AFP - La conférence de la CITES devait examiner dimanche à Doha une proposition conjointe des Etats-Unis et de l'Union européenne visant à réguler les exportations de coraux rouges précieux, extraits des océans pour finir en collier.
La famille des coralliidae (ou Corallium), couvre 31 espèces de coraux rouges et roses de grand fond, dont sept seulement sont utilisées en joaillerie et en décoration. Mais les autres espèces sont tellement similaires qu'il s'agirait de faciliter les contrôles et le travail des douanes en les protégeant toutes.
Si cette proposition, inscrite dimanche à l'ordre du jour de la conférence, était adoptée, elle inscrirait ces coraux à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées (CITES), qui impose aux pays exportateurs et importateurs de faire la preuve de leur exploitation "durable".
Parmi les sept espèces visées, une se pêche en Méditerranée et six dans le Pacifique.
"Le Japon, Taïwan et la Méditerranée - notamment Espagne, Tunisie, Maroc et Italie - sont les trois principaux centres de récolte des coraux. Mais l'Italien, en particulier Torre del Greco au sud de Naples, est le principal centre pour l'industrie du corail", explique Ernie Cooper, de l'ONG Traffic.
Un kilo de corail brut se vend en moyenne 1.500 dollars, mais les perles qui sont fabriquées peuvent atteindre 30.000 à 50.000 dollars une fois travaillées.
"Même des toutes petites branches se vendent 250 à 300 dollars le kilo", indique le réseau Seaweb.
En 2007, la conférence de la CITES s'était prononcée en faveur du classement des coralliidae, mais la décision avait été renversée le dernier jour en séance plénière: un nouveau vote, à bulletin secret, avait invalidé la décision.
"C'était la première fois qu'une mesure initialement adoptée était renversée le dernier jour", se souvient Julia Robertson, membre de Seaweb.
"L'industrie avait mené un lobbying incroyable entre le travail en comité et la plénière du dernier jour, ajoute-t-elle. Nous avions sous-estimé son opposition".
La CITES, qui avait prévu d'ouvrir dimanche les débats sur les requins, devrait se pencher ensuite sur le requin-marteau. La journée de lundi doit être consacrée aux éléphants.







