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21 mars 2010 - 08H18  

Gare du Nord, la prostitution "occasionnelle" se développe avec la précarité
La prostitution occasionnelle se développe chez des personnes majeures et mineures vivant dans une précarité croissante.
La prostitution occasionnelle se développe chez des personnes majeures et mineures vivant dans une précarité croissante.
La prostitution occasionnelle se développe chez des personnes majeures et mineures vivant dans une précarité croissante, selon une enquête menée pendant plusieurs mois par une journaliste de l'AFP aux alentours de la gare du Nord à Paris.
La prostitution occasionnelle se développe chez des personnes majeures et mineures vivant dans une précarité croissante, selon une enquête menée pendant plusieurs mois par une journaliste de l'AFP aux alentours de la gare du Nord à Paris.

AFP - La prostitution occasionnelle se développe chez des personnes majeures et mineures vivant dans une précarité croissante, selon une enquête menée pendant plusieurs mois par une journaliste de l'AFP aux alentours de la gare du Nord à Paris.

Depuis six mois, c'est par internet que Sandrine, 43 ans, fixe dans l'après-midi ses rendez-vous dans la gare, lieu de brassage et d'anonymat où se concentrent des populations vulnérables. Malgré "un coeur et un corps fatigués", elle rejoint ensuite un hôtel de passe avec ses "habitués".

"J'ai été licenciée il y a deux ans, le père de mes trois enfants ne paie pas la pension, j'ai peur de perdre mon logement, résume-t-elle laconiquement en baissant les yeux. Je me prostitue à 70 euros la passe quand mes dettes m'angoissent trop".

Cette femme, figurant parmi une cinquantaine de "prostitués occasionnels" interrogés par l'AFP et souhaitant rester anonymes, se dit "au bout du rouleau". Elle consomme "de plus en plus" d'alcool et de crack pour "supporter" des hommes qui la "dégoûtent" et des "pressions croissantes de proxénètes du quartier".

"Me prostituer de temps en temps, c'est tout ce que j'ai trouvé pour ne pas tomber plus bas, explique pour sa part Eric, 27 ans, sans domicile fixe et sans emploi depuis deux ans. Mon rêve serait de trouver un client riche qui m'entretiendrait pendant plusieurs mois".

La recherche d'un "micheton" du quartier ou venant de Grande-Bretagne ou de Belgique, conduit également de jeunes Français en errance ou de jeunes migrants roumains, parfois mineurs, à pratiquer la prostitution occasionnelle aux abords de la gare.

"Quand j'en ai assez de dormir à la rue, je peux accepter de rendre des services sexuels à un +vieux+ s'il m'héberge et parfois je demande aussi de l'argent, de 20 à 50 euros la nuit", raconte Sofia, 15 ans, qui fugue régulièrement des foyers où elle a été placée depuis la petite enfance.

A partir de 20H00, de jeunes garçons roumains, résidant souvent sur des terrains vagues à la périphérie nord de Paris, disparaissent aussi avec des hommes qui viennent les solliciter ouvertement sur le parvis de la gare. Comme la plupart de ces jeunes garçons, Ion, 14 ans, nie toute relation sexuelle. "Parfois je vais juste me promener avec des hommes, ils ne me touchent pas", assure-t-il en roumain.

Des associations comme Hors-la-Rue dénoncent régulièrement une inaction des pouvoirs publics face à cette prostitution à risque dont les victimes sont des mineurs et de jeunes adultes en grande exclusion.

"La prostitution est toujours le résultat de la rencontre entre la misère et l?exploitation", souligne Jean-Sébastien Mallet, délégué général de la Fondation Scelles, en s'inquiétant d'une forme de "banalisation" à la faveur de la crise économique actuelle.

Or la prostitution occasionnelle peut glisser vers une activité permanente, souvent destructrice. "Au début j'étais sûre que ce serait temporaire et que je maîtriserais les choses", explique Françoise, 53 ans, ex-secrétaire au chômage qui "travaille" depuis un an dans un studio à 50 euros la passe. "Au bout de six mois, je me détestais et j'étais accro à la cocaïne: aujourd'hui, confie-t-elle, à force de raclées, j'ai accepté la loi des proxénètes".

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