AFP - Virginie Calmels, PDG d'Endemol France, premier producteur de téléréalité, a reproché vendredi au documentaire diffusé jeudi soir sur France 2, "Le temps de cerveau disponible", de faire un "procès d'intention un peu stalinien" contre les chaînes commerciales.
La patronne de documentaires de France Télévisions, Patricia Boutinard-Rouelle, a jugé cette critique "très mal venue".
"Nous avons proposé en novembre aux responsables d'Endemol, dont Virginie Calmels, et de TF1, de participer au documentaire. Ils ont refusé. Nous regrettons qu'ils n'aient pas donné leur point de vue", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"Le temps de cerveau disponible", de Christophe Nick, retrace l'évolution du divertissement à la télévision et s'inquiète des dérives de la téléréalité, en pointant du doigt notamment Endemol.
France 2, qui ne diffuse pas d'émissions de téléréalité, avait programmé la veille un documentaire choc du même auteur, "Le jeu de la mort", sur le pouvoir du petit écran.
Virginie Calmels, PDG d'Endemol, a estimé que "Le temps de cerveau disponible" était un "procès d'intention un peu stalinien sur ce que les chaînes vont faire demain".
"Je suis étonnée que le service public ait laissé faire un documentaire autant à charge contre les télévisions privées", a-t-elle réagi.
"Sous couvert d'une analyse intelligente, il dit des énormités. Il part du postulat que les producteurs et les chaînes sont dans une quête du toujours plus trash: c'est faux! Je ne crois pas à cette escalade du trash", a dit Mme Calmels, rappelant qu'Endemol France vient de se doter d'une "charte déontologique".
Selon Endemol, "les chaînes commerciales sont régulées par le business et les annonceurs limitent de facto la capacité à faire n'importe quoi. Elles sont dirigées par des gens responsables!", a-t-elle poursuivi, soulignant aussi le rôle de régulation du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Mme Calmels reproche au documentaire de "cristalliser" toutes les dérives sur la téléréalité alors que le genre est "plus bordé que la fiction" dont pourtant certains programmes "banalisent le meurtre".
"La télé est le média le plus régulé et le jeune public bien plus protégé que sur internet", selon elle.
Pour Mme Boutinard-Rouelle, il est "paradoxal de nier cette évolution de la télé tout en sentant le besoin d'édicter une charte".
Interrogée sur les audiences du "Jeu de la mort" (3,4 millions de téléspectateurs, 13,7% de part d'audience) qui n'ont placé France 2 qu'en troisième position mercredi soir, elle a souligné que ce documentaire "dérangeait". Elle a toutefois fait valoir que ce programme "générationnel" avait séduit les jeunes: 23% chez les 15-34 ans, score rarement atteint sur une chaîne publique.






