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FRANCE

Pour Les Verts, l'abandon de la taxe carbone est une décision "populiste"

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/03/2010

À la suite de la déroute de l'UMP aux régionales, Nicolas Sarkozy a décidé de supprimer la taxe carbone. Interrogée par FRANCE 24, la porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni, accuse le président français de tomber dans le "populisme".

Abandonner la taxe carbone est "une décision irréfléchie et populiste", s'indigne mercredi la porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni.

Interrogée par France 24 sur la décision du président français de renoncer à cet impôt écologique, celle-ci estime que "ce retournement de veste" n’est rien d’autre qu’un “calcul politique destiné à retrouver le soutien des petites entreprises et des propriétaires" après la raclée reçue par l’UMP lors des élections régionales. Lors du second tour, dimanche dernier, le Parti socialiste s’est en effet imposé dans 21 des 22 régions de France métropolitaine.

“Il a abandonné la taxe carbone pour se réconcilier avec ceux qui ont voté contre son parti, ceux qui estimaient cette taxe trop coûteuse et ceux qui doutent du bien fondé d’un tel impôt", affirme Djamila Sonzogni. Qui ajoute : “À la longue, cette décision le desservira parce que le problème n’est pas près d’être résolu. Ce qu’il aurait dû faire, c’est chercher une meilleure solution”.

L’absurdité d’un consensus au niveau européen

Les 1 000 plus gros pollueurs industriels du pays - qui diffusent, à eux seuls, 97 % des émissions de CO2 de la France - étaient exemptés de la taxe carbone, qui aurait en revanche fortement ponctionné les petites entreprises et les propriétaires. “Nous avions quelque chose d’imparfait, mais qui aurait pu avoir une portée plus générale, équitable et bénéfique pour les propriétaires et entrepreneurs français. À la place de quoi, il ne reste maintenant plus rien", explique-t-elle à FRANCE 24.

Nicolas Sarkozy a insisté mardi sur le fait que cette taxe n’était pas morte. Mais elle ne sera adoptée, a-t-il expliqué, que si l'Europe met en place une taxe à ses frontières pour protéger l'agriculture et l'industrie. "Il serait absurde de taxer les entreprises françaises en donnant un avantage compétitif aux entreprises des pays pollueurs", a justifié le chef de l'État.

Pour la porte-parole des Verts, il est tout aussi absurde d’attendre un hypothétique accord au niveau européen. "L‘environnement a bel et bien été mis de côté", conclut-elle.

Première publication : 24/03/2010

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