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EUROPE

Les 16 pays de la zone euro approuvent le plan d'aide à la Grèce

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/03/2010

L'ensemble des chefs d'État de la zone euro ont approuvé l'accord soumis conjointement par la France et l'Allemagne pour la mise en place d'un mécanisme d'aide à la Grèce. Le Premier ministre grec Georges Papandréou s'est félicité de cette décision.

REUTERS - A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la zone euro se sont mis d'accord jeudi sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce reposant sur
des prêts bilatéraux émis par les pays utilisant la monnaie unique et par le Fonds monétaire international.

Ce "cadre européen", qui n'a pu aboutir qu'après de longues négociations et à l'issue d'un ultime tête-à-tête de près de deux heures entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, a été jugé "pleinement acceptable" par le Premier ministre grec, George Papandréou.

Le texte d'une page et demie sur lequel se sont mis d'accord les dirigeants des 16 pays partageant la monnaie unique ne comprend aucun chiffre mais, de sources européennes, on indique que l'enveloppe totale serait de 20 à 22 milliards d'euros, dont au moin un tiers à la charge du FMI, selon Nicolas Sarkozy.

A la demande expresse de l'Allemagne, le dispositif ne pourra être déclenché qu'après un vote unanime de l'Eurogroupe, ce qui permettra à Berlin de disposer d'un véto, et sous des conditions strictes uniquement.

Lors d'une conférence de presse à l'issue de la première journée du sommet, le président français a précisé qu'Athènes ne pourra recevoir cette aide qu'en cas d'échec d'une émission de dette ou si les "spreads" - l'écart de rendement entre la dette grecque et la dette allemande - atteignent un niveau trop élevé.

Selon ce mécanisme, les pays de la zone euro se répartiront les prêts au prorata de leur part au capital de la Banque centrale européenne (BCE) et les taux d'intérêts seront "non-concessionnels", c'est à dire sans aucune subvention.

Enfin, le dispositif interviendra "en complément du financement du Fonds monétaire international" mais une "majorité" du financement sera européen et, a précisé Nicolas
Sarkozy, aucune limite n'a été fixée.

Trichet satisfait

Les dirigeants de la zone euro ont insisté tour à tour jeudi soir sur le fait que cet accord était de nature préventive mais qu'il était suffisamement précis pour être opérationnel et activé rapidement en cas de besoin.

"Je suis confiant dans le fait que le mécanisme décidé aujourd'hui n'aura normalement pas à être activé et que la Grèce va progressivement regagner la confiance des marchés", a déclaré le président de la BCE, Jean-Claude Trichet.

Quelques heures après avoir critiqué dans une interview télévisée un mécanisme mixte impliquant la zone euro et le FMI, il s'est dit satisfait de cet accord qui "préserve la responsabilité des gouvernements de la zone euro".

Ces critiques avaient envoyé l'euro à un plus bas depuis mai 2009, sous 1,3280 dollar, après avoir enregistré des gains sur le dollar en cours de journée.

La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque à dix ans plutôt que des Bunds allemands est restée autour de 320 points de base.

Jeudi matin, l'annonce par Jean-Claude Trichet du prolongement jusqu'en 2011 de l'assouplissement des seuils d'acceptation des obligations prises comme collatéral lors des opérations de refinancement, avait pourtant permis de détendre la situation.

Première publication : 25/03/2010

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