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AFP - La liste de gauche conduite par le président sortant Jean-Paul Huchon (PS) l'a emporté largement dimanche en Ile-de-France, avec 56,69% des voix face à la liste UMP conduite par Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur.
"On a pris une claque", a commenté Roger Karoutchi, président du groupe UMP dans le conseil régional sortant, tandis que M. Huchon, qui se présentait pour la troisième fois d'affilée, notait que c'était son meilleur score.
L'abstention (56,11% au premier tour) est toutefois demeurée élevée (52,86%) et supérieure de quatre points à la moyenne nationale (48,8%).
La gauche rate de peu le grand chelem dans la région puisque seules les Yvelines donnent la majorité à la droite. Fait particulièrement notable, la liste Huchon obtient la majorité dans les Hauts-de-Seine, le département de Nicolas Sarkozy.
Elle gagne aussi des villes symboles comme Meaux (52,18%), fief de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, ou Issy-les-Moulineaux (52,45%), la ville d'André Santini, tête de liste UMP-NC dans les Hauts-de-Seine.
A Villiers-le-Bel, sa commune, la tête de liste PS dans le Val-d'Oise Ali Soumaré, durement attaqué pendant la campagne par des élus UMP qui l'avaient qualifié de "délinquant multirécidiviste", a obtenu 71,80% des voix.
A Paris, l'UMP arrive en tête dans six arrondissements qui lui sont traditionnellement acquis -6e, 7e, 8e, 15e, 16e, 17e- mais se fait battre largement dans le 5e (58,01% pour Huchon) et de 2 voix dans le 1er. La ville de Paris donne 57,95% de ses voix à la liste Huchon, un score jamais atteint sauf pour les dernières municipales, où Bertrand Deltoïde avait obtenu 57,7% des voix.
Pour M. Huchon, les Franciliens "ont voté pour une vision solidaire" de leur région. "Une autre politique que celle de Nicolas Sarkozy est possible, sociale, respectueuse des hommes, solidaire, vraie", a-t-il déclaré.
Il a estimé aussi que la victoire de la gauche signifiait "le rejet du Grand Paris du Président de la République", alors que Mme Pécresse affirmait qu'elle continuerait à "soutenir le projet visionnaire et nécessaire du Grand Paris".
Sur les 209 sièges du conseil régional, la gauche obtient 142 sièges, et l'UMP et le Nouveau centre 67.
Au premier tour, la liste de Jean-Paul Huchon, avec 25,26% des voix, était arrivée derrière celle de Mme Pécresse (27,76%). La liste d'Europe-Ecologie, conduite par la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot, avait réuni 16,58% des voix.
"Les listes écologistes renforcent très fortement la gauche et créent une très belle dynamique au 2ème tour", a souligné Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts, qui se présentait dans l'Essonne.
Le Front national n'aura aucun élu à la région, n'ayant pas atteint 10% au premier tour, non plus que le Modem.
Au début de la campagne, la droite espérait ravir la première région de France, qui compte 11,7 millions d'habitants et représente 30% du PIB français.







