Dernière modification : 23/03/2010 

- Chine - Google - Internet


Google ne se censure plus en Chine

Google a décidé de rediriger tous les internautes voulant accéder à son site chinois vers son site basé à Hong-Kong, mettant de facto fin à la censure que le moteur de recherche pratiquait jusque-là dans le pays.

Par Achren VERDIAN (vidéo)
Sébastian SEIBT (texte)
 

Google.cn n’est plus, vive Google.com.hk ! Après trois mois de bagarre entre le géant de l’Internet et les autorités chinoises, celui-ci a décidé d’arrêter les frais et de ne plus censurer les résultats des requêtes formulées par les internautes chinois.

"La Chine n'a aucun mal à installer son pare-feu"
Par Baptiste FALLEVOZ, correspondant à Shanghaï

L’adresse chinoise du moteur de recherche - google.cn - redirige désormais automatiquement ses usagers vers sa version hongkongaise - non censurée.

À l’heure actuelle, les internautes chinois ont donc un accès intégral à tous les résultats de Google. Une recherche pour l’expression "Human Rights Watch" fait ainsi apparaître le lien vers le site de l’association de défense des droits de l’Homme, particulièrement critique à l’égard de Pékin. Jusqu’à hier, un tel résultat était impossible. La Chine n'a pas tardé a critiqué cette mesure, la qualifiant de violation d’une "promesse écrite", selon Xinhua, l’agence de presse officielle du pays.

Dans un billet de blog, le géant de Mountain View explique sa décision par sa volonté de trouver le "meilleur moyen d’honorer [sa] promesse d’arrêter de [se] censurer". L'autre solution aurait consisté en un arrêt pur et simple de Google.cn, sans redirection. Conscient que Pékin peut à tout moment interdire aux internautes chinois d’accéder à google.com.hk, Google a également mis en place une adresse montrant quels sont ses services inaccessibles depuis la Chine. Pour l’instant, cette page n’est pas à jour.

Le moteur de recherche chinois Baidu rebondit

Les hostilités entre les deux géants avaient commencé en janvier, lorsque Google avait annoncé que plusieurs comptes Gmail (sa messagerie électronique) de défenseurs de droits de l’Homme avaient été piratés en Chine. Même si les responsables de ces attaques n’ont pas encore été identifiés, une intervention des autorités chinoises avait été largement évoquée. Une implication que Pékin a toujours démentie...

"C'est une décision politique, voire idéologique"
Par Gallagher FENWICK, correspondant à Los Angeles

Le géant de l’Internet avait, dans la foulée, fait savoir qu’il comptait arrêter de censurer ses résultats dans le pays, menaçant de s'en retirer si cela lui était refusé. Le régime chinois avait rétorqué que, pour travailler sur place, il fallait se plier aux lois locales. L’échange d’amabilités avait ensuite pris une dimension plus diplomatique lorsque l’administration Obama avait pris fait et cause pour Google. Depuis près d’une semaine sur google.cn, certaines requêtes sensibles - comme celles relatives au Tibet - n’étaient déjà plus censurées.

En marge de sa décision de rediriger tous les internautes vers son site hongkongais, Google a confirmé qu’il maintenait ses activités de recherche et développement en Chine. À Wall Street, la nouvelle a été accueillie par une progression (+1,48 %) de l’action de… Baidu, le principal moteur de recherche chinois concurrent de Google.

Commentaires (4)

Les Chinois ne laisseront pas

Les Chinois ne laisseront pas passer ça. Je ne donne pas plus que quelques jours d'accès a Google Hong Kong. De toute façon Google loin derrière Baidu et n'a aucune chance de les rattraper, Baidu étant le portail "officiel" et le marché est faussé (sans parler du nationalisme des internautes chinois). Mais l'action de Google est intéressante, les Chinois respectent plus la force que la négociation gentille. Cette confrontation est probablement le meilleur moyen pour Google de sauver une partie de son business. Google continuera a faire de la pub pour les compagnies chinoises hors de Chine et ces compagnies ont bien besoin de ça: Qui utilise Baidu en dehors de Chine?

faute d'orthographe

moyens "donnés" et non "données" = desolée = faute de frappe

Googleen chine

un peu de moyens données de nouveau à ceux qui oeuvrent pour les droits de l'homme, la liberté et la démocratie en Chine. c'est mieux que rien!

finalement, tout va bien avec

finalement, tout va bien avec les serveurs hong-kongais

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