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Economie

Le roi du cyber-scoop dans le collimateur de la CIA ?

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 27/07/2010

Le site spécialisé dans la publication de documents confidentiels WikiLeaks accuse la CIA de vouloir le conduire à la fermeture à cause d'une vidéo compromettante pour l'armée américaine qu'il menace de divulguer.

Dans le rôle de Goliath, les services de renseignements américains. Dans celui de David, WikiLeaks. Dans un éditorial au vitriol publié le 26 mars, le site spécialisé dans la publication en ligne de documents confidentiels accuse, en effet, la CIA de vouloir le couler...

"Les activités de surveillance et de harcèlement - dont l’arrestation et l’interrogation pendant toute une nuit de l’un de nos bénévoles - sont excessives depuis un mois", affirme Julian Assange, porte-parole du site et de Sunshine Press, l’association à but non lucratif qui en est à l’origine. Sur son fil Twitter, WikiLeaks entre dans les détails : "Deux personnes sous couverture diplomatique ont suivi notre rédacteur islandais", "Nous avons vu des photos secrètes prises à notre insu lors de nos réunions de travail"… L’un des derniers tweets verse même dans la paranoïa : "Si quelque chose nous arrive, vous savez qui en est responsable…"

L'affaire ressemble à un mauvais James Bond. WikiLeaks assure qu’il s’est attiré les foudres des services secrets américains en menaçant de divulguer une vidéo impliquant l’armée américaine dans la mort de civils en Afghanistan.

Couler WikiLeaks

Une menace que la CIA prendrait d’autant plus au sérieux que, au fil des scoops qu'il a révélés, le site s’est bâti une réputation de fiabilité. En 2008, le très sérieux magazine britannique "The Economist" lui a même décerné le prix de "meilleur nouveau média".

Ce n'est pas la première fois que la CIA s’intéresse au petit site qui en saurait trop. En 2008, le service de contre-espionnage a ainsi pondu un rapport qui présentait WikiLeaks comme une "menace pour les troupes américaines à l’étranger". Un document que WikiLeaks a promptement mis en ligne, forçant le ministère de la Justice à confirmer son authenticité… L'épisode est d’autant plus gênant pour les espions "made in USA" que ce rapport expose plusieurs moyens de couler le site. Il propose notamment de divulguer l’identité des sources de WikiLeaks, alors que l’anonymat est la raison même de son succès.

Coup de pub ?

Pour l’instant, WikiLeaks tient bon et a même lancé une contre-offensive. Dans la foulée de son éditorial, le site a publié un rapport de la CIA intitulé "Comment influencer le soutien des pays européens à la mission de l’Otan en Afghanistan ?" datant de février 2009. Un document savoureux dans lequel on peut lire, entre autre, cette analyse : "Si Nicolas Sarkozy a réussi à faire voter l’envoi d’un contingent supplémentaire de militaires, la défaite annoncée aux élections régionales pourrait remettre en question ce soutien". À voir.

L’intérêt des services secrets américains pour WikiLeaks représente aussi une aubaine médiatique pour un site en manque de moyens. Ce dernier doit encore lever 300 000 dollars grâce à des dons uniquement, afin de pouvoir boucler son budget 2010. Rien de tel qu’une bonne guerre contre les "perfides" services secrets pour lui attirer des sympathies à même de remplir son tiroir-caisse…

Première publication : 26/03/2010

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