, mais ça ne reste pas et j'aime l'idée de m'introduire chez les gens avec quelque chose de très agréable à écouter, de doux, de chaud", ajoute le chanteur.
Pour ce très beau "Mystic Rumba" (Polydor/Universal), il a choisi les "chansons les plus expressives, celles qu'un étranger pourrait ressentir sans comprendre la langue".
L'intention d'Arthur H n'était pas de "revisiter (sa) longue carrière de manière exhaustive" -- "je n'en suis pas là", dit-il -- et il s'est d'ailleurs concentré sur ces dix dernières années, "qui (lui) correspondent le plus".
Le musicien à l'air lunaire, qui réfléchit longuement avant de répondre, dit avoir voulu faire redécouvrir au public des chansons parfois passées trop inaperçues à son goût.
"C'est comme un commerçant qui a de super beaux costumes dans son arrière-boutique mais qui a l'impression que personne n'a vu leur qualité. Alors d'un coup, il prend ses vieux modèles et les met dans la vitrine pour que tout le monde les voit", explique-t-il.
Pour le chanteur, le fait de dépouiller ces chansons de leurs arrangements a aussi été un test.
"Une chanson à nu comme ça, on voit si elle a vraiment du caractère, si elle est bien écrite. Il n'y a aucun artifice, aucune barrière. C'est un exercice qu'on a rarement l'occasion de faire dans la vie, être très limpide, très clair par rapport à ses émotions", explique-t-il.
S'il s'est débarrassé depuis longtemps de l'étiquette de "fils de" Jacques Higelin, Arthur H reste, de son propre aveu, un insatisfait.
"J'ai souvent l'impression que tous mes disques sont des échecs", même "Adieu Tristesse" (2005) qui s'est vendu à 120.000 exemplaires ou "L'homme du monde, couronné de la Victoire de l'album rock de l'année en 2009, avoue-t-il.
Mais Arthur H reconnaît aussi des "satisfactions" : quand il va à la rencontre du public en concert, quand des gens lui disent que ses disques leur ont donné de l'énergie ou quand ses albums atteignent l'autre bout du monde.
"J'ai très envie de pouvoir écrire un jour de très belles chansons qui vont vraiment toucher les gens, des chansons de la hauteur de Gainsbourg ou de Brel, même si je ne sais pas si j'en serai capable", affirme-t-il.
"J'ai un but vraiment élevé parce que la musique, c'est ce qui met de la joie dans la société et les gens ont vraiment besoin d'entendre de très belles histoires pour ne pas être rattrapés par le côté obscur de la réalité", ajoute-t-il.






